Uran a surpris les finisseurs

Québec, vendredi 11 septembre 2015 - Le grimpeur de l’équipe Etixx-Quick Step est devenu le premier Colombien à inscrire son nom au palmarès du Grand Prix Cycliste de Québec en attaquant au seuil du dernier kilomètre, comme Thomas Voeckler en 2010.

Au royaume des puncheurs, c’est un grimpeur qui s’est imposé ce vendredi à l’occasion de la 6e édition du Grand Prix Cycliste de Québec. Le Colombien Rigoberto Uran a joué un beau tour à des finisseurs du calibre de Matthews et Kristoff en reprenant une tactique que Thomas Voeckler avait utilisé avec bonheur lors de la première édition en 2010. Deux fois deuxième du Tour d’Italie, déjà troisième à Québec en 2011 et vice-champion olympique en 2012, Uran signe à 28 ans l’un des plus beaux succès de sa carrière.

La course a longtemps été marquée par une échappée de six coureurs lancée au km 6. On y retrouve deux membres de la sélection canadienne, l’expérimenté Roth et le jeune De Vos, deux coureurs de l’équipe Drapac, le Néerlandais Wippert et et l’Australien Lapthorne ainsi que le Français Quemeneur (Europcar) et l’Italien Cesare Benedetti (Bora-Argon 18). A la fin du premier tour, les six hommes de tête possèdent deux minutes d’avance et déjà 7’15 au passage suivant. Leur avance grimpe jusqu’à 9’10 au km 31 avant que le peloton ne commence à réagir. Sous l’impulsion des équipes Trek et BMC, l’écart diminue progressivement. Après quatre tours, il est redescendu à 7’35. Au km 59, retardé par un incident mécanique, Wippert doit laisser filer ses compagnons d’échappée qui continuent régulièrement à perdre du terrain : 6’10 au km 75 et 4’10 au cap de la mi-course. Longtemps pointé à deux minutes, le groupe de tête qui a perdu Lapthorne, explose dans le 12e tour, bouclé seul en tête par Benedetti. Seul Roth qui remportera le classement de la montagne parvient à opérer la jonction avec l’avant-garde du peloton sur les talons. Les deux hommes ont encore trente secondes à l’amorce des trois derniers tours mais sont repris à deux tours de l’arrivée après 170 kilomètres en tête où la grande bagarre commence. Un groupe de douze coureurs avec Barguil, Bardet, Alaphilippe, Bak, Kuznetsov, Roth, Roelandts, Felline, Taaramae, Bookwalter, Dillier, Kreuziger prend les devants mais l’entente n’est pas optimale et un nouveau regroupement s’opère. Fuglsang et Kelderman démarrent alors et comptent 15 secondes d’avance sur le peloton. Les deux hommes restent en tête jusqu’à quatre kilomètres de l’arrivée et la dernière ascension de la côte de la Montagne où Van Avermaet passe à l’attaque, suivi par le champion du monde Kwiatkowski. Gesink contre une attaque de Alaphilippe mais c’est Uran qui surprend tout le monde sous la flamme rouge du dernier kilomètre. Le grimpeur colombien fait le forcing et conserve quelques mètres d’avance sur la ligne d’arrivée où il s’impose devant l’Australien Matthews et le Norvégien Kristoff.

« Avec Martin, Boonen ou Kwiatowski, nous avions une grande équipe ici et nous avons essayé de faire une tactique intelligente, a déclaré le vainqueur, qui portera les couleurs de l’équipe Cannondale-Garmin en 2016. Il fallait attendre jusqu’au dernier kilomètre car c’est là que tout s’est joué. C’est une grande victoire pour moi et pour l’équipe. On va essayer de faire aussi bien à Montréal. »


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