Thessalon - Espanola, 160 km

Michel Lebel

14 août 2018

À ma grande surprise nous roulerons encore sur la 17 toute la journée. Initialement je pensais que de Sault Ste. Marie on laissait la 17 pour prendre le chapelet d'îles qui nous amenait au traversier mais en grossissant Google Maps on voit que 2 des îles du chapelet ne sont pas reliées. Donc, ce qu'on a vécu hier au km 80 de 100, on va le revivre toute la journée. Après on prendra la 6, et plus jamais de 17, pour le restant de ma vie !

Je roule à nouveau avec Juliette, "la comète", ce matin je peine derrière elle dans les premiers 20 km, j'étais pourtant en feu qu'elle disait dans le 100 milles qu'on a fait ensemble auparavant. À nouveau, à la faveur des côtes, je me sens mieux et on roule avec François et Anne, deux cyclistes rapides. Et au km 50 je commence à être dans mon élément.


photo : Michel Lebel

En plus il y a de la construction. Et là il est arrivé un événement regrettable, sans graves conséquences. À un chantier de construction tout le monde est arrêté par le signaleur et, à un moment donné, le signaleur nous dit d'y aller, il tourne sa pancarte de stop à slow. Il nous dit de partir avec les véhicules, ce que je ne fais pas habituellement, mais nous sommes quatre, donc je suis le groupe, et les véhicules nous dépassent lentement mais là, un camion avec une espèce de barre de métal, un monstre roulant à 10 km/hre accroche François avec sa barre arrière.


photo : Michel Lebel

François est tombé, j'ai tout vu. Mais rien de grave, des ecchymoses et des éraflures. Le camion s'est arrêté et quand des événements comme ça surviennent l'adrénaline se manifeste. Je suis allé au devant, j'ai pris des photos du chauffeur, de la plaque d'immatriculation et j'ai tenté de rejoindre Pierre, le guide, qui ne répondait pas.

Le cadre du vélo de François semblait fini, son guidon est coupé en 2, un vélo de plus de 10 000$. Un responsable de la compagnie est arrivé et je lui ai dit (ce n'était pas vrai) que notre guide recommandait de faire un rapport de police. Alors ils ont collaboré, ont fait venir les premiers soins, puis une ambulance. Je suis resté avec Francçois tout au long car il n'est pas à l'aise en anglais. J'ai senti que le responsable voulait régler à l'amiable car je m'imagine que le chauffeur, qui semblait débutant, pourrait perdre son permis et la l'entreprise être réprimandée. Regardez-moi ce camion. Le chauffeur était en léger état de choc, il a pris François dans ses bras.

Je suis à l'aise de vous rapporter ça car, comme je vous raconte toujours mon voyage avec un jour de délai, je peux vous dire que François s'en est remis et le mécano a trouvé un guidon de remplacement. Ils ont réparé le cadre avec du duck tape. Ça je ne le croyais pas que ça puisse tenir. Restera le règlement des indemnités.

Tout ça pour réaffirmer que la route 17 devrait être interdite au vélo, et le Canada ne pas pouvoir être traversé en vélo, point final. Il faut soit passer par les USA, ce qui est éminemment plus sécuritaire (j'ai fait le Wisconsin et le Michigan en 2011 et François, notre cuisinier, qui l'a fait aussi, me confirme) ou bien par le nord (j'ai peu de détails autre qu'on entre au Québec par Rouyn Noranda, mais probablement qu'il n'y a pas d'hébergement autre que des campings.

Message à mon ami Justin : comment se fait-il qu'un pays avancé comme la Canada, qui a des ressources pétrolières illimitées, n'est pas capable d'avoir une autoroute qui traverse le Canada, au lieu d'avoir des routes minuscules où doit passer tout le transport interprovincial ?

Fort des ces émotions, Martin et Nathalie ont roulé avec moi les 50 km suivants. Puis les 50 derniers km j'ai roulé seul, à fond, remarquant que la route que nous empruntons est une véloroute, la Great Trail.


photo : Michel Lebel

Eh bien la voici la véloroute Great Trail, où circule tout le transport interprovincial entre le Québec, l'Ontario et l'ouest. Il faut être inconscient pour afficher ça.


photo : Michel Lebel

J'arrive ensuite à Espanola où nous sommes accueillis par le traditionnel restaurant chinois (pour les west-canadians) et par un chic club de golf. Selon mes recherches, Espanola n'a rien d'espagnol, elle marque seulement la fin de notre épopée sur la 17. Je crois même avoir vu des Tshirts affichant fièrement J'ai survécu à la 17.


Page mise en ligne par

Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive
également susceptible de vous intéresser :

nouvelles achat & entretien rouler au Québec hors Québec sécurité course cyclos montagne industrie quoi d´autre ?

veloptimum.net

.

.

.