
Questions à M. Daniel Larouche
La lettre de M. Daniel Larouche récemment parue dans La Presse m'amène à poser quelques questions à l'auteur.
En premier lieu, devant l'opportunité de bénéficier de l'expertise du professeur Delanghe sans aucune rémunération, n'aurait-on pas dû en profiter pour lui demander une explication scientifique au taux hématocrite anormalement élevé de Geneviève Jeanson à Hamilton en octobre 2003 ? En l'absence d'une explication médicale et par crainte pour la santé de l'athlète, la Fédération québécoise des sports cyclistes a refusé de lui délivrer une licence l'année suivante. La lumière aurait dû être faite depuis longtemps sur l'origine de ce déséquilibre sanguin, de ces ennuis de santé, mais on attend toujours ... Attention, avec un taux hématocrite hors norme, on parle de vie ou de mort !
Par ailleurs, les études du professeur Delanghe ne pourraient-elles pas aussi briser les accusations du syndic du Collège des médecins selon lesquelles le Dr. Maurice Duquette a administré de l'érythropoïétine à plusieurs reprises à votre amie Geneviève ?
Sur la lancée, on aurait peut-être pu demander au professeur Delanghe d'expliquer à quelles fins l'entraîneur de Geneviève, André Aubut, a déjà procédé à des prélèvements sanguins sur l'une de ses coureuses, menaçant de ne pas la laisser courir si elle refusait d'obtempérer. Au fait, M. Aubut avait-il les compétences médicales pour ce genre d'intervention ? Et que faisait-il des échantillons ? Tiens, on parle à nouveau de vie ou de mort... De deux jeunes femmes... !
Si le milieu du cyclisme a lynché Geneviève, comme vous le dites, c'est pour toutes ces histoires et pour la paranoïa dans laquelle baignait le clan Jeanson. Il serait toutefois plus juste de dire que le milieu était surtout navré de voir la cycliste sous l'emprise d'un entraîneur tyrannique et manipulateur qui l'a lentement détruite.
J'ai toujours trouvé Geneviève sympathique mais sans contrôle sur sa vie. Les chasseurs de sorcières et autres détracteurs en ont davantage contre son entourage qui n'a montré aucun respect pour l'athlète et en a fait un robot inaccessible. On l'a isolée du vrai monde, des amis, de la fête, de la vraie vie quoi !
Comme plusieurs, j'aimerais revoir Geneviève sur un vélo. Je ne demanderais pas mieux que de la prendre sous mon aile en tant qu'entraîneur ou directeur sportif et je jure qu'elle n'aurait plus de problèmes de contrôle hématocrite ou toute autre saleté. Plus de zones grises, plus d'ambiguïtés. Le pétrin dans lequel Geneviève s'est retrouvée est la conséquence d'un entourage malsain.
La suspension réduite à deux ans prendra fin l'été prochain et le temps est venu pour elle de se reprendre en mains, de s'entourer des bonnes personnes. Fini l'entraîneur manipulateur, l'agent qui fait l'autruche. Geneviève doit renouer avec les vraies valeurs, l'honnêteté, la fierté de marcher la tête haute en raison d'accomplissements sans équivoque.
J'aimerais revoir la petite fille pleine d'énergie et d'espoir qui m'offrait son sourire le plus radieux quand nous nous croisions sur la piste cyclable du canal Lachine, il y a si longtemps.
M. Larouche, vous déplorez que le cyclisme canadien ait lynché Geneviève. Personnellement, je suis d'avis que c'est à elle de lyncher pas mal de monde autour d'elle, vous inclus !
Marc Dufour
Groupe Centrifuge
www.groupecentrifuge.com
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