
Val-d’Or, le 21 juillet 2018 - À moins de 24 heures de la conclusion de sa 50e édition, le Tour de l’Abitibi a officiellement inauguré son Temple de la renommée en intronisant deux athlètes, trois bâtisseurs et un partenaire lors d’une soirée hommage tenue samedi à Val-d’Or.
Les personnes honorées sont Pierre Harvey et Éric Van den Eynde, dans la catégorie des athlètes, ainsi que Léandre Normand, Claude Pagé et Marc Lemay, parmi les bâtisseurs. La ville de Val-d’Or, ville-hôtesse en 2018 et en 21 autres occasions au fil des ans, a été admise à titre de partenaire.
Cette initiative cadre avec les célébrations du 50e du Tour. Elle sera répétée l’année prochaine à Rouyn-Noranda, en 2020 à Amos puis à tous les cinq ans par la suite.
«Il a été très facile d’identifier les 20 premières personnes que nous voulons honorer. Malheureusement, on ne peut pas introniser tout le monde dès la première année. Toutefois, nous allons leur rendre hommage et faire en sorte que ces personnes ne soient jamais oubliées, a déclaré Suzanne Fortin, présidente du conseil d’administration du Tour.
«Pierre Harvey et Éric Van den Eynde étaient des choix évidents à titre d’athlètes, a noté Mme Fortin. En plus d’être d’anciens champions du Tour dans les années 70, ce sont deux personnes qui ont fait beaucoup pour le sport, pour le cyclisme, et qui ont été des athlètes émérites.
Les trois bâtisseurs honorés étaient des incontournables, selon Mme Fortin.
«Léandre Normand a été un visionnaire qui, peut-être sans le savoir, a bâti quelque chose de grandiose. C’est grâce à lui si le Tour est reconnu internationalement et procure tant de visibilité à notre région. Sans lui, il n’y aurait pas de Tour de l’Abitibi. Il mérite amplement son surnom de ‘Père du Tour’.
«Claude Pagé avait le Tour tatoué sur le coeur, et il l’a porté à bout de bras. Il n’a pas eu peur d’innover, comme avec le départ sous terre. C’est devenu la signature du Tour. Ce fut une idée de génie. S’il n’avait pas été là pour cogner aux portes, pour aller voir les villes, le Tour ne serait pas ici en 2018.
«De par ses rôles dans les différentes sphères du cyclisme, Marc Lemay a toujours travaillé pour faire avancer la cause de ce sport et, par extension, du Tour de l’Abitibi. Il est associé au Tour depuis la toute première année, à titre d’athlète, et ne s’en est jamais séparé. »
Plus tôt en journée, une centaine d’anciens participants, dont Gérald Rocheleau, le tout premier vainqueur du Tour de l’Abitibi en 1969, se sont retrouvés pour participer au Tour des Légendes, un critérium d’une distance de 1,5 km au centre-ville de Val-d’Or.
«Pour nous, il s’agit de l’élément rassembleur de cette 50e édition, a affirmé Mme Fortin. Nous avons été emballés de voir à quel point nos anciens participants ont répondu avec enthousiasme à notre invitation. Ces participants de la première heure ont contribué à donner vie au Tour et nous devions les en remercier. »
Pierre Harvey
Après une 18e place à sa première participation au Tour en 1974, à Rouyn-Noranda, cet homme originaire de Rimouski a fait fi d’une crevaison au 24e km de la quatrième étape entre les villes de Noranda et de La Sarre pour rejoindre le peloton principal, remporter la course et s’emparer du maillot brun. Il le conservera jusqu’à la fin. L’année suivante, à l’âge de 19 ans, il participe à ses premiers Jeux olympiques, à Montréal.
«Ça arrive à un moment où tu as 16, 17, 18 ans et qui est déterminant dans la carrière d’un athlète. C’est là que tu vois si tu as le potentiel de continuer. Tu es habitué de courir dans ta région, ensuite au Québec, et là, tu as des coureurs qui arrivent de l’extérieur du Québec. Le niveau de compétition augmente et souvent, c’est le plus haut niveau de compétition que tu as connu dans ta vie. C’est sûr que ce sont des souvenirs importants. »
«Ça m’impressionne que cet événement ait duré aussi longtemps et que les gens aient continué à y croire, à le développer, à le maintenir en vie. Je sais tout ce que ça nécessite de courir les commanditaires. Ça prend des gens qui ont le feu sacré. C’est souvent en région qu’on les rencontre. Toute la population se regroupe autour d’un événement et ça devient leur fierté. »
Éric Van den Eynde
Natif de la Belgique, Éric Van den Eynde a vécu trois époques différentes du Tour de l’Abitibi, à commencer par ses débuts en tant qu’athlète au début des années 70. Son talent et sa ténacité lui ont valu de passer à l’histoire en 1972 alors qu’il est devenu le premier cycliste à terminer l’épreuve avec le maillot brun lors de deux années consécutives. Seulement deux autres cyclistes ont réussi l’exploit depuis. De retour dans le nord-ouest québécois au milieu des années 80 à la tête de l’équipe du Québec, Éric Van den Eynde s’est de nouveau mis en évidence en étant élu directeur sportif par excellence du Tour en 1985, 1986 et 1994.
