J’espère que cette première infolettre est aussi excitante pour toi qu’elle l’est pour moi!
Je n’ai jamais vraiment été une personne très extravertie, mais je veux vraiment partager cette folle expérience de vie avec authenticité, vulnérabilité et de manière totalement ouverte. Voilà pourquoi j’ai décidé d’utiliser mes propres photos, étant toutes prises au moyen d’une petite caméra argentique. Je peux ainsi t’offrir une véritable expérience « en coulisses » et ces photos sont des souvenirs inestimables pour moi. Un retour par rapport à mon contenu est toujours apprécié! Je serais plus qu’heureuse d’avoir ton opinion sur les sujets que j’aborde ou de répondre à de potentielles questions. Il est possible de me joindre par la section CONTACT sur mon site web:)
C’est parti pour notre petit voyage! Voici un résumé de ma première semaine de course en Italie.
Enfin arrivés à Cinquale, en Toscane. Je ne peux pas compter le nombre d’heures que coureures et staff passent sur les routes européennes pour se rendre aux courses. Au moins, traverser la Suisse a rendu la route plus agréable avec ses magnifiques paysages. Nous sommes arrivés juste à temps pour faire une petite reconnaissance du parcours, pile au moment du coucher de soleil sur la mer de Ligurie. Peux-tu deviner ce qu’on a mangé pour souper? Et oui, des pâtes. Penne al pomodoro. À chaque soir.

Nous avions une autre journée devant nous avant notre première course de l’année, Trofeo Oro in Euro. Nous avons commencé la journée du bon pied avec du dé-li-cieux café italien. Il était tellement bon que tout le monde a pris au moins 3 tasses, puis s’est plaint toute la journée de maux de ventre et d’avoir le shake. Nous avons reconnu le parcours au complet cette fois, puis nous avions l’après-midi de libre pour explorer un peu.
Jour de course! Au menu : 5 tours d’un petit circuit rapide de 13 km, puis on enchaîne avec 2 tours d’un plus grand circuit incluant une ascension de 10 minutes. J’avais le rôle de coéquipière au départ, mais après une première moitié de course assez difficile et très rapide, le plan a changé suite aux mauvaises sensations de nos leaders prédéfinies lors de la première ascension. Je me sentais plutôt bien, donc j’ai tout donné pour rester avec le peloton, même si ça correspondait plus ou moins à mon type d’effort. Mon groupe a rejoint la tête de course environ un kilomètre avant la ligne d’arrivée, puis j’ai pu me glisser à la 27ème position. C’était un brin décevant de manquer les points UCI de si peu, surtout que chaque point est important pour une petite équipe comme la mienne, mais j’étais plutôt satisfaite de voir que je m’étais bien préparée pour le début de saison.
Passons aux choses sérieuses : première course par étapes de l'année. 5 jours de course intensifs à travers les montagnes italiennes étaient à l’horaire, dont une double journée avec un contre-la-montre par équipe et une course de sprint. Mais rien ne s'est passé comme prévu.
Jour 1. Le contre-la-montre par équipe se déroulait sur une très jolie piste cyclable en bord de mer, mais la météo n'a pas été en notre faveur : des rafales de vent atteignant les 50 km/h sous un ciel menaçant. C'était notre premier véritable effort d'équipe, donc nous savions que des erreurs allaient certainement être commises, mais nous étions quand même satisfaites de notre résultat. Après le TTT, tout le monde a été informé que la course de l'après-midi n'aurait pas lieu. Plutôt bizarre, mais ça arrive.
Jour 2. Après avoir confirmé la veille le départ de l'étape du lendemain, l'organisation l'a finalement annulée, alors que nous étions en train de déjeuner et de nous préparer pour la course. Apparemment, certaines villes ont refusé le passage de la course, et tout était maintenant incertain pour le reste de la semaine. C'était très décevant et frustrant, mais nous avons décidé d'y voir une bonne opportunité de nous entraîner ensemble, avec l'espoir de courir éventuellement. Nous avons fait une longue sortie de 4h ce jour-là, pendant laquelle on a pu profiter des magnifiques paysages de l’Italie.
Jour 3. Nous avons enfin pu courir ! L'étape comprenait un aller-retour rapide et plat, suivi d'une montée raide de 6 km avec une descente technique. Je me débrouillais plutôt bien dans la montée, mais la descente a été un vrai cauchemar. La ligne d'arrivée était dans une petite descente très rapide, et j'ai fait de mon mieux pour me battre jusqu'à la fin.
Jour 4. Au menu, un parcours de 84 km, avec une montée de 13 km en plein milieu. Après avoir lâché le premier groupe dans la montée, les filles ont travaillé très dur pour me ramener notre autre leader et moi dans le peloton de tête. Les kickers avant l'arrivée ont été éprouvants, mais j'ai réussi à m'accrocher et à remonter à l’avant. Tout s'est joué au sprint, et j'ai signé mon premier top 10 de l'année !
Jour 5. L'étape reine : 105km, et 3 cols totalisant 2000m d’élévation. J'étais déjà vidée sur la ligne de départ, mais c’était le dernier effort à donner. Je me sentais assez mal lors de la première ascension et je savais que je ne serais plus en mesure de jouer le classement général. C'était un parcours très difficile, et j'étais complètement cuite lorsque j'ai franchi la ligne d'arrivée.
C'était définitivement une semaine rocambolesque. J'ai fait beaucoup d'erreurs, mais ça signifie que beaucoup de leçons ont été apprises. Boire et manger sur le vélo est un gros défi sur lequel je travaille et apprendre à laisser la peur de côté dans les descentes viendra avec de la pratique et de la confiance. Quoi qu'il en soit, j'ai eu mon gelato, et comme on peut le voir par le sourire sur mon visage, ça m’a rendue bien heureuse.

