1998

Jusqu'où ira Émilie Germain ?
La jeune femme surprend à sa deuxième année en vélo de montagne
Steve Turcotte
Savez-vous jusqu'où peut mener une passion ? Si votre réponse est non, vous pouvez toujours le demander à Émilie Germain.
La jeune femme de 17 ans a changé d'école six fois au cours des six dernières années afin de se donner toutes les chances de s'améliorer en ski de fond.
Puis elle est présebtement à évaluer si elle devrait abandonner ce sport au profit de son autre passion, le vélo de montagne. Si ce n'est pas ça être passionnée...
Son aventure avec le vélo de montagne a débuté il y a un peu plus de deux ans. Son entraîneur, Luc Germain, (aucun lien de parenté), lui a recommandé ce sport pour s'améliorer en ski.
Comme ça, tout bonnement, elle a participé à des compétitions... où elle faisait des progrès significatifs à chaque course.
Tant et si bien qu'elle a réussi à monter sur le podium à ses deux dernières Coupe Canada en catégorie junior. Il y a quelques semaines, c'était à Saint-Donat, et elle a terminé troisième. Puis, il y a deux semaines, au mont Sainte-Anne, elle s'est offerte une deuxième place sur une piste qu'elle connaît bien. Sa prestation lui a permis de se tailler une place sur l'équipe du Québec, rien de moins. Et en fin de semaine dernière, en Coupe du Québec à Saint-Donat, elle a ajouté deux deusièmes places à son palmarès.
Son ascension fut si vite que ni elle ni son entraîneur n'avaient vu venir le coup. « Faut comprendre qu'Émile n'a pas débuté sa saison en même temps que les autres car elle complétait sa saison de ski et qu'elle est très inexpérimentée. «mais elle a vraiment un gros potentiel et elle est très déterminée. Ça explique sûrement sa progression même si ça tient tout de même du prodige » explique Luc Germain.
Modeste, la jeune femme de 17 ans propose une autre hypothèse. « J'ai déjà fait du vélo sur route pendant cinq ans. J'avais déjà une bonne base et je crois que c'est ce qui m'a permis de m'améliorer aussi vite », raconte Émilie.
Humble donc, mais sûrement pas en manque d'ambition. Car la Madelinoise d'adoption ne compte pas s'arrêter là. Même qu'elle vise beaucoup plus haut. « J'ai fait le point avec mon entraîneur et on pense que je peux viser une place sur l'équipe canadienne junior dès cette année. En étant sélectionnée sur l'équipe canadienne, je participerais ua championnat du monde junior qui se tiendra à la fin septembre au Mont Sainte-Anne et ça serait super car j'ai beaucoup d'amis là-bas », confie-t-elle.
Tout se jouera au cours des prochaines semaines pour elle. « Je pars lundi pour l'Ouest où je participerai à deux autres Coupes Canada et c'est à partir de ces deux compétitions que l'équipe canadienne sera formée. J'ambitionne d'être parmi les trois meilleures. J'ai vraiment hâte » laisse-t-elle entendre.
Moi, mes souliers...
Native de Repentigny, Émilie habite Cap-de-la-Madeleine depuis un peu plus d'un an. Et elle compte bien rester dans la région quelques années encore car elle est inscrite au programme sport-études en sciences de la santé au Collège Laflèche l'an prochain. « C'est la qualité du progamme qui fait que je vais rester dans la région pour quelques années, raconte-t-elle. Il faut donc croire que la région est excellente au niveau sports-études car l'année que j'ai passé aux Estacades a été merveilleuse tant au point de vue académique que sportif. »
Et l'athlète sait de quoi elle parle puisqu'elle en sera en sa cinquième année dans ce programme au sein de cinq écoles différentes. « J'ai tout d'abord été à Joliette, puis à Boucherville, et l'an passé je me suis dirigée vers le Mont Sainte-Anne. Cette année, j'ai opté pour Cap-de-la-Madeleine et je peux dire que je n'ai pas regretté mon choix. Et j'espère que ce sera la même chose l'an prochain » souligne-t-elle tout en mentionnant que ces changements se sont produits afin d'améliorer ses performances.
Évidemment, Émilie a dû quitter la résidence familiale et elle avoue que ses parents lui manquent. « C'est sûr que je m'ennuie de ma famille et je sais que c'est réciproque. Je sais également que mes parents sont très fiers de moi. Ils amènent même des photos de moi à leur travail et ça me gêne un peu car je n'aime pas particulièrement être sous les projecteurs. Certains de mes camarades de classe ne savaient même pas que je pratiquais des sports cette année. »
La jeune femme sait d'ailleurs fort bien qu'elle est différente des filles de son âge. Et elle ne s'en plaint pas. « Comme je veux performer aussi bien à l'école que dans les sports, ma vie sociale n'est pas très trépidente et mes amis me le rappellent constamment. Mais j'ai choisi d'aller jusqu'au bout de mes rêves et je suis prête à faire les sacrifices qui s'imposent » précise-t-elle. Voilà qui devrait réjouir son entraîneur.
