« Avant de former d’autres mécanos de vélo
payez donc comme du monde la main d’œuvre déjà qualifiée »

Note du webmestre :
l'article de LaPresse de ce matin La CSDM veut former plus de mécaniciens de vélo, a suscité plusieurs réactions sur facebook ce 9 août. Morceaux choisis.

« Je suis d'accord, mais avant de former, payez donc comme du monde la main d’œuvre qui est déjà qualifiée. Ça donne quoi de former à hauteur 600 heures pour faire le salaire minimum, pis qu'après 10 ans de métier tu sois même pas à 20$/h ? (Ceux qui forment les plus jeunes, ça se paie aussi, tsé)
CSDM, chus là si vous voulez des conseils!
Belle entrevue avec mon ancien collègue Sacha, le mécano ambulant. »

Vincent C.

« Je suis en partie d'accord avec toi! Mais y a le côté valorisation qui peut influencer et les salaires sont rendus plus élevés que le salaire minimum, selon moi... J'entends partout qu'il manque de mécanos! Par contre 600 heures c'est pas assez... Jamais assez pour avoir un mécano autonome! Par contre, je trouve positif que les gens en parlent.
C'est plate à dire, mais La Cordée est dans les moyennes de salaires et je connais aussi plusieurs personnes qui y travaillent et me disent que leurs conditions sont bonnes! (Quand tu décides d'être mécano de bike, tu ne le fais pas pour la salaire. J'ai moi-même été dans la même boutique pendant 8 ans quand j'étais jeune et quand j'ai été rendu au CÉGEP j'ai compris que le salaire n'était pas élevé, j'ai donc choisi autre chose... mais je fais encore la mécanique aux courses car j'aime ça...) »

Jonathan B.

« Un des problèmes est justement cette phrase «.... tu ne le fais pas pour la salaire ». Pourquoi est-ce que d’aimer son travail ne peut pas inclure un salaire adéquat et viable !!! Pourquoi dans le milieu sportif et cycliste, on se fait souvent dire : ben quoi tu fais cela parce que tu aimes ça, donc ils s'attendent soit à ne pas payer ou à peu payer pour les services... Après 25 ans d'expertise, bien sûr j'fais cela bénévolement pour des gens qui gagnent 10 x plus que moi annuellement... »

Benoit

« Ça fait au moins 2-3 ans que je dis qu'il va y avoir un problème de main d'œuvre dans les boutiques... mais vous savez sûrement que les affaires ne sont pas super bonnes... Comment veux-tu donner un salaire de 20$/hr quand le proprio de la boutique ne gagne même pas ça. Avec la vente en ligne ça n'aide pas vraiment. Moi je n'irais pas travailler chez Costco (ou une autre job que j'aime pas et que je le fais juste pour le salaire) pour 2-3$ de plus que mécano dans une boutique... chacun sa façon de voir! »

Jonathan B.

« Le proprio ne fait même pas ça parce qu'il ne charge pas aux clients. Moi ça fait 10 ans que je le dis. Les vendeurs donnent des tune up gratuits. Comment veux-tu justifier ton salaire quand tu ne fais pas rapporter d'argent? J'ai déjà monté/démonté le même bike 3 fois dans la même journée. Je n'ai pas fait de tune up pendant ce temps, aucun entrée d'argent pour le shop. Le problème est structurel et les shop marchent toutes de la même façon: pour attirer les clients on donne la main d'oeuvre. »

Vincent C.

