
Québec, mercredi 7 septembre 2016 - L’édition 2016 des Grand Prix Cyclistes de Québec et de Montréal (GPCQM) réunit l’un des meilleurs pelotons de son histoire, de l’incontournable Peter Sagan (Tinkoff) et son maillot de champion du monde à une belle brochette de héros de l’été.
Tous les regards sont braqués sur lui. Logique, le slovaque Peter Sagan est la star incontestée du peloton. Champion du monde depuis sa victoire à Richmond l’an dernier, l’ancien lauréat du Grands Prix Cyclistes de Montréal 2013 est de retour sur les routes canadiennes. Et c’est déjà un événement en soi. Mais le quadruple maillot vert de la Grande Boucle partage aussi l’affiche avec des coureurs de la dimension de Romain Bardet (AG2R La Mondiale), 2e du dernier Tour de France, Greg Van Avermaet (BMC Racing Team), champion olympique à Rio ou encore Tom Boonen (Etixx - Quick Step), quadruple vainqueur de Paris-Roubaix, tout récent lauréat de Paris-Bruxelles et qui s’avance au Canada dans la dernière ligne droite de sa préparation pour le Championnat du monde (16 octobre à Doha). Tous voudraient briller sur les terres de Hugo Houle (AG2R La Mondiale) et Antoine Duchesne (Team Direct Énergie) qui sont venus également, ce mercredi devant la presse, confier leurs attentes et le plaisir de courir devant leur public.
Peter Sagan (Tinkoff) : « C’est la troisième fois que je viens ici, je suis vraiment très heureux car ce sont de belles courses très bien organisées. Je ne sais pas trop quoi espérer. Après les Jeux olympiques de Rio, je me suis bien entraîné mais je suis tombé malade au GP de Plouay. On va voir comment je me sens dans la course mais je ne sais vraiment pas à quoi m’attendre. Les Mondiaux sont encore loin, il me faut plus de jours de course. Ensuite, je vais aller au championnat d’Europe puis à l’Eneco Tour mais je le répète, c’est encore loin. Je ferais peut-être un nouveau weelie mais plutôt l’an prochain que cette année. »
Tom Boonen (Etixx - Quick Step) : « J’étais venu pour la première fois l’an dernier car les Championnats du monde étaient à Richmond et que c’était bien adapté sur le calendrier. J’ai vraiment aimé la course et c’est pourquoi je reviens ici. L’année dernière, nous avons essayé de contrôler le final, peut-être que nous ne le ferons pas à nouveau cette année, mais si tout le monde termine ensemble, je vais essayer de faire un bon sprint. Je vais arrêter ma carrière après Paris Roubaix l’an prochain, même si je gagne le Championnat du monde. Ce serait une première et voilà pourquoi je le fais. Paris-Roubaix est l'endroit où tout a commencé pour moi, donc il semble bon d'y mettre fin. »
Greg Van Avermaet (BMC Racing Team) : « Avec Plouay, le Grand Prix Cycliste de Québec sera ma deuxième course après Rio. Seulement deux courses en quatre ou cinq semaines, ce n’est pas beaucoup mais j'espère bien faire ici. J'aime Québec et Montréal, ce sont des courses qui me conviennent. J'ai eu de bons résultats ici avec deux podiums à Québec (2e en 2012, 3e en 2013) alors voilà pourquoi je reviens toujours, parce que je sais que j'ai de bonnes chances de jouer la victoire. Peut-être que cette première course me convient mieux, j'ai eu de meilleurs résultats ici et les montées sont plus courtes qu'à Montréal. Si je devais choisir une des épreuves, ce serait le Grand Prix de Québec. Il est plus facile pour un puncheur d’obtenir un bon résultat ici. »
Romain Bardet (AG2R La Mondiale) : « Montréal me réussit en général davantage mais ça reste un beau challenge d’affronter les meilleurs puncheurs ici. On a envie de bien faire, sur des circuits bien dessinés, dans une ambiance toujours très chaleureuse. Tout cela donne envie de se surpasser pour faire un beau sprint sur les hauteurs de Québec. Cette année, j’ai essayé de bien couper en août pour avoir plus de fraîcheur en fin de saison, chose que je n’ai encore jamais réussi depuis le début de ma carrière. Je me sens bien mais je risque d’être encore peu court sur ces courses canadiennes mais j’ose espérer que je serais performant jusqu’au Tour de Lombardie. C’est une bonne chose qu’on teste ici la télémétrie avec certaines données des coureurs publiés en direct. Ça va dans le bon sens pour rendre crédible notre sport mais les commentateurs sportifs vont avoir du travail car on ne peut pas donner des chiffres comme ça au public sans les expliquer. »
