Selon moi, vous savez ce qui doit compter?
C'est que Lyne Bessette nage dans le bonheur !

« Lâchez-les !

Facebook souvenirs, me rappelle aujourd’hui qu’il y a 7 ans, je démissionnais de 28 années passées dans le monde du cyclisme. Cette décision a probablement été une des deux plus difficiles de ma vie ! J’ai quitté le sport, mais surtout des athlètes qui ont su me faire vivre de grandes émotions.

J’ai pris quelques années pour me « réparer » et tranquillement, je suis revenue dans le circuit de l’adrénaline en m’impliquant un peu avec le club de triathlon Hippocampe.

L’an dernier, mon rôle de Présidente d’honneur aux Mardis cyclistes de Lachine, a contribué à un retour partiel sur le circuit. Depuis, quelques triathlètes participent aux Mardis pour l’entrainement et sans prétention. Je trouve ça « ben l’fun » !

À travers tout ça, il y a le fameux Canada Man, auquel j’ai assisté pour la première fois l’an dernier. Un triathlon extrême, dont le marathon se termine par 8km de trail menant au sommet du mont Mégantic.

Je ne vous parle même pas du départ pour la nage à 4h30 le matin.. Oui, je sais, dans le noir pour 3,9km. Entre la nage et le marathon, il y a 180km de vélo dans les côtes. Que de souvenirs des nombreuses fois où nous sommes passés par là pour le Tour de Beauce. La T2 est au top de la côte magnétique. Je sais, c’est fou ! L’objectif de cette course, terminer avant minuit pour voir les étoiles !

L’organisation de cet événement est impeccable. L’organisateur qualifie son événement, de « petite grande organisation ». Non, non, il n’y a rien de petit dans cette organisation. C’est de la grande classe. Bravo à cette organisation, ses bénévoles et la ville de Mégantic pour toute la ténacité et la résilience dont ses citoyens font preuve. Je suis donc retournée cette année comme fan de bord de route, parce-que l’intensité et le rush d’adrénaline sont garantis à cet événement, et ce type d’énergie, j’en ai encore besoin.

Et là-bas, il y a la gang de triathlètes Hippocampe, ils étaient près de 25 participants du club au sprint du samedi. Et assurément pas les plus discrets. Le dimanche, à 4h30, c’est le départ officiel du Canada Man. Ce sont les 2 Christian qui occupent principalement notre journée. Tous les deux ont terminé avant la noirceur et avec le sourire…enfin presque. C’était peut-être finalement une crampe faciale.

Et, il y a Lyne Bessette. Une des athlètes les plus naturelles que je connaisse. Elle a gagné les 2 premières éditions, et cette année elle termine 2e, à 10 secondes de la 1ère place, après une chasse de plus de 12h. Lyne est une athlète hors pair, elle court, elle roule, mais bon, elle ne nage pas et elle s’en fout.

Elle possède les 3 T, talent, tête, travail, et surtout beaucoup de travail. C’est une Olympienne. Ce qui veux dire que sa vie a été sur le « hold » par phase de 4 ans. C’est pendant ces cycles annuels de pression, préparation, sélection, concession, qu’elle a dû constamment faire des choix. Elle les a toujours assumés.

Maintenant, tout comme plusieurs athlètes de haut niveau, elle fait des compétitions « pour le fun ». Le Canada Woman, fait partie de ses choix. Alors, quand j’ai pris connaissance d’un message qui lui était adressé lui reprochant sa trop grande confiance en elle, et le fait de ne pas s’être entraînée à la natation pour assurer ses chances de victoire, j’en suis restée estomaquée.

LÂCHEZ-LES !

Je parle de ces athlètes d’élite comme Lyne qui ont le droit de faire leur propre choix et de les assumer. Depuis quand avoir trop confiance en soi est un défaut? Surtout quand on a le « back ground » pour l’avoir.

Lyne n’a pas trop confiance en elle. Elle en confiance dans les choix qu’elle a fait tout au long de sa carrière, c’est ce qui fait en sorte, qu’elle est maintenant capable de choisir ce qui lui plaît de faire comme compétition sportive, c’est ce qui fait d’elle une personne équilibrée.