«Une telle récompense est toujours intéressante parce qu’à un certain moment de ta vie, tu as affiché de l’intensité et on reconnaît que dans cette période-là, tu as fait quelque chose qui, pour plusieurs personnes, semble extraordinaire. C’est flatteur après autant d’années. »
«Sans les administrateurs, il n’y a pas de Tour. Si tu suis une chaîne logique, ce sont ces gens qui sont les plus importants. Je n’aurais jamais gagné le Tour, si Léandre Normand n’avait pas créé le Tour. Je trouve que ça commence là, avec les administrateurs. »
Léandre Normand
Tombé en amour avec le cyclisme au milieu des années 60, Léandre Normand est parvenu, grâce à son acharnement et son dévouement, à transmettre cette passion à toute une région. Il a fondé le Tour de l’Abitibi en 1969 et il en a été l’organisateur pendant les dix premières années. Bien qu’il se soit éloigné physiquement de sa région natale, son coeur n’a jamais quitté l’Abitibi-Témiscamingue ni le Tour. Son amour du Tour est perceptible dans «La route des champions », un livre de 421 pages dont il est le coauteur et qui relate dans les moindres détails l’histoire de la course.
«C’est sûr que c’est quelque chose d’émouvant que d’être considéré pour le Temple de la renommée. Même si les gens te surnomment le Père du Tour, te félicitent, te disent bravo, te remercient, le fait que ce soit reconnu officiellement me touche beaucoup.»
«Il y a tellement eu d’événements qui sont venus au monde prometteurs mais qui n’ont pas duré, parce qu’il n’y a pas eu de relève, parce que les gens en place n’ont pas pu continuer pour des circonstances hors de leur contrôle. C’est tout un exploit que 50 ans après, le Tour existe toujours. C’est grâce à la passion des gens qui ont porté le flambeau et qui ont poursuivi l’oeuvre, malgré les difficultés. »
Claude Pagé
Homme de défis reconnu pour être un fonceur n’ayant pas froid aux yeux, Claude Pagé a perpétué l’oeuvre de Léandre Normand pendant 26 ans à la direction générale du Tour de l’Abitibi, entre 1979 et 2004. Originaire de Baie-Saint-Paul mais Abitibien de coeur à tout jamais, il a contribué à faire du Tour une épreuve d’envergure internationale et mis sur pied plusieurs initiatives, la plus spectaculaire étant sans aucun doute le départ sous terre en 2001.
«Le fait d’être intronisé au Temple de la renommée du Tour représente une reconnaissance, surtout qu’elle vient de mes compatriotes. Quand des étrangers te disent que tu es beau, c’est agréable, c’est gratifiant. Mais quand tes compatriotes te disent ‘on est bien content de ce que tu as fait’, c’est un plus bel honneur encore. »
«Le Tour de l’Abitibi, ç’a été les plus belles années de ma vie. De contribuer au développement du Tour, à son internationalisation, m’a donné un grand degré de satisfaction. Quand je me promenais près de la ligne d’arrivée, ça me faisait plaisir d’entendre les gens dire qu’ils étaient fiers de voir des Russes chez nous, des Hollandais chez nous. Ça voulait dire qu’on avait fait quelque chose de spécial.
Marc Lemay
Quelques années avant la création du Tour de l’Abitibi, Marc Lemay était déjà un adepte du cyclisme dans sa ville natale d’Amos. Le Tour lui a permis d’assouvir cette passion pendant trois ans à titre d’athlète, entre 1969 et 1971. Son attachement au Tour est indéniable et ne s’est jamais estompé, que ce soit à titre de directeur technique, d’administrateur, d’animateur sur scène et d’analyste. Son amour du cyclisme et son énergie contagieuse lui ont permis d’occuper quelques-uns des postes les plus prestigieux sur les scènes canadienne et internationale du cyclisme.
«C’est grâce au Tour de l’Abitibi si j’ai gravi l’escalier pour me rendre jusqu’au niveau international du sport cycliste. Si je n’avais pas eu le Tour de l’Abitibi comme carte de visite, pour parler au monde, pour me présenter, je suis certain que ma carrière, tant comme administrateur à la Fédération québécoise, à l’Association cycliste canadienne, à l’Union cycliste internationale, aurait été différente. »
«Le Tour de l’Abitibi est une carte de visite extraordinaire. Aucun événement en Abitibi ne reçoit une couverture nationale comme le Tour. C’est la meilleure forme de publicité qui soit pour la région. »
Page mise en ligne par

Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive
| nouvelles | achat & entretien | rouler au Québec | hors Québec | sécurité | course | cyclos | montagne | industrie | quoi d´autre ? |
