Jour 1 : Hauras - Hauras

Michel Lebel

Ce voyage débute donc à Huaraz le 18 mai et va se terminer quelque part passé la frontière équatorienne, tenant compte d'une obligation que j'ai le 16 juin. Ce voyage est essentiellement une expérience que je vais vivre avec un groupe appelé AlternativeCycle dont une des missions est de réaliser le tour du monde par petites étapes de 2 ou 3 mois.

Ils ont commencé à Ishuaya, dans le sud de l'Amérique du Sud et mon but est de pouvoir un jour faire partie de ce groupe pour leur traversée de l'Asie, quelque part en 2022. Le petit bout que je vais faire est donc d'environ 3000 km, soit l'équivalent de la traversée du Pérou. D'autres aventures à venir donc.

Le groupe est composé de 15 personnes, des cyclos pour la plupart, des Français dans la cinquantaine, avec des Canadiens. La distance moyenne est de 100 km par jour, très raisonnable, mais le dénivelé est important, en moyenne 1500 m par jour, et la particularité est l'altitude qui sera en moyenne de 3000 mètres, avec des pointes à 4500 mètres. Sauf exception, nous ne longerons pas la mer mais resterons dans les Andes.

Je vous parlerai de temps en temps d'un album de Tintin, Le Temple du Soleil, qui reflète pas mal la région. Sachez seulement que le Pachacamac, le bateau ayant amené Tournesol, est en fait une ville du Pérou qui héberge un site archéologique important. Hergé s'est largement inspiré du Pérou pour écrire cet album. Ce premier jour je dois rejoindre le groupe qui est parti de Union et qui roule en direction de Hauras.

Donc ce matin, le mari d'Esther s'est démené pour me trouver un guide vélo. Après le petit-déj, je pars donc à vélo pour le suivre. C'est la première fois que j'essaie ce vélo loué chez Cycle Performance, et dans la trafic d'une ville péruvienne, et que j'y retrouve des souvenirs du MAC 2017 avec les topezs, les nids d'autruche, etc...


En compagnie d'Ester
photo transmise par Michel Lebel

Mais la gentillesse des gens est remarquable. Le mari d'Esther m'amène donc au bureau de change puis à la pharmacie pour me procurer des pilules contre l'altitude. Puis le guide arrive, Mereline (un gars), un top en vélo de montagne. Bon on est à 3000 mètres, l'équivalent du plus haut sommet des Rocheuses américaines du Colorado et en fait on est au pied de ce qu'on appelle ici la Cordillère blanche. Donc au menu un col de 1000 mètres pour joindre le groupe.

À date, tout ce que j'ai remarqué, c'est qu'en montant les escaliers de l'hôtel j'arrivais essoufflé en haut. On verra bien ! Ça part bien doucement, à ma demande. Mais je découvre que mon frein droit ne fonctionne pas, des freins hydrauliques que je ne connais pas. Et avec l'empressement je n'avais pas eu le temps de l'essayer, juste de le mettre en boîte. On réglera ça plus tard, de tels freins c'est suffisant avec une seule manette.

Ça monte même très bien, au point que mon guide commande des arrêts dont je n'ai pas besoin. La circulation s'estompe et je me redécouvre dans un voyage. J'apprendrai plus tard que des gens ont demandé si en montagne il y avait des animaux dangereux, et la réponse négative est fausse : les chiens !

Au km 40, Christian (l'organisateur) m'avait dit de prendre à gauche, pour de la gravelle sur 54 km. Tout s'est brisé, la gravelle j'aime pas. Vers 2 heures on n'a rejoint personne. Je joins l'organisateur au téléphone qui me dit que le groupe va arriver tard, pas avant 4h30. Cette gravelle, à la voir, doit prendre 6 heures à faire, à louvoyer à 8-10 km/h.


Vue sur la cordillère blanche à 4000m, sur le chemin de gravelle
photo : Michel Lebel

On demande à des automobilistes (une aux demi-heure) s'ils ont vu de cyclistes. Non. Mereline pense qu'ils ont décidé de prendre un autre chemin, qui nécessairement va passer où on a tourné. On redescend et je n'aime pas. Mereline, très à l'aise avec son vélo à suspension, a une bonne idée : il suggère d'échanger nos vélos. Toute une différence avec une suspension ! Rendus en bas on va manger dans un restaurant et chercher un garage (pour réparer mon frein) pour attendre le groupe, qu'on ne verra jamais. Finalement Mereline voit un garage qui réparerait mon vélo, ce qui va permettre d'attendre. 1h30 qu'on est resté et pas capable de réparer.

Il est tard et on voit finalement passer Paul, conjoint de Louise du Mac2016, et aussi propriétaire de Arkel, les fameuses sacoches renommées. On le joint mais on va finir à la noirceur. Heureusement Paul a une lampe sur son vélo, ça descend et Mereline connaît le chemin. Moi qui anticipait une randonnée tranquille, je suis servi ! On entendait le bruit des molosses mais on ne les voyait pas. S'Il avait fallu que fasse un choc vagal, comme ça m'est arrivé dans la mer, à Cuba, ça aurait été bien, là ! Mais ce n'est pas survenu. À l'arrivée j'apprends que beaucoup ont terminé en taxi (155 kms qu'ils avaient à faire, 3000 m de dénivelé positif et 55 km de gravelle). On va donc souper à 20 heures et je fais la connaissance du groupe. Mereline est même invité.

Au retour, à une épicerie attenante, j'achète 3 pointes de gâteau faits par des enfants rencontrés la veille, pour fêter quelques retrouvailles. C'est alors que les enfants reviennent avec la moitié du gâteau pour un offrecer (une offrande d'amitié) ! Je ne peux pas refuser, c'est finalement Paul et Louise qui en ont hérité.

Pour une journée tranquille on repassera, mais plein d'images positives, un sacré beau groupe, 3 Canadiens que je connais, puis 5 cyclistes du mac2017, ça va être facile pour se rappeler les noms !


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