Depuis quand en avons-nous contre l’équilibre?

Remarquez-vous que certains athlètes de haut niveau prennent leur retraite de plus en plus jeune? Ski de fond, patinage de vitesse, des Olympiens…

Pour avoir côtoyés pendant plus de 28 ans plusieurs de ces grands athlètes, je n’ai qu’un simple échantillon de toutes les concessions qu’ils ont dû faire pour réussir à atteindre leurs objectifs, tout en préservant leur équilibre. Donc, Lâchez-les !

Je ne prétends pas comprendre tout ce qu’ils ont vécu. Mais, selon moi, il mérite de pouvoir rester actif en compétition sans avoir une pression constante de gagner à n’importe quel prix.

Lyne B7 nage pas tant...Who cares

Selon moi, vous savez ce qui doit compter?

C'est que Lyne Bessette nage dans le bonheur ! »

Josée Robitaille, sur facebook, le 11 juillet


La lettre de François Garant à Lyne Bessette :

« Bonjour Mme Bessette

Je me présente, François Garant, participant numéro 12 de l’édition 2019 du Canada Man. Depuis l’événement, j’ai lu certains propos, dont votre résumé de course, qui sont venus ébranler mes valeurs personnelles.

Je tiens à mentionner que j’admire l’athlète que vous êtes. Votre parcours en a inspiré plus d’un et en inspirera encore plusieurs. Au même titre que Pierre Lavoie, vous êtes un monument qui, j’en suis certain, fait évoluer notre société pour le mieux.

À travers certains propos que j’ai lu avant et après l’événement, j’ai pu constater votre grande confiance en vos moyens dans la pratique du triathlon. Vous clamiez haut et fort que vous étiez tellement forte en vélo et à la course que même si vous ne pratiquiez pas la nage, vous étiez en mesure de l’emporter.

Je suis un jeune père de famille qui enseigne à ses enfants de rien prendre pour acquis. Je suis aussi un père qui enseigne à ses enfants qu’il faut travailler fort pour atteindre ses objectifs et qu’il y aura toujours quelqu’un de plus fort, plus vite que nous. Je leur enseigne aussi que ce n’est pas la victoire qui vient définir la personne qu’ils sont mais le parcours qu’il prenne pour s’accomplir.

Le Canada Man en est encore qu’à ses débuts avec seulement trois éditions. Vous avez gravé la pierre avec vos premiers exploits.

Comme vous l’avez si bien mentionné dans votre résumé, il ne manquait que 10 secondes pour avoir une autre victoire. Inévitablement, l’événement devient de plus en plus populaire et la force des athlètes allait augmenter avec l’arrivée de vrais triathlètes dans la compétition. Je trouve dommage de lire votre vision des choses. Avec un respect de la discipline, vous auriez pu inclure la nage dans vos entraînements et réduire l’écart de plus de 22 minutes qui vous séparait de madame Livesey. Avec cette rigueur, c’est vous qui seriez la gagnante.

Sachez que je garde votre résumé de course afin que mes enfants puissent avoir un exemple de ce que représente prendre les autres pour acquis. Bien que 10 secondes vous séparaient de la première position, plus de 12 heures se sont écoulés sans que vous puissiez rejoindre madame Livesey.

Aujourd’hui, je dois l’avouer, j’ai un peu mal au modèle que vous représentez. Je suis triste de lire vos propos mais je peux aussi comprendre votre position.

Rare sont les fois que je prends la parole pour exprimer mon point de vue car je suis qu’une personne dans la masse. C’est grâce à des modèles comme vous que des gens comme moi repoussons nos limites. L’idée n’est pas de dénigrer l’athlète que vous êtes. Je veux seulement vous faire réaliser que vos propos résonnent loin et qu’ils peuvent venir influencer plusieurs personnes. Vous avez un pouvoir que plusieurs n’ont pas. À vous de voir de quelle façon vous pouvez l’utiliser.

Bon succès dans vos prochains défis »

François Garant


La réaction de Lyne Bessette :

« Merci monsieur, je m'en souviendrai.
J’aime mieux passer du temps avec mon mari que de m'entraîner à la nage »


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