30 novembre 2006

Martin Gilbert sacré Outre-Atlantique

photo : Guy Maguire, svpsports@gmail.com
Martin Gilbert
photo : Guy Maguire

Champion du Canada

Intégré à une grande équipe professionnelle canadienne,
Martin Gilbert a failli aller aux Jeux Olympiques de Sydney

Daniel FERTIN

Depuis 1984 la ville de Cambrai a signé un protocole d’amitié avec la ville de Châteauguay dans la banlieue de Montréal. De nombreux échanges ont été effectués des deux côtés de l’Atlantique, des cyclistes cambrésiens de Vélo-Santé ont effectué le Tour de l’île, une randonnée qui rassemble 40 000 cyclos. Nous avons rencontré un jeune cycliste de Châteauguay qui vient de rejoindre le monde des pros, situation assez rare au Québec, portrait.

Comme tous les jeunes de Châteauguay, Martin s’est d’abord essayé au hockey sur glace alors que son père faisait des marathons et des triathlons. Tout naturellement il a suivi son père à partir de 12 ans jusqu’à ce qu’il soit admis dans une école sport-étude cyclisme à l’âge de 16 ans dans le but d’améliorer son cyclisme pour les triathlons. Dès l’année suivante, il participe aux Championnats nationaux qui se déroulent non loin de chez lui et il est sélectionné dans l’équipe nationale du Canada. Dès lors Martin va se concentrer uniquement sur le cyclisme, effectuant sa seconde année junior au sein de l’équipe Saeco Canada. Au vu de ses bons résultats, il intègre une des grandes équipes professionnelles canadiennes Volkswagen Trek et ce pendant 4 saisons puis l’équipe continentale Kodak – Sierra Nevada. Son entraîneur, Eric Van Den Eynde lui fait découvrir la piste et il échoue de peu à la qualification pour les Jeux de Sydney.

Il vient de découvrir la piste, la piste a découvert son nouveau champion national mais cependant il privilégie ses études, il est actuellement au baccalauréat à l’université de Montréal en pharmacie ce qui ne lui permet pas de courir de longues saisons et de s’éloigner de Châteauguay.

Le cyclisme sur route n’étant pas trop populaire de l’autre côté de l’Atlantique, le public lui préfère, bien loin derrière le hockey sur glace, le VTT et la piste. Martin obtient à 18 ans 4 titres de Champion du Canada sur piste. En 2003 il devient champion du Canada sur la route chez les espoirs mais se remet vite à la piste pour y obtenir en 2004 les titres canadiens du Madison et la poursuite par équipe, en 2005 le titre de la course aux points et cette année le titre sur piste en scratch.

Comme beaucoup des meilleurs cyclistes québécois (ou canadiens) il aurait pu tenter l’aventure en Europe mais « l’école me garde à la maison. Je ne veux pas perdre contact avec mes études, c’est pourquoi je dois rester à Châteauguay pendant l’année scolaire ce qui ne permet pas de courir de longues saisons et de me garder à la maison » avoue franchement Martin.

Cependant en signant dans l’équipe continentale américaine Kodak Gallery Sierra Nevada, il continue à viser essentiellement la piste et particulièrement l’américaine. « Je vise vraiment les grands Jeux avec la piste. Sur la route, le Canada n’est pas assez puissant pour avoir plus que 1 ou 2 coureurs aux Jeux donc si le parcours ne me convient pas, je n’ai pas de chance. De plus, la course à l’Américaine me passionne énormément, mais je ne crois pas que j’aimerais faire que de la piste » continue-t-il, tout en expliquant qu’il participera à quelques 6 jours en décembre en Europe.

En revanche, son avenir sur la route est encore mal défini. « Je participerai au Tour de Californie avec mon équipe en février », affirme-t-il, tout en reconnaissant que la différence entre le cyclisme européen et québécois se situe dans la profondeur. « Il y a de très bons cyclistes au Québec, mais il n’y a pas de profondeur. Sur un peloton de 50, il y en a 4 qui peuvent gagner la course tandis qu’en Europe, sur la ligne de départ qui compte 150 coureurs, il y en a 75 qui peuvent gagner ».

Justement, le cyclisme européen, l’envisage-t-il ? « Peut-être après mes études, mais il sera peut-être trop tard. En fait, mon objectif est les prochains Jeux sur la piste et ensuite je vais me questionner sur le futur. » Alors pourquoi pas dans un club ou une équipe régionale ou tout simplement à Cambrai ?


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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