3 mai 2000
Le résidant de Brossard, Dominique Perras, a réalisé un coup de maître, mercredi, en mettant la main sur le maillot du meilleur grimpeur du Tour de Romandie.
Lors de cette première étape, longue de 225 kilomètres, qui reliait Locarno et Le Bouveret, l’athlète de 25 ans s’est échappé à la 40e borne, laissant ainsi tous ses poursuivants derrière. La cavale du cycliste de l’équipe suisse Phonak a duré environ deux heures, Perras avalant 150 kilomètres seul en tête.
«Le but de l’équipe (Phonak) était de réaliser un coup d’éclat», a mentionné Perras, fatigué, mais heureux au bout du fil. «Nous sommes une équipe professionnelle de deuxième division et nous essayons de nous démarquer des grosses équipes en ce début de tour. Mon échappée s’est très bien déroulée. J’ai bien monté les cols et, à un moment, mon avance sur le peloton était de neuf minutes.»
Ce coup de dés du cycliste québécois lui aura permis de goûter à plusieurs minutes de gloire. «La course était télédiffusée en direct à la radio et sur Eurosport. À la sortie du col du St-Plomb, les spectateurs massés le long de la route avaient suivi la course à la radio et ils savaient que j’étais en tête. Lorsque je suis passé devant eux, ces derniers me criaient : "Vas-y Dominique! Allez Québec !". Ces encouragements m’ont motivé, mais la fin du parcours était plate et le vent était de face.» C’est ainsi qu’avec un quarantaine de kilomètres à faire, le peloton a rattrapé le cycliste de Phonak.
Après cette dure journée, Perras demeure malgré tout réaliste : «Je sais que ça sera très difficile de garder le maillot jusqu’à la fin du tour. Mon objectif est maintenant d’être en mesure de la garder le plus longtemps possible.»
Cipollini s'impose
C’est Mario Cipollini, vainqueurs de nombreuses étapes sur le Tour de France, qui franchi le fil d’arrivée en premier. Perras, qui a terminé dans le peloton au 113e rang, mène le classement du grand prix de la montagne avec dix points, soit quatre devant Ricardo Ochoa. Au classement général, l’athlète de Brossard est 110e, 46 secondes derrière le meneur, l’Italien Paolo Savoldelli, coéquipier de Cipollini chez Saeco.
L'Italien Paolo Salvodelli (Saeco) qui avait remporté mardi le prologue conserve le maillot de leader. «La forme et la condition sont revenues. J'avais vraiment envie de l'emporter aujourd'hui», a souligné à l'issue de la course, Mario Cipollini, qui fête avec cette étape sa quatrième victoire de l'année, et la 150e de sa carrière.
«Cette année,je m'aligne au Tour d'Italie et au Tour de France. Ensuite, je ferai des tests sur la piste dans l'optique des Jeux de Sydney» a-t-il ajouté. Au Bouveret, bien amené par Biagio Conte dans le dernier kilomètre, Mario Cipollini n'a pas eu de mal à s'imposer. Son plus dangereux rival, le Néerlandais Jeroen Blijlevens n'a pas su négocier un dernier virage situé à 250 m de la ligne.
«La fin de parcours était très sinueuse, dangereuse même. Je suis bien conscient que les organisateurs doivent répondre à certaines exigences pour tracer le final d'une étape. Mais j'aimerais qu'ils respectent davantage les coureurs...» a souligné Mario Cippolini. Avant de préparer le sprint victorieux de Cipollini, ces équipiers de la formation Saeco ont dû, dans un premier temps, rouler derrière le Canadien Dominique Perras qui a compté jusqu'à 8 minutes d'avance avant d'être rejoint après 142 km d'échappée.
L'équipe Saeco a également dû faire face à une attaque portée par un groupe de onze coureurs dans lequel figurait notamment Laurent Jalabert et Axel Merckx. Pourtant, le Français Laurent Jalabert, No.1 mondial, répète depuis le départ de Locarno que ses ambitions dans ce Tour de Romandie sont limitées. «Je me trouve à la fin d'un long cycle. Je ressens le besoin d'une coupure avant d'entamer ma préparation pour le Tour de France», a indiqué le coureur français.
L’étape de jeudi reliera Montreux et La Chaux de Fonds sur 161 kilomètres.
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