Même si elle roulera à gauche au départ de Londres, la prochaine Grande Boucle espère retrouver des chemins plus « droits » après une édition 2006 marquée par le dopage.
Frédéric Sugnot
Traditionnel exercice d’automne, hier au Palais des Congrès de Paris, pour « la grande famille » du cyclisme avec la présentation du parcours du prochain Tour qui le 7 juillet 2007 partira de Londres. « Une destination exotique pour faire connaître le vélo », résume Christophe Moreau, meilleur français du Tour ces dernières années. Reste qu’hier, ce n’est pas vraiment le parcours jugé « équilibré » qui faisait causer mais plutôt l’équilibre fragile de la maison vélo toujours secoué par le dopage.
La vérité des analyses
L’image de Floyd Landis, le « vainqueur » américain du Tour contrôlé positif à la testostérone mais pas encore officiellement déclassé, cloturait, hier, le traditionnel film qui résume l’édition 2006. Mais cette belle image s’est vite cassée, symboliquement, en morceaux comme du verre brisé. En attendant que l’ex-leader de la Phonak ait épuisé tous les recours juridiques, Christian Prudhomme, le directeur du Tour, a tenu à réaffirmer hier qu’« il n’avait aucun doute sur la vérité des analyses du laboratoire de Châtenay-Malabry ».
D’autres s’interrogent sur le fait d’attribuer ou non le Tour de France 2006 à l’Espagnol Oscar Pereiro, second au classement. « Même si c’est une première, pourquoi ne laisserait-on pas trois petits points sur la ligne du palmarès 2006 ? » interroge par exemple Christophe Moreau, le leader de l’équipe AG2R.
Beaucoup de doutes et de points d’interrogation donc sur le cyclisme également empêtré dans les méandres de l’affaire Puerto, vaste scandale de dopage sanguin mis à jour au printemps en Espagne. En juillet dernier à Strasbourg, de nombreux coureurs dont les favoris Jan Ullrich et Ivan Basso, n’avaient pas été autorisés à prendre le départ du Tour en raison de leur probable implication dans cette affaire. Depuis le vent a tourné. Basso a été autorisé à recourir par sa fédération et Ullrich, qui a toujours nié s’être dopé, a annoncé mercredi que la justice espagnole avait officiellement décidé de ne retenir aucune charge contre lui. En privé, un médecin proche de l’Union cycliste internationale laisse entendre qu’il se « pourrait bien qu’on enterre l’affaire parce qu’elle dépasse le cadre du vélo et toucherait des sportifs prestigieux dont on ne veut pas voir apparaître le nom ».
Équilibré pour un « vrai » vainqueur
Bref, tout est flou avant la reprise de la saison en février et certains comme Marc Madiot, le directeur sportif de la Française des Jeux regrettent (lire ci-dessous) que les organisateurs n’aient pas d’ores et déjà annoncé qu’ils n’inviteraient pas en 2007 les coureurs cités dans l’affaire Puerto.
Équilibré, c’était donc le mot du jour, hier au Palais des Congrès. Directeurs sportifs et coureurs ont salué un parcours qui respecte les grands équilibres entre montagne et plaine. Sandy Casar, le leader de la Française des Jeux, dit par exemple : « Cun Tour conçu pour ménager le suspense avec de nouvelles ascensions. Les attaquants devraient trouver des opportunités. » Marc Madiot, son directeur sportif, renchérit : « Pour moi, c’est le Tour de la rupture. Les sprinteurs ne sont pas servis avec une arrivée rapide dans la montagne et beaucoup d’étapes dans le sud avec une forte chaleur prévisible. La course sera difficile à contrôler. » Le départ à Londres n’amuse que le Britannique David Millar (Cofidis), spécialiste des prologues qui se « prépare déjà sur piste » pour s’adjuger le prologue de huit kilomètres le samedi 7 juillet dans les rues de la capitale anglaise.
Question difficulté, Christian Prudhomme, le patron du tour, juge le degré de difficulté de 2007 « à peu près le même qu’en 2006 avec une étape de montagne en plus mais avec le même nombre de cols (21). » Au total, trois semaines de Tour et 3 547 kilomètres pour, espère Prudhomme, « que nous ayons vraiment sur le podium du Tour 2007, le vainqueur du Tour 2007. Il n’y a pas d’autre alternative... »
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