Jour 86, 24 avril : Panama City - Panama City

Michel Lebel

Réveil à 5h15, ce qui sera le cas pour une couple de jours encore, le temps que l'horloge interne se stabilise. En passant, c'était devenu naturel, alors que je ne suis pas un lève-tôt. Après une douche, j'étais fin prêt pour la journée. Organisation de mes bagages. J'ai repris ma valise (que je devais jeter, mais qui facilitait le déplacement de mon sac vert au départ). Je vois que tous le souvenirs remplissent tout juste la dite valise. Je vais devoir consulter la charte des excès de bagages.

Départ à 9h00, après l'excellent petit-déj. de l'hôtel continental où nous logeons pour la visite du vieux Panama, de l'artisanat et du fameux canal. Il s'avère qu'Eduardo, notre guide, est très politisé et exprime ses opinions ouvertement, donc à ne pas prendre pour du cash, mais ça met de la couleur dans notre visite. Départ en autobus de luxe climatisé, tour de ville commenté. La nouvelle ville ressemble à une ville moderne typiquement américaine. On nous laisse dans le vieux Panama avec instructions de se retrouver à l'édifice MAYOR pour midi, si on se perd. p> Le vieux Panama est jumelé avec l'arrivée des espagnols. En 1501 les espagnols firent instituer la religion catholique en clamant que Dieu existait vraiment et firent dessiner un Christ plus brun sur la croix. Si tu ne te déclarais pas fervent de la religion catholique il y avait des risques que tu deviennes un esclave. Ç'a marché et des églises espagnoles furent construites. Par la suite, comme partout ailleurs, il y a eu des invasions. L'une d'elles, particulièrement brutale, par le capitaine Morgan qui brûlait tout sur son passage. Celle-ci fit de lui un personnage important qui devint par la suite un grand chef gouvernemental en Jamaïque et donna le nom à la boisson du Capitaine Morgan. C'est donc dire que les noms de la toponymie mondiale ne sont pas toujours des gens bien.

J'ai profité de la visite pour acheter 4 chapeaux Panama dans une boutique d'artisanat, des chapeaux typiques de la région. Par la suite notre petit groupe d'acheteurs de chapeaux s'est perdu et nous avons décidé de retourner joindre le groupe au MAYOR en demandant à des policiers comment s'y rendre. Les policiers nous ont indiqué que ce n'est pas un restaurant. Rendus sur place, Pédro et moi sommes entrés et la tenancière m'a pris par le bras pour m'indiquer de sa main le haut de mon bermuda, pour m'apercevoir que nous étions dans un authentique bordel, et connu en plus. Je suis sorti rapidement mais ce fut la joke du moment et on m'a demandé par la suite comment elle était. Le reste du groupe est finalement arrivé après nous, alors que nous pensions qu'ils étaient arrivés avant.

Après un excellent lunch, visite du fameux canal.

La canal a été commencé par la France, représentant un défi colossal. De un, la roche à creuser fut plus dure que prévu, il fallut carrément couper des montagnes côté Pacifique. En plus, l'éventrement de la forêt a permis à des larves d'insectes de se disséminer et de causer la mort de milliers de travailleurs, ce qui fit que la main d'oeuvre provenant de la Guadeloupe et de la Martinique déserta, le tout associé à d'énormes problèmes technologiques.

L'ingénieur du projet, Gustave Eiffel, abandonna le projet et, avec les fonds restants, alla terminer sa tour Eiffel à Paris. C'est vraiment ce que le guide nous a dit. À vérifier avec le DVD que j'ai acheté.


photo transmise par Michel Lebel

Les USA ont repris le projet en recherchant d'abord la cause des décès, identifièrent le gêne et firent de la fumigation. Ils identifièrent que le projet du canal du Panama était une meilleure solution que celui du Nicaragua (voir chroniques précédentes) car le Panama est exempt de secousses sismiques. À ce moment-là le Panama et la Colombie constituaient un même pays, mais dont les panaméens voulaient se séparer. La Colombie s'objecta à ce projet de canal et alors les USA déclarèrent Panama un nouveau pays, et s'objecta à compenser la Colombie qui voulait financer sa guerre civile. Les USA créèrent alors une zone franche. Un gouvernement pro-USA installa une forme de dictat. En 1969, des étudiants (toujours eux) décidèrent de défier la zone franche militaire américaine et y réussirent, et finalement plusieurs années plus tard le gouvernement de Jimmy Carter décida de remettre le canal dans les mains du Panama.


photo transmise par Michel Lebel

Ce canal génère des revenus de 5 à 7 millions par jour. En 2016 il a été élargi pour accommoder les bateaux de plus en plus gros. Ce projet, aussi rocambolesque que le premier, réalisé par une firme espagnole, fut selon notre guide source de corruption épouvantable. Selon notre guide, cette corruption fut à l'origine du dévoilement (par vengeance) des fameux Panama Papers. Tout un feuilleton.

Les plus grands utilisateurs sont les USA et la Chine, suivis du Chili et du Japon. Un passage coûte environ 1 million pour un très gros paquebot et autour de 20 000$ pour une petit bateau de croisière. 54% du passages sont des containers, le reste des céréaliers.

Selon notre guide, la Panama n'est pas un paradis fiscal et ne connaît pas d'inflation, ni de récession. Lorsque ça va mal dans le monde, ils accueillent les capitaux étrangers en facilitant les visas.

Fin du feuilleton.


remise des diplômes
photo transmise par Michel Lebel

Au retour, douche rapide et nous allons à l'Alliance Française pour un cocktail dînatoire où l'ambassadeur de France est présent, 3 représentants d'Oaxaca, la ville de départ de notre aventure, et le vice-maire de Panama. On nous confirme, et ce n'est pas rien, que notre voyage a fait naître un jumelage entre la ville d'Oaxaca et la ville de Panama et les deux villes entendent créer des pistes cyclables et infrastructures vélo pour décongestionner les deux villes, aider les gens à maintenir un meilleure santé, etc...

Comme impact du MAC c'est spectaculaire, et je crois que Michel Cabart en est très très fier.


Note du webmestre :
. la page facebook Mexique - Amérique Centrale à vélo 2017 de la Fédération française de cyclotourisme.

. Tous les récits de Michel sur sa traversée de l’Amérique Centrale en 93 jours de vélo


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