14 novembre 2006

Le laboratoire de Châtenay-Malabry
victime d'un piratage informatique

Le laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) a été victime de piratage informatique, ont révélé mardi ses responsables, et une enquête est ouverte qui s'oriente pour l'instant sur une piste anglo-saxonne.

Pierre Bordry, président de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), a confirmé mardi les informations du quotidien sportif l'Equipe selon lesquelles il avait déposé une plainte le 7 novembre. L'enquête a été confiée à l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC).

"L'enquête est en cours, a indiqué à l'AFP Jacques de Ceaurriz, directeur du LNDD. "Je ne fais pas de commentaire car les faits sont probablement liés à des affaires actuellement traitées par le laboratoire", a-t-il poursuivi, accréditant l'hypothèse de la possible implication de l'entourage du cycliste américain Floyd Landis, contrôlé positif à la testostérone par le LNDD après sa victoire dans le Tour de France 2006. Selon l'Equipe, auteur des révélations, l'OCLCTIC aurait identifié l'un des complices du piratage, matérialisé par l'envoi de courriers électroniques dénonçant les erreurs répétées commises par le LNDD dans ses analyses et s'appuyant sur des documents internes, comme étant un proche de Landis.

Les envois comprennent une lettre de présentation - rédigée dans un français médiocre, probablement par un Anglo-Saxon - accompagnée de documents piratés auprès du laboratoire, sortis de leur contexte et reconstitués pour bien montrer que le LNDD serait coutumier d'erreurs d'analyses.

Les faux sont d'ailleurs de facture grossière, affichant notamment une adresse à "Châtanay-Malabry" selon l'Equipe.

Ces courriels, datés de septembre, ont été adressés à des médias, des institutions sportives et des laboratoires étrangers. C'est l'un d'eux, celui de Montréal, qui a alerté l'AMA et le LNDD fin octobre. Plus intrigant, le seul destinataire "privé" de cette missive est Howard Jacobs, l'avocat de Landis.

"Nous étions au courant depuis pas mal de temps et cela fait une semaine que nous avons des certitudes", a ajouté le Pr de Ceaurriz, précisant que la sécurité des installations du laboratoire allait être renforcée.

Mardi midi, sur France Info, Pierre Bordry a demandé au gouvernement de lui accorder des moyens pour moderniser et "sécuriser le système informatique du laboratoire" dont il est responsable depuis le 1er octobre, en remplacement du ministère des sports. "J'hérite du laboratoire, j'aimerais qu'il tourne convenablement", a-t-il dit.

Le laboratoire de Châtenay-Malabry est la cible, depuis plusieurs mois, d'attaques de la part des cyclistes américains. Lance Armstrong, septuple vainqueur du Tour de France, a d'abord mis en cause le LNDD, auteur d'analyses qui ont révélé la présence d'EPO dans des échantillons datant de 1999, lesquels appartiendraient au Texan.

De même, depuis l'annonce de son contrôle positif sur le Tour de France, Landis et son entourage mènent, via internet, une campagne pour décrédibiliser le laboratoire français.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive