10 novembre 2006
La Fédération française de cyclisme (FFC) et la direction de Cofidis étaient au courant du recours au dopage, a affirmé vendredi la défense de l'un des ex-coureurs de l'équipe, Philippe Gaumont, au procès pour dopage au sein de l'équipe Cofidis.
Le tribunal correctionnel de Nanterre, à l'ouest de Paris, qui jugeait depuis lundi dix personnes, dont sept coureurs ou ex-coureurs cyclistes, a mis vendredi son jugement en délibéré au 19 janvier 2007.
"Le circuit est complètement gangrené par le dopage. Voilà le système que Philippe Gaumont a dénoncé", a tonné vendredi son avocat Me Frédéric Champagne. Des peines de prison de trois mois à un an avec sursis ont été requises jeudi soir contre six coureurs ou ex-coureurs dont Philippe Gaumont, un entraîneur de troisième division Oleg Kozlitine, et un pharmacien parisien soupçonné d'avoir fourni de l'EPO aux sportifs.
Une peine de quatre à six mois fermes a été requise contre un ancien soigneur polonais et la relaxe pour un cycliste écossais.
Passé professionnel en 1994, au moment où l'EPO arrive dans le cyclisme et crée une "situation apocalyptique", M. Gaumont fait partie de la "génération sacrifiée du cyclisme", a assuré Me Champagne.
Mais "il ne crache pas dans la soupe, cette soupe il ne la supporte plus, il la recrache!", a-t-il ajouté.
L'avocat a dénoncé "une espèce de solidarité malsaine du peloton" et l'hypocrisie des instances nationales et internationales. "Comment la FFC pouvait-elle ignorer?", a-t-il demandé.
Pour Me Champagne, la direction de Cofidis était également au courant du recours au dopage. Il en veut pour preuve une retranscription d'écoute téléphonique, en 2004 alors que le scandale vient d'éclater, entre le cycliste écossais David Millar, pour lequel la relaxe a été requise, et l'ancien manager général de Cofidis Alain Bondue (non poursuivi).
Les deux hommes déplorent le battage médiatique autour de leur équipe, et Alain Bondue lance : "Les médias ne disent pas non plus que dans d'autres équipes ça continue" (le dopage, ndlr). Réponse éloquente de Millar : "Ah oui, ça continue à fond".
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