Antoine Duchesne (Team Direct Énergie) : « Pour Québec, je vais plutôt penser à l’équipe car le parcours convient très bien à Bryan (Coquard) qui est en très grande condition. C’est un parcours de puncheur et les sprinteurs qui passent les bosses peuvent arriver au bout. On va être autour de lui car il a de bonnes chances d’aller chercher la victoire. Moi, je me sens très bien, je vais avoir ma carte à jouer dans le final, mais je vais d’abord essayer de m’occuper de Bryan. Montréal, ce sera une autre course, qui lui convient moins. Des coureurs comme Thomas (Voeckler) et moi seront plus aptes. Vu le plateau, je ne suis pas favori mais on va essayer d’être un peu plus intelligent que les autres. Le Tour de France aura été une expérience de plus, le plus gros rendez-vous cycliste que je n’ai jamais fait et à mon âge, chaque situation me fait avancer. En ce moment, je me sens plus fort que durant la préparation pour le Tour. Le fait de courir au Québec devant les médias, les fans, la famille, ça m’a donné envie de bien me préparer. Je me sens super bien, motivé. Je n’ai pas envie d’être là et d’abandonner à deux tours de la fin. Je veux me battre pour gagner ou faire gagner les autres. »
Hugo Houle (AG2R La Mondiale) : « J’espère être plus fort qu’il y a douze mois. Il y a un très beau plateau, il y a du pain sur la planche mais dans les dernières semaines, les sensations étaient bonnes. J’ai eu la chance de courir beaucoup en Europe après les Jeux olympiques et je suis très motivé pour faire un beau résultat ici. On a une bonne équipe avec Romain Bardet et Alexis Vuillermoz. On va voir en course ce que j’ai dans les jambes mais ce serait déjà un bel accomplissement d’arriver avec les meilleurs sur Grande Allée vendredi à Québec. J’espère être un acteur dans le final et pouvoir jouer un rôle clé sur la course. Les Jeux olympiques m’ont donné beaucoup de satisfactions. 21e du contre-la-montre, c’est la meilleure performance de ma carrière. Maintenant, je dois baliser ma progression jusqu’à Tokyo, sur quatre ans, pour arriver parmi les meilleurs mondiaux. Avec les efforts qu’on fait, il n’y a pas de limite à se mettre. L’an prochain, j’espère faire le Tour de France mais on a beaucoup de profondeur dans l’effectif et ce n’est pas toujours évident de gagner sa place. Mais c’est ce qui me garde motivé et me pousse à faire les efforts. »
Ryder Hesjedal : « Prêt pour de nouveaux défis »
Le Canadien, lauréat du Tour d’Italie en 2012, a confirmé ce mercredi qu’il disputait la dernière saison de sa carrière. Avant d’y mettre un terme le 1er octobre lors du Tour de Lombardie, il va disputer ses cinquièmes et ultimes GPCQM. Il s’est confié ce mercredi sur ses motivations : « J’ai pris ma décision autour du 1er juillet. J'avais pensé à ce sujet en 2015 à la fin de mon contrat chez Cannondale-Garmin, en me disant que je pourrais encore faire un an si j’avais été en mesure d'obtenir une vraie belle offre pour disputer une dernière fois le Giro. Trek-Segafredo m'a donné cette opportunité, je l'ai beaucoup apprécié mais je ne vais pas me mettre à la recherche d'un nouveau contrat. Chacun a ses propres raisons, mais je fais du sport depuis longtemps, plus précisément depuis ma médaille d'argent aux Championnats du monde juniors en 1998 autour du Mont-Sainte-Anne. Après, je suis devenu coureur professionnel et j’ai été dans le peloton pendant de nombreuses années (2003 à 2016). Je suis satisfait de ce que j’ai fait et je suis prêt pour de nouveaux défis. Les GPCQM sont mes dernières courses au Canada, donc je suis excité à ce sujet. Habituellement, j'ai un jour meilleur à Montréal (3e en 2012 et 2015). Le Tour de Lombardie sera ma dernière course pour une fin forcément spéciale, en Italie. Je n’ai encore rien prévu pour l’après-carrière. Pour l'instant je me concentre sur la course mais ça ne me dérangerait pas de m’investir dans le cyclisme à l'avenir, en particulier au Canada ».
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