octobre 2006
Pierre Étienne Grégoire,
président de l’ACVQ
Le départ tragique de Robert Brisson plonge tout le peloton dans un état où se mêle tristesse, stupéfaction et amertume. À mes yeux, Robert représente l’archétype du maître cycliste, celui pour qui la compétition repose d’abord et avant tout sur le véritable esprit sportif et la franche camaraderie. Habitué aux places d’honneur, il garde cette humilité dans la victoire, ce qui le rend encore plus transcendant.
Depuis la retraite d’Alain Caron, Robert est LE sprinter chez les maîtres B au Québec. La dernière fois où je l’ai côtoyé, lors du championnat québécois sur piste, il s’est d’ailleurs mérité l’or à l’épreuve de vitesse. Dans l’art du sprint, le calme olympien de Robert tranche avec le comportement souvent débridé associé à ce type de coureur. Pour faire image, Robert est notre Eric Zabel !
Comme plusieurs d’entre nous, il est revenu à la compétition en 2003 et les résultats n’ont pas tardé à surgir. J’ai eu le privilège d’assister à sa première victoire lors du Grand Prix de Brossard et à sa poussée irrésistible lors du critérium de la Coupe des Amériques, un exploit qu’il récidivait en 2005. Je ne pense pas été avoir le seul à le féliciter après l’arrivée, tant il était populaire parmi les siens. Robert s’est gagné le respect de tous ces collègues. Passionné au cœur d’or, Robert redonne à son sport en s’impliquant à titre d’entraîneur au Vélo Club Sud-Ouest; en marge de son travail, il met à profit son expertise en informatique pour s’occuper de la gestion de divers sites Internet.
Exceptionnellement, le trophée Jack Éyamie, décédé lui aussi dans des circonstances dramatiques similaires, lui est remis pour souligner ses qualités exceptionnelles de gentillesse, d’amabilité et de générosité. Ayant déjà été en nomination pour ce trophée perpétuel, cette marque d’estime lui revient de plein droit.
Étant donné son affection particulière pour la piste — il a été champion du Québec en 2005 — et de manière à honorer sa mémoire dans la durée, la plaque remise annuellement au gagnant de la Coupe du Québec sur piste maître portera désormais son nom.
Au nom de toute la confrérie des coureurs et des coureuses, l’ACVQ offre ses plus sincères condoléances à sa compagne Sylvie et à ses deux enfants, Émilie et Vincent. Comme le témoigne son grand ami Stéphane Le Beau, le monde du cyclisme québécois a perdu un athlète remarquable.
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