Jour 70, 8 avril : Sarapiqui - Siquirres

Michel Lebel

Nous sommes dans le centre du Costa Rica et nous nous dirigeons vers la mer des Caraïbes (côté Atlantique). Hier nous avions une intense circulation avec des montées. Dans ce genre de circonstances, le peloton s'étire et tout le monde se retrouve éventuellement seul. Or quand un camion voit 5 cyclistes à 100 mètres d'intervalle, il ne peut les dépasser un par un, donc il les frôle tous. Nous avons une auto de police mais elle ne peut pas être devant un peloton car il n'y en a plus.

J'en ai donc parlé à Roland et j'ai suggéré l'approche des auto-suiveuses et du capitaine de route. Il connaît évidemment le processus, qui apparemment est utilisé pour les audax français. Cependant, comme nous n'avons pas un groupe facile à gérer (Michel Cabart m'en a parlé), il entrevoit des chicanes à scinder le contingent en 3 groupes de vitesse. Je le comprends, car c'est difficile même pour le club de Sainte-Julie.

Je suis un peu déçu de la réponse, car pour moi la sécurité prime avant tout. Donc, le lendemain matin, je décide, contrairement à ce que je fais d'habitude, de partir avec 1er groupe, derrière le camion. Nous sommes 12. Après 10 kms la pluie débute et 6 arrêtent pour se changer. Et la pluie cesse. On se retrouve donc 6 derrière la camion, bien abrités. Au premier regroupement la colère gronde, et selon moi avec raison. C'est bien trop dangereux.


Mon petit groupe, le matin, protégé par le camion (je suis en dessous du casque, au bas de la photo)
photo transmise par Michel Lebel

Roland et Michel décident donc de faire 2 groupes (et non 3) avec des autos-suiveuses et divisent le groupe en deux. Le premier qui ira plus lentement pour s'adapter à 20 personnes, et le 2e qui ira à la vitesse du plus lent. Ça fonctionne. Pendant on bon moment on n'a pas d'autos ni de camions derrière, car ils sont tous pris derrière le 2e groupe, et la circulation de l'autre côté est constante, mais à un moment donné le refoulement de véhicules nous rejoint. Il y a même eu une auto qui a dépassé notre groupe et, voyant venir un camion dans sa direction, s'est rabattue du côté des cyclistes mais sans dommages. Nous sommes arrivés sains et saufs à l'université, là où on devait manger, presqu'à destination.

Michel Cabart nous dit que l'an passé ils avaient un contingent plus important de policiers qui encadrait la circulation. En plus, c'est la semaine sainte, donc plus de circulation et là où on dirige (le port de Leon) c'est le point où le transport passe en Europe et en Amérique du Sud. Si vous demandez sur Google la route de Mexico à Rio au Brésil, vous n'obtiendrez pas de résultat car il n'y a pas de route, il faut prendre le bateau, soit à Leon sur l'Atlantique ou dans une autre ville sur le Pacifique. Donc imaginez l'achalandage. Je ne comprends pas pourquoi on roule sur une route aussi passante.

À l'université, changement de décor. 6 kms pour aller sur le campus, dans une allée de fleurs et d'arbres. C'est l'université dédiée à l'agriculture du pays. Nous avons 2 guides, Mauer et Daniel, qui nous ont organisé quelque chose de très bien. Le repas du midi d'abord, et ensuite une danse de jeunes étudiantes représentatives de plusieurs pays, le Costa Rica en bleu-blanc-rouge, l'Équateur et le Rwanda. Très très bien. Par la suite nous avons jasé avec les étudiantes, dont une jeune fille de 23 ans du Rwanda prénommée Débota qui fait des études en agriculture au Costa Rica et veut amasser du capital et aller contribuer dans son pays. Je n'ai pas posé la question du génocide, un autre l'a fait à ma place, mais elle est née la veille du génocide, y a survécue, mais a perdu toute sa famille immédiate. Une belle personne, dans tous les sens du mot.


En compagnie de Débota
photo transmise par Michel Lebel

C'est son copain qui nous fait la suite de la visite, dans un endroit où on produit de lait de façon biologique, puis un endroit où on a créé une chaîne alimentaire où les cochonneries des poissons sont transformées en nourriture pour poissons avec l'aide de bactéries. Moment fort de la journée cette visite.

Nous repartons ensuite de plus belle pour se rendre à l'hôtel avec la même nouvelle formation. Visite en ville (rien de spécial - ville de passage pour camions), apéro-maison organisé par Jean-Marie (vodka, avec sucre et citron), souper, jasette de groupe et rédaction de mon compte-rendu quotidien. Puis je vais acheter mon billet d'avion de retour.

Nous apprenons qu'après demain nous aurons deux jours de repos, un pour la plongée en apnée, et un pour la visite d'un village reculé spécial, un vestige de l'histoire du Costa Rica, j'ai cru comprendre.

Distance parcourue : 95 km / Cumulé : 4804 km
Dénivelé positif : 530 m / Cumulé : 43 260 m


Note du webmestre :
. à lire également : Les amis de la terre, par Benoît Sauphanor et Carlo Ferrari
. la page facebook Mexique - Amérique Centrale à vélo 2017 de la Fédération française de cyclotourisme.

. Tous les récits de Michel sur sa traversée de l’Amérique Centrale en 93 jours de vélo


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