Pendaison de crémaillère à Lunéville, France
En tant que coureur étranger, c’est difficile de se sentir chez soi quand on se déplace autant. C’est aussi généralement très dispendieux de venir vivre en Europe à l’année, mais c'est le seul moyen de pouvoir courir en sol européen pour une saison complète. J'ai de la chance et je suis reconnaissante envers l'équipe avec laquelle je cours cette année, parce qu’elle comprend la difficulté d’être si loin de sa maison. Ils savent à quel point il est important d'avoir un endroit où récupérer, se détendre et ne pas avoir à se soucier de ses besoins de base. Un endroit où l'on se sent chez soi.
La Région Grand-Est est l'un de nos principaux commanditaires, c'est pourquoi notre maison d'équipe se trouve dans cette région. Notre équipe a trouvé deux appartements à Lunéville, une ville située pas très loin de Nancy, dans le nord-est de la France. J’y suis logée avec deux de mes coéquipières canadiennes, Adèle Desgagnés et Joséphine Péloquin. Nous nous connaissons depuis les rangs juniors et c'est rassurant de les avoir à mes côtés.
Le cyclisme est connu pour être un sport individuel mais en vérité ce n’est pas tout à fait le cas. Lorsque qu’une coureuse gagne, c'est l'équipe qui gagne. On partage une victoire comme on partage une pizza. C'est drôle, parce qu’on ne choisit pas ses coéquipières, mais nous voilà à rouler, à cuisiner et à vivre ensemble. C'est fou, non ? On passe toute l'année à se côtoyer, on se voit non seulement dans nos moments les plus bas, mais aussi dans les plus hauts. On ne s’est pas choisies, mais on joue un rôle significatif dans la vie des unes des autres. Je suis reconnaissante d'avoir rencontré autant de personnes extraordinaires, et je suis heureuse de vivre cette folle expérience avec Adèle et Jo, parce qu’on est plus que des coéquipières maintenant, on est des amies. En fin de compte, on partage les mêmes valeurs, on se consacre à notre sport et on bosse dur pour obtenir ce qu’on veut. Et c'est suffisant pour que ça marche.
Nous avons emménagé dans notre nouvel appartement après notre camp d'entraînement à Malaucène, à la fin du mois de février. L’équipe s'est assurée qu’on ne manque de rien et c'est parfait. Il y a une grande épicerie pas très loin et une boulangerie au coin de la rue. Il y a aussi une gare, ce qui est pratique si nous voulons aller rouler dans les Vosges pour des sorties en montagne, ou visiter Nancy et les autres grandes villes des environs. Le temps est très mauvais en ce moment pour être honnête, mais l'été sera bientôt là. Enfin, je l'espère. Nous cuisinons et mangeons ensemble, et nous avons notre petite série Netflix que nous ne regardons que lorsque nous en avons envie toutes les trois.

C'est bien d'avoir une routine et de faire tranquillement de notre appartement notre deuxième maison. Je m’ennuie quand même de ma famille, de mon chat et de mon copain bien entendu. On peut se sentir si seule parfois, si loin de ce qu’on connaît, mais les moments que je passe avec mes proches lorsque je reviens à la maison sont d’autant plus précieux.
A presto!
Laury Milette
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