31 octobre 2007

ÉDITORIAL

Le cyclisme verse son sang pour la vérité

Mauvais sang ne peut mentir. C’est en référence à cet adage détourné que les instances du cyclisme mondial s’apprêtent à mettre en circulation leur passeport sanguin. Une méthode scientifique, analogue à l’investigation criminelle, qui est destinée à traquer les tricheurs, à passer au crible leur conduite déviante en matière de dopage sanguin.

Des le 1er janvier 2008, le peloton roulera donc sous l’œil inquisiteur d’un microscope à large faisceau. Au rancart le sifflet dérisoire du gendarme. Mieux outillée, la police de la route pourra désormais verbaliser les chauffards en les suivant à la trace, en faisant parler leurs globules rouges. Il fallait bien déployer la grosse artillerie pour tenter de vaincre le dopage. Ce véritable fléau, vieux comme Erode, trop longtemps traité avec mollesse, qui a fini par avilir un sport de légende au point d’en menacer l’existence même. Le dernier Tour de France, celui des illusions perdues, a sonné le glas.

En attendant de sophistiquer encore le radar, d’imposer un véritable passeport biologique - le seul apte à décrypter les profils stéroïdien et hormonal suspects - que faut-il vraiment espérer de ce nouveau système de dépistage ? Les tricheurs invétérés doivent-ils se faire du mauvais sang ou pourront-ils continuer à sévir en toute impunité, en passant entre les gouttes, en jouant avec les règlements ou en échappant aux contrôles ?

Il serait tentant, par idéalisme forcené, de croire que la peur du gendarme aura enfin raison de la morgue des voleurs de rêves. Mais l’histoire récente et la litanie des «affaires» sont là pour réprimer la naïve espérance. Au moins, cette avancée prouve que la prise de conscience est réelle et que les familles déchirées du cyclisme ont décidé de tirer à la même corde. Il était temps.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive