par Michel Lebel
Journée bien tranquille avec vent favorable pour partir et de face ensuite pour ce 100 km. Il faut comprendre qu'on s'en va vers l'ouest et que les vents dominants sont de l'ouest donc on ne sera pas avantagé. Toute la journée sur la route 45, autoroute pas trop achalandée avec un accotement, au moins. Puis à un embranchement au km 25 la dite autoroute se divise et là c'est une plus petite route bien agréable, la même jusqu'à la fin.
On y voit des montagnes qu'on ne peut savoir si ce sont des vraies ou des pyramides non-explorées.
Ci-bas ça ma fait penser à Lucky Luke (I am a lomesome cowboy) ou bien à Forrest Gump dans son jogging interminable.
Christian n'en peut plus et il décide de prendre l'autobus.
Pour une première fois je vois l'annonce de ma destination finale, Mazatlan, 467 km, un Montréal-Toronto. C'est grand le Mexique car une fois arrivé je ferai en octobre la Bahia California qui est de 1200 km, du sud au nord. C'est finalement presque la traversée du Canada.
Puis non pas un mirage mais un vrai lac avec quand-même de grand panoramas.
Puis pour mettre du piment dans la journée, je dépasse un cycliste mexicain à pied avec son vélo. Comme Diane Conte m'a enseigné qu'il faut toujour aider les gens dans le besoin, je m'arrête et constate qu'il a un vieux vélo sans quick release et je n'ai pas de clé pour détacher sa roue. Je lui donne ma chambre à air de rechange en me disant qu'il va se rende au garage la faire poser. Douteux. Un peu plus loin je vois notre chauffeur et je lui parle de la situation. On attend le gars et on verra. Voyez plutôt.
Comme gourde d'eau c'est une bouteille attachée à une corde, comme bagage 2 sacs de farine avec je ne sais pas quoi dedans, une seule vitesse, pas de clips, un vélo des années 50, si pas avant. Et en plus des valves Shreader, mais je pense qu'on peut mettre une Presta à la place. Allez les connaisseurs, vous me direz si on peut faire ça.
Mais heureusement notre chauffeur a une clé à mollette et Jean-Jacques (notre médecin cycliste qui prévoit à peu près tout) a de la colle et des patchs. (Encore une fois pour les Francais je dois traduire. Des patchs ce sont des rustines). Donc c'est avec tout un effort qu'on réussit à défaire la roue.
Et un autre effort immense pour enlever la chambre à air du pneu collée au fond. Avec mes leviers super-solides, les autres auraient cassé, on réussit à remettre la roue et gonfler. Et hop il est de retour sur ses roues, il va pouvoir finir sa journée de vélo.
On repart donc, Jean-Jacques et moi, bien fiers d'avoir aidé et en même temps pressés de partir avant que quelque chose d'autres brise sur son vélo. Et avec un vent de face persistant on arrive à destination juste après avoir pris une photo d'un joli panorama.
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