54e Vuelta Guatemala, un bilan positif

La Vuelta est maintenant terminée. Je n'ai pas réussi mon pari de gagner une étape, mais je suis tout de même satisfait des performances offertes et d'avoir vaincu toute l'adversité expérimentée cette semaine.

Jean-Michel Lachance

Mardi 28 octobre Étape 4 - Solola - San Marcos - 128km 28
L'étape d'aujourd'hui s'annonçait très difficile avec deux cols de première catégorie et une altitude frôlant les 3000m. Dès les premiers kilomètres, nous avons attaqué une côte assez raide. Ensuite, il y avait une section vallonnée puis nous avons affronté le premier grand col d'Alaska, suivi d'une longue descente vers Quetzaltenango. Je me suis bien accroché dans ce col plutôt roulant. En revanche, le deuxième col à 20 km de l'arrivée était beaucoup plus difficile et les jambes ne suivaient plus. À San Marcos, nous avons été accueillis par des centaines de milliers de fans. L'ambiance était tout simplement électrique!

Mercredi 29 octobre Étape 5 - Retalhuleu - Quetzaltenango - 97km 29
La cinquième étape s'annonçait elle aussi difficile avec un long col en fin de course en direction de Quetzaltenango. La route était particulièrement mauvaise et j'ai ainsi crevé environ 5km avant le début du premier col. Le seul coureur de l'équipe étant équipé en 11 vitesses, j'ai été dépanné avec une roue de 10 pignons. Ça fonctionne très bien, cependant, il faut faire attention de ne pas se rendre trop haut, car il y a un pignon en moins, ce que j'ai oublié dans un passage à 10% dans l'ascension, brisant ainsi ma patte de dérailleur. Dommage, puisque je me sentais très bien et était alors juste en arrière de la caravane qui suivait le premier groupe de 20-25 coureurs. Le dépannage fut long, puisque ma voiture d'équipe était passée et le dépannage neutre qui m'a dépanné n'avait pas de clé pour changer les pédales. Au final, j'ai perdu une quinzaine de minutes et dû compléter avec un vélo de petite taille. Bref, j'ai dû tout de même forcer pour terminer l'étape dans les délais. Par chance, j'avais une patte de dérailleur de rechange et je pourrai compléter la Vuelta avec mon propre vélo.

Jeudi 30 octobre Étape 6 - Totonicapan - Quiche - 151km 30
Plus longue étape de la Vuelta, je ne m'attendais pas à souffrir autant. Dès le début, j'ai essayé de me faufiler dans l'échappée sous les directives de l'équipe et afin de pouvoir aider mes coéquipiers plus tard dans l'étape. En fait, j'ai échoué de quelques mètres dans le premier col. Par la suite, nous avions une longue descente vers Huehuetenango avant d'affronter un terrain encore plus accidenté. Les jambes commençaient à être bien lourdes et je n'ai pas pu suivre dans les cols plus pentus. Par la suite, j'ai suivi tant bien que mal le groupe dans lequel j'étais. J'étais bien affaibli par l'infection aux sinus et cela m'a pris un bon moment pour reprendre des forces une fois l'étape terminée.

Vendredi 31 octobre Étape 7 - Tecpan - Tecpan - 132km 31
Si le chiffre 7 est habituellement un chiffre chanceux, aujourd'hui ne fut pas ma journée. Cinq minutes avant le départ, ma patte de dérailleur de rechange s'est cassée et avec si peu de temps avant l'étape, j'ai dû prendre le départ avec un autre vélo neutre. Les pneus à peine gonflés et une position très inconfortable, je me suis accroché toute la course tant bien que mal et presque décroché dans les premiers kilomètres. Toute la journée j'avais seulement en tête de terminer afin de pouvoir disputer l'étape du lendemain. Vers la fin de la course la pluie a commencé à tomber fortement et, ne prenant aucune chance, je suis allé en tête. Un groupe de 8, dont un de mes coéquipiers, était en tête et nous avons croisé la ligne avec plus de 6min de retard. L'étape fut tout de même difficile, compte tenu du nombre de coureurs lâchés.

Samedi 1er novembre Étape 8 - Guatemala - 104km
Après un très long transfert de Tecpan à Guatemala en raison de la circulation (90km qui ont duré 4h), mon ami Alejandro Padilla du Guatemala m'a aidé a trouver un vélo à ma taille afin de compléter la Vuelta. Ainsi, j'ai pris le départ avec un Specialized de ma taille. Confiant en mes chances au sprint, la tactique était délicate, car l'équipe du leader allait surement laisser une échappée filer. Ainsi j'ai suivi plusieurs coups et après le premiers tours de six complétés, j'étais satisfait de la situation avec seulement 2 coureurs en échappée à 40 sec. Avec l'allure, je croyais bien que cela finirait au sprint. Après la mi-course, un de mes coéquipiers a fait la jonction avec un coureur de EPM et rapidement leur avance est montés à 1min30. Tout indiquait maintenant que ce groupe disputerait la victoire et je me suis donc concentré sur le sprint de peloton. Je me sentais très bien aujourd'hui, mais je ne pouvais pas m'échapper comme n'importe quel coureur. Apparemment, les colombiens disait de moi: "No le deja ir en fuga, el es pistard". Un sprint pour la gagne et un sprint pour la 5ème place n'entraînent pas la même motivation et je me suis laissé surprendre par 2 coureurs avec 200m à faire. De plus, la 11 ne passait pas et j'ai terminé en 7ème position. Un peu décevant, mais en fin de compte tout de même satisfait de la Vuelta en général, et surtout d'avoir traversé toute l'adversité de la malchance à la maladie.


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