Reste qu'Émilie devra vraisemblablement faire bientôt un choix entre le ski de fond et le vélo de montagne. Un choix déchirant s'il en est un. « Physiquement c'est possible de conjuguer les deux mais c'est au niveau financier que ça pose problème. J'ai déjà un commanditaire en vélo de montagne (Ford DeVincy) mais personne ne s'est montré intéressé pour me soutenir en ski de fond et c'est un peu normal car c'est un sport qui n'est pas très spectaculaire. Comme les coûts sont de plus en plus élevés au fur et à mesure que tu progresses, je devrai peut-être d'ici un an ou deux me concentrer uniquement sur le vélo. Ça serait très difficile de délaisser ma première passion, mais s'il le faut, je le ferai » promet-elle.
Parions que sa rupture avec le ski de fond se fera plus facilement si elle continue de progresser en vélo de montagne.
« C'est sûr que si je me classe sur l'équipe nationale cette année, mon choix sera plus facile à faire. Je prendrais ça un peu comme une revanche car j'ai manqué ma sélection pour les championnats du monde junior de ski de fond par un centième de seconde l'an passé » conclue-t-elle.
27 août 1998

Dans l'élite mondiale
Émilie Germain participera finalement au championnat du monde junior de vélo de montagne
Steve Turcotte
Après deux semaines à vivre dans l'incertitude, Émilie Germain a enfin pu crier victoire, hier soir, alors qu'elle a appris qu'elle avait été retenue sur l'équipe canadienne qui participera au championnat du monde junior de vélo de montagne. L'événement se tiendra du 14 au 20 septembre prochain au Mont Sainte-Anne.
C'est Le Nouvelliste qui lui a confirmé la nouvelle et la jeune femme ne s'est pas fait prier pour expliquer à quel point elle était soulagée. « C'est une excellente nouvelle. Ça m'enlève un gros poids sur les épaules. Chose certaine je dormirai mieux ce soir que durant toute la dernière semaine » raconte-t-elle.
En fait, Émilie était dans l'attente depuis le championnat canadien qui se déroulait il y a un peu plus de deux semaines, en Colombie-Britannique. « Avant le championnat canadien, j'étais quatrième au classement général. Puis lors de cette course j'ai chuté à deux reprises et j'ai terminé ma journée à l'hôpital. Seulement comme les six meilleures obtenaient leur laisser-passer pour le Mont Sainte-anne, j'étais assurée d'y aller mais les règles ont changé en cours de route et ma participation était remise en question » explique-t-elle.
C'est que la fédération canadienne avait décidé in extremis d'accorder une plus grande importance au championnat canadien, ce qui désavantageait les athlètes qui avaient bien performé tout au long des Coupes Canada. « Compte tenu des nouveaux paramètres, je ne savais plus où je me situais au classement général et donc si j'allais ou non participer au championnat du monde. On m'a finalement octroyé la sixième place. »
Et l'attente a paru interminable pour la Madelinoise de 17 ans. « Ce fut une période très difficile à passer. J'ai même remis mon implication dans le sport en question. Je me demandais également s'il était préférable pour moi de débuter dès maintenant ma saison de ski de fond. En fait j'avais peur que le scénario de l'an passé se reproduise, alors que j'avais raté ma sélection pour les championnats du monde junior de ski de fond par un centième de seconde. Mais maintenant que tout ça est réglé, je vais pouvoir me concentrer à nouvau sur ma performance face aux meilleurs juniors au monde », révèle-t-elle.
Une technique qui fait défaut
Avis de recherche : jeune athlète surdouée recherche un bon technicien en vélo de montagne pour l'accompagner au championnat du monde junior.
Car Émilie ne s'en cache pas, elle n'est pas la plus grande technicienne en vélo de montagne. « Je sais que je suis capable de rivaliser avec les meilleures, mais c'est au niveau de la technique que j'ai le plus de difficultés car ce n'est que ma deuxième année de compétition. Je vais donc tout faire pour améliorer cet aspect dans les deux prochaines semaines. »
Une opinion que partage son entraîneur, Luc Germain. « Le problème au niveau de sa technique vient principalement de son inexpérience. Il faut donc essayer de rouler le plus possible » soutient-il.
L'étudiante du Collège Laflèche se propose même de faire quelques escapades dans la Vieille Capitale au cours des prochains jours, question de posséder parfaitement une piste qu'elle connaît pourtant déjà assez bien. « Comme je me suis entraînée pendant plus d'un an au Mont Sainte-Anne, je ne serai pas dans l'inconnu. Ça permettra peut-être de compenser pour ma faiblesse au niveau technique » espère-t-elle.
Elle profitera de ses séjours au Mont Sainte-Anne pour tenter de dénicher quelqu'un qui pourrait l'aider rapidement au niveau technique. « C'est sûr que je vais tenter d'obtenir quelques conseils de la part de ceux qui connaissent bien la piste afin de me donner toutes les chances de bien performer » confie-t-elle.
Justement Émile, tu as des objectifs précis ? « C'est dur à dire car je ne connais pas le calibre des athlètes des autres pays. Une chose est sûre cependant, je veux être parmi les trois premières Canadiennes qui franchiront la ligne d'arrivée. »
D'ici là, elle participera à une Coupe du Monde à Bromont, au début septembre. « Cette course servira de préparation mais il n'est pas question d'y brûler nos énergies » conclue Luc Germain.
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Note du webmestre :
Émilie s'est classée 20e en cross country au Championnat du monde junior le 17 septembre 1999 à Are, en Suède.
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