Moose Jaw, Al Capone et le pâté chinois le 21 juillet

Michel Lebel

22 juillet 2018

Journée de ménage et de visite. D'abord j'ai besoin d'une couturière pour réparer 3 maillots. Vous direz que je devrais savoir coudre, oui j'ai apporté tout le nécessaire, mais non, je sais pas, c'est Micheline qui fait ça à la maison. Comme on est samedi c'était fermé et c'est donc Denise, du groupe, qui en réparera un (le plus compliqué) et la secrétaire de l'hôtel les 2 autres.

Puis du travail pour Novinsoft et la lessive. Pour les visites, on nous dit d'aller voir «Tunnels», à 2 km, l'attraction en ville. Aucune idée ce que c'est mais j'y vais. C'est relié à Al Capone et aux chinois. Il y a 2 mini-pièces de théâtre où on nous fait passer par des souterrains. C'est quand-même historique. On n'avait pas le droit de prendre des photos ni de filmer donc je vais devoir vous raconter une histoire pas très édifiante pour le Canada.

1. Al Capone
Al Capone, comme vous devez le savoir, pratiquait la prohibition de l'alcool et les lois étaient très corsées à Chicago. Comme le blé est omniprésent en Saskatchewan, il s'est accaparé la matière première ici au su de tous en achetant les juges, la police et les politiciens. Il pouvait donc passer son alcool frelaté du Canada aux USA par la ligne de chemin de fer passant à MooseJaw. Mais comme les mafieux sont toujours en danger, il avait fait construire un réseau de tunnels et d'échappatoires dans le sous-sol de la ville.

2. Le pâté chinois
La 2e mini pièce de théâtre sur les chinois est moins captivante mais bien plus porteuse d'histoire. Saviez-vous que ce sont des chinois qui ont construit le chemin de fer dans les Rocheuses dans des conditions extrêmement périlleuses. Vers 1875 des chinois étaient recrutés en Chine pour offrir une vie meilleure à leur famille et, comme pour les migrants actuels en Syrie, ils payaient tout ce qu'ils avaient pour pouvoir faire le voyage (en fait ils contractaient une dette à rembourser par le travail ici). Puis une fois arrivés ici, le Canada a inventé une head tax (taxe sur la tête). Le chinois avait 10 ans pour payer. Plusieurs y ont laissé leur vie à manipuler des explosifs.

Une fois le chemin de fer terminé, ils se sont trouvé des emplois dans des villes comme MooseJaw, mais comme les Canadiens étaient racistes il fallait les cacher. Donc ils ont travaillé dans des laveries installées dans les sous-sols de la ville, dans des conditions misérables. Le patron, en plus de prélever la head tax, prélevait un loyer car il fournissait le lit et la nourriture et on ne sait pas si l'argent envoyé à la famille en Chine s'y rendait vraiment.


photo : Michel Lebel

Comme il y avait bien du blé et des vaches ça ne coûtait pas cher de nourrir les chinois avec de la viande hachée, des patates et du maïs. Voilà donc l'origine de pâté chinois, sur fond d'exploitation éhontée dans une racisme ambiant. Il y a quelques années le gouvernement fédéral s'est excusé officiellement à la population chinoise pour ce traitement. Avec tous les chinois qu'on a dans l'ouest, ça a dû permettre de faire le plein de votes.

Donc visite édifiante. Le jour où vous passerez en Saskatchewan ne manquez donc pas les lacs salés de Chaplin et les tunnels de MooseJaw.


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