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Ça s’est passé il y a 2 jours pour moi et les tivieux mais vu que je peux enfin bouger les doigts, c’est sur le bord de la mer en Croatie, au soleil, que je sors ma plume.
C’est donc samedi à 11h00h qu'Erwin tire le départ du Mediofondo réservé aux dames 50ans+ et hommes 60ans + sur un parcours réduit en raison des conditions météo disons… peu favorables. Des 2400m d’ascension prévues originalement, le parcours est réduit d’environ la moitié.
Il fait 6 °C au départ et la pluie s’est momentanément arrêtée. Kliss ça ressemble à St-Raymond 2014(+\-). Donc j’enlève mon imper et je mets mes gants de rubber et 6 couches de chandails, camisoles, veste. (Tout ce que j’avais apporté dans ma valise).
On a une section de plat en ville (30-35km) et ensuite on commence l’ascension d’environ 1200m jusqu’en haut où ils annoncent de la neige mouillée (shhhhhhhh).
J’ai l’estie de chienne de me retrouver au 3/4 de la montée sur le bord de la route avec juste les dentiers qui bougent… mais je regarde autour et je vois que je suis dans les plus… jeunes! Et tous ces grand-pères et… sûrement arrière-grand-pères ont les pieds clippés et prêts à affronter leur propre bataille. C’est clair à ce moment là que c’est all in le gros! C’est parti!
Évidemment on tourne le 2e coin et la pluie est recommencée et pour de bon. Ça va vite, mais pas en fou comme d’autres fois. J’accélère et je monte devant pour me réchauffer et je redescends dans le pack… pour me réchauffer. Je suis bien et je me prépare à me placer pour le début de la montée. À 45 minutes, POW!!! Dans un mini rond-point, à peine un renflement de la voie, mes 2 roues dérapent vers la droite et je me retrouve su'l cul dans le milieu du pack avec des bikes qui me rentrent dedans de partout. Phooooooooooqueeeeeeeeee!!!
Je me relève sur mes pattes et j’ai l’épaule droite scrap. Là j’ai 3 pensées qui me viennent en tête sur le coup: 1ère: je ne pourrai pas porter le maillot de la Classique des Appalaches sur le podium! 2e : j’ai encore la clavicule pétée et je vais connaître les services d’urgence de la Bosnie Herzégovine! Et la 3e, je vous la dirai à la fin...
Le doc qui suit avec les services de premiers soins me check et me donne le OK pour continuer. « The bike is ok » aussi, donc enweille en haut l’gros…
À ce moment là la course est finie mais je continue mon combat jusqu’en haut. Finalement on a terminé dans la neige mais avec les efforts de la montée ça été pas si mal… pour moi. J’ai vu par contre des monsieurs (mes idoles) en haut, dans l’auberge, qui m’ont encore donné une leçon de courage en tentant de se sortir d’hypothermie.
Ça c’est la petite histoire d’une course de becyk. Mais les Championnats du Monde c’est beaucoup aussi découvrir les pays hôtes et les histoires locales.
La belle Sarajevo était mythique dans mon passé: c’était les Jeux d’hiver de ´84 avec les exploits de Gaétan Boucher en longue piste. Ensuite une Sarajevo dévastée est revenue sur nos écrans pour des raisons de guerres locales obscures, pour nous en Amérique. C’est donc durant les jours précédant la course qu’on a pu aller, ma grande Marie et moi, à la recherche de son histoire.
Le 11 juillet 1995 est un point marquant de cette guerre ethnique qui a fait plus de 11 000 morts, soit le plus grand nombre depuis la 2e Grande guerre. Mais beaucoup ont survécu tant bien que mal depuis 37 ans à se refaire un semblant de vie. C’est à eux que j’ai pensé quand le doc m’a remis sur ma selle après ma chute et m’a dit « You can go, you can catch them, it’s a long climb! » … mes héros! »
André Lamarche, 11 octobre
Note du webmestre :
1- Giovanni Lattanzi, Italie, 2h 03m 05
2- Pascual Orengo Malonda, Espagne, 2h 06m 11
3- Gunter Sabransky, Autriche 2h 06m 53
29- André Lamarche, Canada, 2h 22m 51
33- Brett Heilbron, Canada, 2h 32m 51
il y avait 36 concurrents
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