5 mars 1986

Marie-Hélène Martin et Bernard D'Amours
en quête de médailles au Yukon
Jeannine Laporte LaBossière
Marie-Hélène Martin, 14 ans, et Bernard D'Amours, 15 ans, se sont envolés dimanche dernier à destination de Whitehorse au Yukon où ils participeront aux championnats juniors du Canada de ski de fond du 5 au 12 mars.
Ces deux adolescents de Boucherville font partie du club Skiélite de la Rive sud et ils ont été choisis pour représenter le Québec, en compagnie de seize autres athlètes, aux compétitions nationales. L'entraîneur de leur club, Luc Germain, un autre Bouchervillois, les accompagne à Whitehorse à titre d'assistant-entraîneur de l'équipe du Québec. « On va rapporter une quinzaine de médailles » dit-il, confiant.
Marie-Hélène et Bernard en sont à leur deuxième année de ski de fond, un sport en général moins populaire auprès des jeunes que le ski alpin. « C'est parce que c'est plus difficile » explique Bernard. Ils s'entraînent très régulièrement, presque chaque jour, à St-Bruno, à la base de plein air de Longueuil et à l'extérieur de la région aussi souvent.
En plus du ski de fond, Marie-Hélène fait de l'athlétisme avec succès. L'an dernier elle s'est classée première aux championnats scolaires provinciaux. Son grand rêve, c'est de participer un jour aux Jeux olympiques mais elle ne sait pas encore dans quelle discipline. Entre le ski de fond et l'athlétisme son coeur balance encore. Toutefois, à la veille de son départ, ce qui la préoccupait surtout c'était le long voyage en avion (plus de sept heures de vol) et aussi le type de compétition qu'elle allait rencontrer à Whitehorse. Elle devait participer à quatre courses (3,5, 5 et 7 km, plus une course à relais) et espérait revenir avec au moins trois médailles.
Avant de découvrir le ski de fond, Bernard D'Amours jouait au hockey. L'an dernier, il a «chevauché», comme il dit, les deux sports avant de faire un choix définitif. Maintenant il pratique le ski uniquement et à longueur d'année puisque l'été il utilise des skis à roulettes. Avant de partir, Bernard s'inquiétait de la condition des pistes à Whitehorse. « Le risque, c'est qu'il y ait de la glace. Pour nous, quand c'est gelé, on n'a presque pas de contrôle et c'est encore pire quand le terrain est accidenté comme là-bas ». Il fait aussi très froid dans la capitale du Yukon. Heureusement pour les athlètes « en bas de moins 20 C ils n'ont pas le droit de courir » précise Luc Germain.
Ces jeunes qui font partie de l'équipe du Québec ne reçoivent à peu près pas d'aide pour se rendre aux compétitions nationales, à peine deux cents dollars. En fait, ils doivent assumer seuls la quasi-totalité des frais de voyage qui s'élèvent à 1200$.
En plus de leurs skis et de vêtements très chauds et confortables, Marie-Hélène et Bernard devaient apporter dans leurs bagages leurs livres de classe ! Ils n'auront peut-être pas beaucoup le goût d'étudier une fois rendus à Whitehorse mais ils se sont bien promis de travailler quand même. Le sport c'est beau mais ils ne veulent pas compromettre pour autant le résultat de leur année scolaire.
Dès leur retour du Yukon et avant de prendre le chemin de Québec, cette fois pour les compétitions de la Coupe Sealtest, Marie-Hélène, Bernard et Luc ont promis de nous communiquer les résultats de leur conquête de médailles dans l'Ouest.
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