Jour 49, 18 mars : San Salvador - San Salvador

Michel Lebel

Encore beaucoup de choses à vous raconter. Notre groupe fait la première page du journal en raison de notre passage à San Salvador.


photo : Michel Lebel

Aujourd'hui nous montons au volcan soit en autobus ou en vélo. En vélo c'est 1000 mètres, mais concentré sur 12 kms. Plein de rouge et de rouge foncé sur la charte, donc c'est toujours au-dessus de 10%. Avec mon allant d'hier, je décide de le faire à vélo, avec 21 autres.

Sauf que le matin je constate que tout le monde a déchargé son vélo. Je me dis que les vélos sont si lourds que ça ne changera pas grand chose. J'y vais quand-même mollo, monter un col c'est assez personnel. On croise des cyclistes salvadoriens qui descendent, un peu comme dans le Ventoux. J'y mets 1h15, avec des passages à 6 km/h, et sur le petit plateau, surtout dans la dernière section. Quand il pleut ça doit être une rivière. En haut, un super accueil par ceux déjà arrivés et ceux en autobus. J'arrive autour du 8e sur les 20 qui ont montés.

En 1917 le volcan est entré en éruption et la montée qu'on a fait hier, de Zonté, est essentiellement une montée sur de la lave.

On redescend pour aller manger en ville et nous retournons à l'hôtel. Nous avons 15 minutes pour la douche, car je veux faire la visite de la ville organisée par Rémi. Le hic du statut VIP c'est qu'on ne peut parler à personne. Je vous laisse juger. Nous sommes allés en autobus, précédés d'une auto de police. Une fois arrivés, 4 agents (dont une policière) nous accompagnaient à pied. Nous avons traversé un marché, comme on en a déjà traversé plusieurs, mais sans parler à personne. En fait ce sont les gens qui nous regardaient. Quand je suis entré dans une pharmacie pour aller acheter des pastilles et quelqu'un d'autre une glace, Rémi a presque paniqué.


photo : Michel Lebel

Dans cette vieille ville il y a des favellas et un minimum d'un meurtre par jour. Les marchés offraient des fruits, poissons, etc... comme partout ailleurs, et ne paraissent pas dangereux du tout. Jean-Marie, qui parle très bien espagnol, a même pris un bain de foule. Si le pays veut montrer qu'on peut faire du tourisme à San Salvador (que j'ai trouvé même plus moderne que les villes du Mexique et du Guatemala, toutes des voitures récentes), alors est-ce que c'est mieux de s'assurer que rien n'arrive en mettant des policiers partout, ce qui donne l'impression que c'est hyper-dangereux, ou bien de prendre le risque qu'il arrive quelque chose, mais en montrant des européens se baladant dans une belle ville, comme on l'a fait ailleurs ?


C’est dans cette église où la guerre civile a commencé car les étudiants s’y étaient enfermés
photo : Michel Lebel

La visite de la vieille ville nous a appris qu'en 1979 il y a eu une guerre civile. À ce moment-là Ronald Reagan était au pouvoir aux USA et, selon Rémi, un gouvernement dictateur soutenu par les USA dominait. À un moment donné, le gouvernement a ordonné, dans un village de 1000 habitants, une déportation ou plutôt un génocide. Un pasteur nommé Roméro a décidé de faire la grève des choses officielles, et ultimement d'encourager les gens à se rebeller et il a été assassiné en pleine chaire. Ce fut suivi par une révolte des étudiants, du style Tienanmen, ce qui a déclenché une guerre civile. En 1982, après 3 ans de guerre civile, les rebelles se sont installés au pouvoir et la France a été le premier pays à reconnaître les rebelles. Depuis la France jouit d'un statut privilégié. On a donc visité quelques églises, dont une avec la photo de Roméro qui, selon Rémi, est à lui seul plus grand que l'Église catholique ici. On a visité le théâtre national, qui avait à l'affiche une pièce en espagnol à laquelle je serai bien allé, mais avec l'armée qui nous suit, oubliez ça.

Cette ville est à 800 mètres de dénivelé, donc jouit d'un climat pas trop chaud, à 35 kms de magnifiques plages. Une situation idéale, selon l'ambassadeur. Le nouveau centre-ville est tout neuf et les autorités travaillent fort. San Salvador c'est 40% de la population du pays.

Nous sommes logés dans le centre de sport du pays, une sorte de Centre Claude-Robillard, avec plein d'événements internationaux. Il y avait aujourd'hui une finale de tennis ITF pour les juniors. Je suis allé à la piscine olympique (de la taille de celle du village olympique de Montréal) voir les athlètes. Je ne me suis pas allé nager, quoique j'ai pu entrer sans difficulté. Il y avait un événement de la fédération internationale de tir à l'arc et du basketball. Où nous logeons, les basketteuses sont facilement reconnaissables, elles on toutes au moins 6 pieds. Tous les athlètes ici sont jeunes, pas comme nous, et déconnent un peu dans les couloirs. Des gens d'Afrique du sud, des américains, des gars qui sont des armoires à glace, je ne sais pas ce qu'ils font, judo ou lutte je crois.

Une belle impression de cette ville, avec un étrange goût d'y revenir.

Demain nous redescendrons vers la bord de la mer.

L'accès Internet était excellent ici mais vous n'aurez plus de roman les prochains jours.

Distance parcourue : 32 km / Cumulé : 3535 km
Dénivelé positif : 1070 m / Cumulé : 33 990 m


Note du webmestre :
. à lire également : La montagne du Quetzal, par Benoît Sauphanor et Carlo Ferrari
. la page facebook Mexique - Amérique Centrale à vélo 2017 de la Fédération française de cyclotourisme.

. Tous les récits de Michel sur sa traversée de l’Amérique Centrale en 93 jours de vélo


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