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Ça partirait mal me diriez vous. Si même les adeptes de la forme comme moi ne sont enclins à vous encourager à maintenir votre cap vers la «santé», ce pilier du bien-être et de la longévité, ce ne serait pas de bon augure pour l’année à venir n’est-ce pas? En fait, votre « bien-être » ça me préoccupe, votre bonheur également, c’est le mot « santé » qui me rebute, depuis fort longtemps déjà. « Ah ! Tu joues sur les mots coach, on parle de la même chose ici non? ».
« Non ». Le terme santé est à mes yeux peu objectif et constitue une idéologie qui, comme le magasinage, remplit le troue béant qu’a laissé la religion au gré de la transformation des églises en condos. Nous parlons de plus en plus de santé et de la façon de l’obtenir, pourtant la société est plus obèse et mal en point que jamais.
On nous dit quoi faire pour notre santé : exercices, nutrition, style de vie, tout y passe. Puis quand on ne le fait pas, on angoisse, « merde ma santé ! ». Le devoir sociétal d’être en santé nous incite à prendre action pour la conserver. Hélas les enfants ne courent plus par plaisir, mais pour comptabiliser des heures d’activité, les adultes s’entraînent et mangent à la perfection afin de se prémunir des maladies populaires, car nous devons bien sûr tous mourir de démence sénile! Si la faucheuse s’empare de nos vies par le biais d’un cancer, diabète, ou maladie cardiaque, on nous tape sur les doigts là-haut ! Car il est immoral de mourir d’une maladie « évitable ».
Puis de la santé naît : les repas « santé », les cures santé, les week-ends santé, le système de santé puis le ministère de la Santé. Avec tous ceux qui se démènent à veiller sur nous, il me semble que nous devrions vachement bien nous porter. Dans les faits, cette quête insensée nous a aussi amenés vers des habitudes malsaines : pratique obsessionnelle de l’exercice physique, obsession du régime, comportement hypocondriaque, consommation excessive de produits à connotation santé, médicalisation extrême du vieillissement et j’en passe…
Mais que faire? Retourner à l’église? Sûrement pas! Au gym? J’aimerais bien vous y inviter, mais ça se serait prêcher pour ma paroisse. Comme ça fait un moment déjà que ce dossier me titille, je ne me contenterai pas de soulever le problème, mais bien de vous donner deux de mes pistes de solution.
La 1re étape: On se débarrasse du mot « santé » une fois pour toutes !
La 2e étape: On change de paradigme! Même si c’est prouvé sci-en-ti-fi que-ment que l’activité physique vous prémunit contre à peu près toutes les maladies, je trouverais ça vraiment triste de vous voir vous mouvoir uniquement sous le poids de recommandations médicales. Essayer de remplacer le mot santé par bien-être et le mot rigueur par plaisir. Découvrez, goûtez, partagez, essayez, la forme est l’effet secondaire de vos bonheurs cumulés.
Parler de santé est encore plus naturel une fois qu’on l’a perdue, tout comme être confiné nous a éveillés au sens de liberté. Je ne manque pas d’empathie pour les malades ni de compassion pour les mourants, je considère seulement que nourrir la machine « santé » n’évite pas de souffrances, mais restreint notre bonheur quotidien.
Le philosophe David Hume exprime que : « la vie d’un homme pour l’univers n’est pas plus importante que celle d’une huître ». Ainsi je vous souhaite de faire ce que vous appréciez le plus, au rythme où vous l’appréciez le plus, car au final, l’imputabilité n’est pas envers le contrat social de la santé, mais plutôt envers vous-même pour une vie heureuse.
Bonne année!
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. On bouge! « Parce que c’est le fun! »
. On mange bien! « Parce que ça goûte bon! »
. On dort profondément! « Pour être souriant demain! »
. On diminue notre temps d’écran « Parce que c’est une question de minutes avant que l’on tente de nous vendre un truc « santé » à nouveau »
Yannik Morin
Journal Panorama
sur facebook, 5 janvier
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