22 octobre 2007

Sommet antidopage : le rendez-vous
de la Désunion cycliste internationale

Le sommet sur le dopage dans le cyclisme, décidé durant un Tour de France haché par les scandales, se tient lundi et mardi à Paris dans une ambiance de guerre de tranchées qui pourrait annihiler les bonnes volontés rassemblées pour l'occasion au chevet d'un sport malade.

Cette réunion des acteurs du cyclisme a en effet été proprement torpillée par les querelles de personnes dès la proposition de sa tenue faite par Dick Pound, président de l'Agence mondiale antidopage (AMA), au terme du Tour de France.

Immédiatement, le président de l'Union cycliste internationale (UCI), Pat McQuaid, avait dénoncé "le grand procès" du cyclisme voulu par Pound, son meilleur ennemi.

Devant l'impossibilité diplomatique de tenir un sommet consensuel sous l'égide de l'une des deux instances, a fortiori des deux réunies, le ministère français de la jeunesse et des sports a récupéré une initiative qui avait déjà du plomb dans l'aile.

Depuis, rien ne va plus: UCI et AMA, qui seront finalement représentées par leurs présidents respectifs après maintes tergiversations, poursuivent leur bras de fer, notamment sur le thème du passeport biologique qui sera présenté à Paris, volet scientifique de la future politique antidopage dans le cyclisme dont les deux parties revendiquent la paternité.

La semaine dernière, l'UCI a grillé la politesse à l'AMA en détaillant dans les médias le contenu du futur passeport. L'initiative a provoqué la colère des patrons de l'Agence et transformé un dossier déjà complexe en enjeu de nouvelles querelles d'ego. Au risque de compliquer sa mise en place prévue pour le 1er janvier 2008.

Concepteur de la méthode d'établissement du passeport, le laboratoire antidopage de Lausanne n'a par ailleurs pas été invité au sommet de Paris en raison de sa position intenable: accrédité par l'AMA, il est également sous contrat avec l'UCI pour réaliser des analyses et l'étalonnage d'appareils.

Derrière ce conflit majeur se livrent en outre une kyrielle de batailles secondaires. L'UCI et les organisateurs s'écharpent par exemple sur l'appartenance des grands Tours au calendrier ProTour de l'UCI.

De même le président de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), Pierre Bordry, a regretté de n'avoir pas été associé par le ministère à l'organisation du sommet. Invité à s'exprimer lors de l'une des quatre tables rondes qui ponctueront les deux jours de débats, M. Bordry a indiqué la semaine dernière qu'il irait "par courtoisie pour la ministre" (Roselyne Bachelot), déplorant par ailleurs que "le ministère envoie dans des réunions internationales des sous-chefs de bureau".

Ambiance
Dans ces conditions pour le moins belliqueuses, on voit mal ce dont pourrait concrètement accoucher un sommet de la discorde censé apporter des remèdes mais qui vaudra d'abord par la qualité du casting.

Les tables rondes réuniront ainsi des directeurs d'équipe (Jean-René Bernaudeau et Patrick Lefevere), des coureurs (David Millar, Thomas Voeckler, Jérôme Pineau), la responsable du programme antidopage de l'UCI Anne Gripper, le président de la fédération française (FFC) Jean Pitallier, le directeur de l'AMA David Howman et celui du Tour de France Christian Prudhomme, ou encore un diffuseur en la personne de Daniel Bilalian, directeur des sports de France Télévisions.

Invité à présenter les procédés de dépistage du dopage, dont la méthode indirecte à la base du passeport biologique, le panel scientifique sera lui composé, entre autres, d'Alain Garnier, directeur médical de l'AMA, du professeur Michel Audran, et des docteurs Armand Mégret et Mario Zorzoli, respectivement médecins de la FFC et de l'UCI.

À charge pour eux de faire oublier la guerre des chefs.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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