14 novembre 2006
Le laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) de Châtenay-Malabry, victime de piratage informatique, est en outre la cible d'une violente campagne de dénigrement sur internet menée par l'entourage des cyclistes américains Lance Armstrong et Floyd Landis.
"Il faut suspendre le laboratoire antidopage de Châtenay-Malabry!" C'est avec ce titre sans nuance que débute l'éditorial daté du 12 septembre dernier et consacré par le site internet cyclingfans.com à la défense des vainqueurs du Tour de France.
"Au centre de l'affaire Landis (contrôlé positif en 2006), peut-on lire ensuite, se trouve le LNDD, sans doute le laboratoire de dépistage le plus controversé au monde".
Et les cyberavocats de décliner une demi-douzaine de négligences, erreurs et manipulations supposées, commises à Châtenay-Malabry depuis dix ans, du sabotage présumé de l'échantillon B de l'athlète russe Olga Yegorova, en 2001, jusqu'aux violations de procédure dans le contrôle du rugbyman Pieter de Villiers en 2003.
Au vu de ces faits, conclut cyclingfans.com, "il est juste de se demander comme l'a fait Lance Armstrong, "peut-on faire confiance à ce laboratoire ?"
Pour le site, qui attaque également plusieurs journalistes de l'Equipe accusés de vouloir détruire Armstrong, "le plus grand cycliste de tous les temps" dont le quotidien sportif a révélé en 2005 que des échantillons datant de 1999 contiendraient de l'EPO, la réponse est clairement "Non".
Tout aussi partial, bien sûr, est www.floydlandis.com, site entièrement voué à la défense du vainqueur du Tour-2006, contrôlé positif à la testostérone durant l'épreuve par le LNDD. Les experts, emmenés par son ami le Dr Arnie Baker, estiment, 100 pages de démonstration à l'appui, que le "processus de contrôle est bourré d'erreurs", procédurales et scientifiques.
Sur cyclingnews.com, une certaine Laura Weislo, diplômée en génétique et qui se targue de dix ans d'expérience en laboratoire, s'inquiète de la réputation de Landis, "un menteur ? ou seulement un sportif à qui quelques responsables sportifs aux motivations politiques ont refusé la justice ? Les enjeux sont de taille pour le cyclisme mais ils le sont également pour le mouvement antidopage, pour les laboratoires et les scientifiques qui les dirigent", juge-t-elle.
On est loin de la génétique, tout près du procès en sorcellerie, virtuel. À l'inverse du piratage informatique dont le laboratoire de Châtenay-Malabry vient d'être victime et qui a débouché sur l'envoi de plusieurs dizaines de courriers visant à le décrédibiliser. Lui est tout à fait réel.
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