
NEW YORK - Lance Armstrong a ressenti un « buzz » lors de son avant-dernière séance d'entraînement avant le marathon de New York, hier, par un matin frisquet mais ensoleillé à Central Park. II a croisé quelques Allemands, Canadiens, Néerlandais et beaucoup de Français, d'Italiens et de Britanniques.
« Je n'ai rien senti de tel depuis ma dernière course, a reconnu Armstrong dans une salle bondée d'un restaurant de Central Park. Cela dit, je suis réaliste. Je suis un gars qui court 45 minutes par jour. Je ne suis pas un coureur de haut niveau et ne le serai jamais. Je suis simplement content d'être ici et de faire quelque chose que je n'ai jamais fait auparavant. »
Donc, Lance Armstrong, simple coureur parmi 37 000 autres, demain matin, lors du 37e marathon de New York ? Oubliez ça.
D'abord, tout le long du parcours, l'athlète de 35 ans sera constamment suivi par une moto-caméra qui épiera ses moindres faits et gestes. Les images de la LanceCam seront disponibles sur www.nbcsport.com (cliquez sur media zone) moyennant 4,99 $. Il est possible de visionner les 30 premières minutes gratuitement.
« Peut-on fermer la caméra pour un petit bout ? » a blagué Armstrong, qui n'en sera pas à une première expérience d'effort devant l'objectif.
Ensuite, le cycliste qui avait l'habitude d'être couvé par des domestiques comme Viatcheslav Ekimov, José Luis Rubiera ou José Azevedo, aura droit à des lièvres de luxe pour ce premier - et unique, jure-til - essai au marathon.
Ainsi, sur les premiers 16 kilomètres, Armstrong sera accompagné par Alberto Salazar, le dernier Américain à s'être imposé au marathon de New York, en 1982.
« Je ne le ferais pour personne d'autre. Je voulais seulement passer un peu de temps avec lui », a déclaré Salazar, 48 ans, à l'Associated Press.
Joan Benoit Samuelsson, gagnante du premier marathon olympique féminin, à Los Angeles, en 1982, assumera le rythme sur les 16 kilomètres suivants.
Nul autre que le Marocain Hicham El Guerrouj, l'un des plus grands coureurs de 1500 mètres de l'histoire, prendra ensuite le relais sur un peu moins de 10 kilomètres. Armstrong franchira seul la dernière portion dans Central Park.
But de l'opération ? Maintenir une cadence de sept minutes au mille (environ 4m22 au kilomètres) pour permettre à Armstrong de boucler les 41,195 km en moins de trois heures, l'objectif avoué.
En fait, le chrono de Laurent Jalabert, un ancien rival sur le Tour de France, lui trotte clairement dans la tête. Un collègue a soulevé la question en conférence de presse, rappelant le 2h55 du Français sur le même parcours l'an dernier.
« Je suis parfaitement au courant », s'est gaussé Armstrong en y allant d'une mimique qui a plongé la salle dans l'hilarité. « On me le rappelle chaque jour. 2h55m38, je crois, fut son temps. Non, il a couru 2h55m39... »
Pour le reste, Armstrong s'est appliqué à tempérer les attentes à son égard, affirmant qu'un chrono supérieur à trois heures ne serait pas la fin du monde.
« C'est un peu l'anti-Tour de France. Pour le Tour, on étudie, on évalue chaque aspect du sport. En vélo, j'étais très bon pour reconnaître le parcours et connaître chaque centimètre des difficultés majeures. Cette fois, je ne l'ai malheureusement pas fait. J'entreprends la course complètement à l'aveugle, hormis ce que d'autres m'ont raconté du parcours. »
La plus longue sortie d'Armstrong en fut une d'un peu plus de 25 kilomètres, il y a deux semaines. « J'espère que ce sera suffisant... » Au pire, il n'aura qu'à retourner sur son vélo. Il a en amené un à New York. Au cas où il s'ennuierait.
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