2 novembre 2006


Lyne Bessette a retrouvé le goût à la compétition en cyclocross.
photo : Associated Press

Lyne Bessette repousse la retraite

L'ancienne reine canadienne de la route repart pour la gloire en cyclocross et sur piste

Quand Lyne Bessette a annoncé sa retraite de la compétition cycliste sur route, en mai dernier, elle avait ajouté qu'elle continuerait de faire quelques courses de cyclocross (une version douce du vélo de montagne), pour le plaisir...

En fait, la « retraitée» de 31 ans a enfilé 14 victoires de cyclocross sur 16 courses, depuis qu'elle s'adonne à cette nouvelle discipline, inventée pour l'entraînement des cyclistes de route à l'automne, mais devenue une nouvelle spécialité.

« Les parcours de cyclocross sont beaucoup moins féroces que ceux de vélo de montagne », expliquait Bessette au Journal de Montréal, hier, dans une entrevue depuis Hamilton au Massachusetts, la ville natale de son mari, le cycliste américain Tim Johnson.

« Les compétitions de cyclocross se passent dans des parcs.

« Il n'y a pas de grosses roches ou de racines mouillées et nous sommes huit par huit sur la ligne de départ, précisait-elle. Je dois vieillir, mais il y a des risques que je ne veux plus prendre. »

Reste que la vieille Bessette a été sacrée championne du Grand Prix de cyclocross des États-Unis en 2005, et elle compte actuellement une victoire et une 2e position après deux étapes dans la même série.

« Le cyclocross étant de plus en plus populaire, le peloton de tête est de plus en plus relevé », a souligné la célèbre athlète de Cowansville pour expliquer le fait qu'elle partage la première position avec l'Américaine Georgia Gould, en ce début de saison.

La Québécoise a gagné le premier Grand Prix de Gloucester, et l'Américaine le second.

La troisième manche se jouera samedi à Longmont au Colorado.

Tentée par la piste
Et quand Bessette rangera sa bicyclette de cyclocross à la fin de novembre, ce sera pour prendre la direction du vélodrome, où elle a aussi décidé d'aller voir ce qu'elle vaut, sur piste.

« J'ai accroché mon vélo de route parce que j'étais tannée de l'environnement du cyclisme de route et parce que mon corps en a assez des batailles et chutes de peloton », rappelait celle qui a subi quatre dislocations de l'épaule depuis le printemps dernier.

« Mais je ne pourrais pas vivre sans mon vélo. C'est un mode de vie pour moi. » Avec son entraîneur de toujours, Éric van den Eynde, qui l'a conduite jusqu'à l'or à la course sur route des Jeux du Commonwealth de 1998 (Malaisie), Bessette se prépare donc à tâter de la piste.

«J 'ai déjà fait quelques courses sur piste avec de bons résultats dans le passé; il y a moins de risques de chutes et ça me tente. Alors, pourquoi pas ? » résumait l'athlète avec enthousiasme.

« C'est un autre défi, dans une ambiance totalement différente, poursuivait-elle. Les épreuves sur piste sont très spectaculaires et il y a un public.

« Dans le cyclisme sur route, tu roules souvent toute seule avec les vaches et quand il y a ton père, ta mère et ton chum au fil d'arrivée, c'est beau ! »

Peut-être jusqu'à Pékin
Bessette pourrait-elle se rendre jusqu'aux Jeux de Pékin avec son nouveau vélo de piste ?

« C'est une possibilité, mais ce n'est pas encore un but », a répondu Bessette.

La Québécoise prévoit faire son entrée officielle sur la piste en mai 2007, mais elle songe à effectuer une petite incursion à Los Angeles en janvier.

Quant à ses projets de cuisine santé, l'athlète a dû les remettre à plus tard.

« Le sport habite, encore une fois, toute ma vie », a constaté Bessette, pas vraiment surprise.

• L'Américain Tim Johnson, le mari de Lyne Bessette, est aussi l'un des chefs de file du cyclocross de compétition en Amérique. Il est lui aussi en 2e position, au tableau cumulatif de la série Grand Prix de cyclocross des États-Unis.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive