31 octobre 2006

OPINION

Quand le cycliste devient un danger public

Thierry Mertenat

Ils sont 14 000 cyclistes à traverser chaque jour le Rhône par les ponts du centre-ville. Cette transhumance pédaleuse enchante, à raison, les défenseurs de la mobilité douce.

Tout à leur comptage saisonnier, ces derniers oublient de poser la question qui fâche : sur le nombre, combien ne respectent pas les feux rouges et préfèrent les trottoirs aux pistes cyclables ? Une minorité, bien sûr, mais qui, à force de désobéir aux règles élémentaires de la circulation, finit par se montrer plus visible que la majorité, respectueuse des mêmes règles.

Vu du passage piétons, le nouveau cycliste genevois, hier encore au volant de sa voiture, est en train de devenir un véritable danger public. Assis sur sa selle, le nez dans le guidon, il répète jusqu'à la caricature cette équation funeste qui donne, jour et nuit, du travail aux ambulanciers : « Je roule, donc j'existe. » On croyait cette attitude l'apanage des automobilistes et des conducteurs de deux-roues motorisés. Cette course contre la montre à même le bitume ­concerne désormais toutes les catégories. Les minorités de chauffards s'additionnent et recrutent à tous les carrefours. Le moment est peut-être venu de prendre la mesure politique de cette réalité. Et de se doter des moyens de la combattre.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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