Robert Brisson
photo : Antoine Bécotte

Robert est devenu immortel,
il est en chacun de nous pour toujours…

L’amitié, l’amour et la mort se côtoient dans une ambiguïté où l’admiration, l’espoir et le désir côtoient l’effroyable et la douleur.

Des mots difficiles à comprendre.

Nous sommes tous atterrés par le départ de Robert sans raison et sans avertissement.

J’aurais tant aimé lui dire, encore une fois, combien il était important à mes yeux. Comment il avait joué un rôle marquant pour mon retour à la compétition cycliste. Combien il m’aidait à aborder des moments difficiles. Comment il m’apportait de la joie de vivre...

J’aurais aimé, comme nous tous, le serrer dans mes bras et lui dire combien je l’appréciais.

Tous les témoignages que j’ai lus m’ont confirmé, que je n’étais pas le seul à l’admirer.

Robert était formidable !

Nous avons reconnu sa douceur, son calme, sa gentillesse, sa délicatesse, sa courtoisie, son attention, sa serviabilité, son amabilité, sa générosité, sa discrétion, sa politesse…

Nous avons reconnu en lui un homme fantastique !

L'amour, c'est la paix que l'on atteint avec les autres, c’est le don de soi. C’est ce que Robert faisait si bien. Il était amour. Il était capable de le faire sans effort, sans attentes, simplement de façon naturelle. Il faisait le don de soi.

Pour certains la mort est la paix ultime, mais pour moi, c’est surtout l'irréversible, la perte de ce soi.

Robert nous a quittés de façon tragique. Certains diront qu’il repose en paix, qu’il est au paradis, qu’il peut maintenant rouler en toute sécurité, qu’il peut nous voir de là haut, qu’il nous prépare une place à ses côtés, qu’il nous protège…

Robert, je me rappelle de tous ces moments qui nous ont réunis. Ces conversations qui allaient régler les problèmes du monde, tes connaissances en musique, de nos philosophies de vie, de la beauté et de la bêtise humaine… De tout et de rien.... On pouvait parler de tout ça entre Montréal et Charlevoix, « non stop ». Après nos courses, on savourait nos réussites, nos bons coups, nos victoires… Mais, j’attendais aussi le retour, pour pouvoir continuer nos conversations. Tu avais cette petite voix qui me faisait du bien. Même si je devais me pencher vers toi pour mieux t’entendre. Ces moments sont gravés en moi pour toujours.

Robert, d’abord il y a eu l’amitié qui nous a réunis. Puis, maintenant il y a la mort qui nous sépare. Je conserve en moi, pour l’éternité, l’amitié que j’ai pour toi.

Je te garderai et t’emmènerai avec moi, jusqu’à mon départ de ce monde injuste. Un monde qui ne fait pas la part de choses, un monde qui ne fait pas la distinction entre le bien et le mal, un monde qui ne connaît pas son origine ni sa fin. Un monde où l’admiration, l’espoir et le désir côtoient l’effroyable et la douleur.

Pour Sylvie qui attend toujours « son » Robert, de son retour à la maison ;

Pour Émilie et Vincent qui ont encore tellement besoin de lui ;

Pour Alain qui souhaitait le serrer des ses bras pour lui dire combien il l’admirait ;

Pour Martin qui sait que Robert est devenu un ange ;

Pour sa famille, ses proches et tous ses amis ;

Je vous le dis, Robert est devenu immortel, il est en chacun de nous pour toujours…

Stéphane Le Beau


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