Un sommet pour les puncheurs

Québec, jeudi 8 septembre 2016 - Avec un plateau de champions d’une densité rare, le premier volet des épreuves canadiennes du WorldTour devrait offrir une course très disputée jusque dans la dernière ligne droite.

Quand Peter Sagan (Tinkoff) s’aligne au départ d’une course, difficile de ne pas en faire un favori. Même si le Slovaque assure manquer de repères après avoir été malade lors de la Bretagne Classic, sa course de reprise après avoir pris part à l’épreuve de vélo de montagne des Jeux olympiques, le champion du monde en titre sera très surveillé. Toujours placé à Québec, le Belge Greg Van Avermaet (BMC Racing Team), auréolé de sa médaille d’or à Rio, ou l’Australien Michael Matthews, deuxième l’an dernier en haut de Grande Allée, ne cachent pas leurs ambitions dans une épreuve qui s’est toujours jouée dans l’ultime tour de circuit et s’offre donc souvent à des coureurs possédant une belle pointe de vitesse.

C’est justement le registre du Français Bryan Coquard (Team Direct Énergie) qui vient tenter ici de marquer des points en vue de sa sélection pour les Mondiaux, l’Italien Diego Ulissi (Lampre – Merida) ou encore du Belge Jasper Stuyven (Trek – Segafredo). Mais au bout d’une épreuve aussi exigeante, des coureurs complets comme le Français Julian Alaphilippe (Etixx - Quick Step), le Britannique Adam Yates (ORICA - BikeExchange) ou le Néerlandais Bauke Mollema (Trek – Segafredo) devraient immanquablement animer le final et profiter d’une ouverture comme avait su si bien en profiter le Colombien Uran (Cannondale - Drapac Pro Cycling Team) l’an dernier. Sans résultats depuis sa septième place sur le Tour d’Italie, le vainqueur sortant reste à glisser au sein d’une liste de prétendants très large.

Le parcours
Pour sa septième édition, le Grand Prix Cycliste de Québec n’a pas dérogé à ses habitudes. Long de 12,6 km, le circuit tracé au cœur de la ville propose les ascensions de la côte de la Montagne puis celle de la Potasse, la Montée de la Fabrique avant la ligne droite finale sur Grande Allée, loin d’être sans relief. Au bout des seize tours et 201,6 km de course, les coureurs auront accompli un dénivelé de 2976 mètres qui situe la difficulté de l’épreuve. « Les côtes sont courtes et raides et c’est vraiment un parcours de puncheur, admet le Français Romain Bardet, deuxième du Tour de France. Mais ça va bagarrer très fort dans le final et c’est toujours un exercice très intéressant. »

Départ à 11h, arrivée prévue vers 16h.


photo affichée sur facebook par Garneau

La sélection canadienne
Composée d’éléments d’expérience et des jeunes promesses du cyclisme national, dont six coureurs de l’équipe continentale Silber, la sélection canadienne espère tirer son épingle du jeu face aux meilleures équipes du peloton. « Tous les coureurs présents ici sont dans la sélection pour les Championnats du monde au Qatar et ils ont été choisis autour de ces objectifs, explique Kevin Field, le directeur sportif. C’est toujours une expérience incroyable de disputer ces épreuves et je tenais à remercier Marcel Leblanc et Serge Arsenault d’offrir cette opportunité à nos coureurs. On arrive ici avec un certain optimisme. On sait que la course ne sera pas facile mais je pense que nous pouvons viser un top 10 sur les deux courses. Mais c’est également une chance de prendre de l’expérience et de nous montrer à notre avantage devant notre public. »

Bruno Langlois (37 ans/6e participation) : « Je suis très fier de porter ce maillot de champion du Canada, il va sûrement m’aider à serrer les dents un peu plus fort. C’est aussi une pression de plus mais je suis assez confiant. Je reviens d’une blessure assez grave (fracture sévère de la clavicule) mais la forme est là, on va voir au fil des tours comment sont les jambes mais je serai là pour aider mes coéquipiers. Après ma chute, les chances de courir ici étaient très minces mais ça m’a motivé pour me préparer, faire tout mon possible pour arriver avec la meilleure forme. On verra demain à Québec. »

Guillaume Boivin (27 ans/5e participation) : « Physiquement, c’est difficile de dire où je me situe. Quand j’ai chuté (triple fracture de l’épaule), je croyais que ma saison était finie. C’est presque un miracle d’être ici avec seulement six semaines d’entraînement depuis le 9 juin. Ces dix derniers jours, je me suis entraîné à bloc avec Bruno (Langlois) car je ne voulais pas venir ici avec une forme médiocre, je voulais faire honneur à la sélection. Avec cette préparation, la forme n’est pas trop mal et je suis vraiment content d’être ici. On partage un peu l’expérience et on va essayer de faire une belle course avec tous les gars. »

Alex Cataford (23 ans/2e participation) : « J'ai eu une bonne course en Alberta (5e). Je me suis entraîné spécifiquement pour ces courses WorldTour. Le plus important est de courir comme une équipe et si quelqu'un obtient un top 10, ce sera un succès pour tout le monde. Nous devons avoir un gars en haut du classement, à Québec ou à Montréal. »

Matteo Dal-Cin (25 ans/2e participation) : « Je suppose que je vais être un des gars désignés pour aller dans les premières échappées, représenter le Canada et essayer d’obtenir quelques points pour le classement de la montagne. A Québec, mon objectif personnel sera de faire mieux qu’en 2014 (43e). »

Benjamin Perry (22 ans/3e participation) : « Le final à Québec convient bien à Guillaume (Boivin) ou moi. Des coureurs comme Bruno ont une bonne expérience et ils seront parfaits pour aller dans les échappées. Si je suis bien placé dans le final, je peux viser un top 10 ».

David Drouin (21 ans/1re participation) : « Je suis vraiment très content d’être ici. Ce sont des courses que je voyais à la télé depuis six ans et cette fois me voilà dans la course et je vais tout donner pour que l’équipe réalise son objectif d’un top 10. Sur les deux courses, je vais essayer d’être dans l’échappée du début même si je pense que Montréal me convient mieux avec la côte de Camillien-Houde. Si je reste dans le peloton, il me sera difficile d’avoir un résultat. »

Nigel Ellsay (22 ans/1re participation) : « Le Tour d’Alberta s’est bien passé pour moi. Je suis en assez bonne forme. Courir ici, c’est l'occasion d'être dans ma première course WorldTour et d’obtenir une exposition. J'espère que nous allons nous montrer sous notre meilleur jour. »

Nicolas Masbourian (22 ans/1re participation) : « Je suis très content d’être ici, c’est une chance de pouvoir disputer des courses de ce calibre-là. Le but sera d’acquérir le plus d’expérience possible et d’aider les gars à avoir un bon résultat. On a la chance de pouvoir compter sur des gars qui ont disputé ces courses plusieurs fois et c’est vraiment une occasion unique qu’on a de courir devant la famille. »


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