« Toutes entreprises éprouvent leur lot de difficultés. C'est facile de diriger la faute vers «la vente en ligne» et le salaire du proprio. La vente en ligne répond à un besoin, à l'évolution du marché et de la technologie. Le proprio/boutique aura à décider de son approche du marché. Une boutique qui se dit cycliste devrait mettre l'emphase sur la qualité de l'expertise et service offert. Et pour ce faire il faut avoir les employés adéquats, car ceux-ci participent à établir la renommée de l'entreprise. Et cela implique la considération salariale et sécurité d'emploi. Mais si pour la boutique l'objectif est de se concentrer sur la vente de matériel et de la guenille (car c'est payant) en quoi cela devient un + d'y aller, comparativement à la vente en ligne ou dans un magasin de grande surface.
LE fameux salaire du proprio, je l'entends depuis tellement longtemps cette fameuse excuse. Le proprio de toute entreprise, s'il décide d'avoir des employés, ceux-ci deviennent prioritaires sur tout, incluant le salaire du proprio. Sinon, le proprio peut en décider autrement et opter pour un petit local et n'avoir aucun employé. C'est un choix, une décision du proprio. Les employés ne peuvent en faire les frais. Surtout que le proprio ne base pas son salaire sur une base horaire, mais sur ses revenus annuels. Le proprio peut liquider son inventaire si besoin de liquidité, l'employé n'a pas d'options. Comme Vincent C. le mentionne, il y a souvent un problème de gestion et j'ajouterais à cela un méga problème d'inventaire (de cash qui dort sur le plancher). Et je suis littéralement tanné d'entendre les fameuses excuses qu'une boutique vélo n'est pas rentable. Quand ont connaît les marges de profit, la problématique ne vient pas de la.... »

Benoit

« Jonathan alors, tu te pars une boutique quand ? Demain matin je me pars une boutique et ça va fonctionner! Pourquoi je ne le fais pas ? Parce que si t'es seul, comme tu dis, tu dois faire toutes les heures (tu te rappelles de ton argument de donner du service!) donc, je vais faire des semaines de 60-70 heures pour un salaire correct, et je n'aurais pu le temps de faire le sport que j'aime parce que je vais passer tout mon temps dans ma boutique.
J'ai travaillé pendant plusieurs années dans une boutique, je sais comment ça se passe, et j'ai aussi déjà été proprio d'une compagnie dans un autre domaine et je payais mes employés plus cher que je gagnais car j'avais un autre emploi et je voulais avoir des employés super compétents pour donner le meilleur service possible (c'était une entreprise de service). Enfin, je pense connaître un peu ça. C'est complexe et je m'arrête ici, car on ne réglera pas ça aujourd'hui et sûrement pas sur facebook! »

Jonathan B.

« Jonathan, comme on disait, c'est un choix. Ce choix ne devient pas une justification en soi pour comment cela se passe ou devrait se dérouler. Les 60 - 70 heures demeurent la réalité de nous tous qui sommes une petite entreprise de service de travailleur autonome. On ne se plaint pas, car on le fait par choix, ou, car incontournable, et parce que l'on aime ça, mais pas pour offrir notre expertise pour des miettes. »

Benoit

« Et puis il y a les ateliers communautaires qui déprécient le travail et l'expertise des mécanos où ils disent que la mécanique est accessible à tous et que du jour au lendemain tu peux faire ta propre mécanique gratuitement dans un atelier. Ça, personne dans l'industrie va dire que ça n'a pas d'allure.
Entre 600 heures de formation pis un gars qui te montreà wrencher ton bicycle dans un ti atelier tout croche...
Anyway, j'sais pas pourquoi je m'en fais autant aujourd'hui, ça m'interpelle, certes, mais il y a pu personne qui voudra engager la grande gueule à Vincent et surtout venir à sa shop ! »

Vincent C.

« La CSDM n'a aucun contrôle sur le salaire offert par les employeurs. Je pense qu'une formation scolaire officielle est une excellente idée puisque ça aiderait beaucoup à valoriser la profession et permettrait aux mécanos de mettre une certaine pression sur leurs employeurs pour avoir un meilleur salaire. Ça permettrait probablement aussi à la communauté des mécanos de se parler d'avantage et de commencer à établir des balises sur le salaire acceptable.
Si les employeurs ne paient pas mieux, c'est parce qu'ils sont capables d'avoir le staff qu'ils veulent au prix qu'ils veulent. »

Geneviève F.

« Plus ou moins Geneviève : la CSDM peut faire des pressions et des représentations pour qu'il ait décret dans l'industrie, ça s'est déjà vu dans d'autres domaines. Si on attend que l'industrie s'auto-régule de bonne foi, on va attendre longtemps... »

Vincent C.


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