
(Pour ceux qui n’aiment pas les histoires de bureaucratie, passez au paragraphe suivant...) En fin de soirée, la veille de la compétition, le comptable de la Fédération brésilienne a manqué de tact et surtout de « timing » en envoyant un courriel bourré de niaiseries bureaucratiques qui, combinées à l’anxiété normale d'avant-compétition, nous a fait passer une très mauvaise nuit de sommeil,... à un très mauvais moment.
(Pour ceux qui passent l’hiver en Floride, passez au paragraphe suivant...) Samedi, il faisait une température de -8 ºC avec 85 % d’humidité relative sous une tempête de neige. La période d’inactivité de 15 minutes au froid entre la séance d’échauffement et le coup de départ a été fatale pour l’athlète tropicale en sueur affrontant le souffle frigorifique du Démon des neiges uniquement munie de ses sachets autochauffants dans les bottes et d’un foulard au visage.
Jaqueline est donc partie avec les mains et le corps complètement gelés et a subit une crise d’asthme dès la première montée. Une crise d’asthme, due à la sur-anxiété combinée au froid hivernal, c’est un bon moyen pour passer devant une file d’attente pour la vaccination de la grippe A H1N1, mais dans une compétition de ski de fond, c’est la catastrophe. Jaqueline a quand même continué de pousser aussi fort que possible, à court de souffle, pour terminer le 10 km patin, 65e sur 69 Skidefonneuses, exténuée.

(Pour ceux qui n’aiment pas les analogies avec le hockey, passez au paragraphe suivant...) Le même jour, le Canadien de Montréal, dont les hockeyeurs dorment très bien toutes leurs nuits (et après-midi) avec leurs 54 millions en salaire et jouent dans une atmosphère contrôlée, a disputé une de ses pires parties de l’histoire en laissant passer 54 tirs en direction de Carey Price pour perdre 2 à 0.
(Pour ceux qui ne sortent pas lorsqu’il fait un temps de canard, passez au paragraphe suivant...) Le lendemain, il faisait +2 ºC avec 100 % d’humidité relative sous la pluie. Épuisée, Jaqueline a quand même pris le départ comme répétition générale afin de bien préparer la « Tactique d’habillement » pour LA vraie course (dans 6 jours) afin de prendre le départ « bien dans sa peau » et parcourir le 5 km en style classique sans crise d’asthme : mission accomplie ! Curieusement, une des athlètes de l’équipe norvégienne d’Oslo qui nous a « adoptée » pour la fin de semaine a abandonné l’épreuve due à... une crise d’asthme.
(Pour ceux qui n’ont pas manqué l’émission Tellement Sport, samedi à Radio Canada, passez au paragraphe suivant...) Vous pouvez voir la reprise en cliquant ici. L’extrait est à la fin du 2e segment (2/3) et il y a également un excellent reportage d’Alex Harvey à la fin du 3e segment (3/3) qui est actuellement dans le nord de la Suède et dont on attend avec impatience l’arrivée à Beitostolen, cette semaine, en compagnie d’Yves Bilodeau, le plus rigolo des Skidefonneux... après moi, bien sûr ! P.S. à Alex : nous dormons dans le cabanon nº 24, deux fois la grandeur de celui que tu présentes dans ta vidéoblogue, sur le terrain de camping, à 300 mètres du départ.)

(Pour ceux qui aiment les histoires qui finissent bien, continuez de lire...) Hier soir, la Fédération Brésilienne des Neiges a présenté ses excuses, a promit que ce genre de niaiserie bureaucratique n’arriverait plus et a souhaité la meilleure des chances à la(le) premi(er)ère Skidefonneu(x)se Brésilien(ne) à prendre le départ d’une Coupe du Monde en fin de semaine prochaine. Faut bein leur pardonner,... cé toujours bein eux qui paient nos fabuleux voyages dans le Nord pour aller se geler le cul à essayer de danser la samba plus vite que les autres... en skis... sur la neige !
SkiiiHaaa!!!
Guido Visser
Le Skidefonneux olympique
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