28 décembre 2009

La glace du lac n'a pas supporté le poids de la chenillette

L'accident est passé inaperçu dans la station de Tignes, alors que le jour n'était pas encore levé.

Ghislaine Gerbelot

Michel Faugère a débuté son travail de damage, samedi, comme d'habitude vers 6 heures du matin, avec l'engin qu'il avait acquis l'année dernière. Il était chargé, pour le compte de la commune, du traçage des itinéraires piétons et des pistes de ski de fond. Un travail qui s'effectue bien avant que la station ne se "réveille".

C'est seulement vers 10 heures que l'alerte a été donnée, par des amis qui avaient rendez-vous avec lui et ne le voyaient pas arriver. Selon l'enquête des gendarmes d'Albertville, c'est bien le poids de la chenillette de 4 tonnes qui a fait céder la glace, à un endroit où elle était moins épaisse, une vingtaine de centimètres seulement.

Le redoux des jours précédents aurait-il pu faire fondre la glace et surprendre le dameur ? Une hypothèse peu probable pour le directeur de la régie des pistes : « Il faut une longue période de froid pour que la glace se forme et une aussi longue période pour la faire fondre en raison de l'inertie. »

La chute de l'engin est survenue sur le bord du lac où la profondeur atteint 22 mètres. Deux plongeurs de l'école de plongée de la station ont pénétré les premiers dans une eau à 2 °C. Ils ont repéré le corps du conducteur inerte, extrait de la machine. Le chien qui l'accompagnait n'a été retrouvé ni par les plongeurs de la gendarmerie de Valence qui ont effectué diverses constatations d'usage pour les besoins de l'enquête, ni par les plongeurs du Sdis 73 (Secours départemental d'incendie et de secours) qui ont poursuivi les recherches pour s'assurer qu'aucune autre personne n'avait été précipitée dans l'eau glacée.

La dameuse restera au fond du lac, à 22 mètres de profondeur, jusqu'à l'été. Elle sera très certainement remontée à l'aide d'un système de ballon, par des plongeurs professionnels.


28 décembre 2009

La dameuse gît par 22 mètres de fond

Ghislaine Gerbelot

Du drame qui est survenu samedi sur le lac de Tignes, il ne reste que les traces de la chenillette et des blocs de glace brisés à la surface. Le trou béant, où a été englouti un engin de damage par 22 mètres de fond, ne sera bientôt plus visible. Un tragique accident qui a coûté la vie à une figure estimée de Tignes et Val-d'Isère, Michel Faugère, alors qu'il élargissait la trace de ski de fond déjà réalisée les jours précédents.

Aimé et reconnu comme expert par les professionnels de la station avec qui il travaillait, il va beaucoup manquer au service des pistes notamment. Celui-ci s'appuyait sur l'homme d'expérience pour décider de l'ouverture et de la fermeture du lac. Michel Faugère avait acquis ses connaissances sur la glace au cours de ces nombreux déplacements au Canada où il pratiquait la motoneige, souvent sur des lacs gelés, précise Arnaud Trinquier, directeur de la Régie des pistes de Tignes.

Hier matin, au lendemain de l'accident, le périmètre de sécurité était toujours en place. Par -5 °C, les vacanciers, arrivés la veille, savourent les rayons de soleil venus éclairer l'immense plateforme gelée.

Le lac naturel de Tignes est depuis toujours emprunté pour se rendre d'un bout à l'autre de la station à pied, plutôt que de passer par la route. Le cheminement piéton tracé par Michel Faugère relie Val-Claret à la station centre. C'est un va-et-vient incessant de piétons, skieurs de fond, scooters...

Le lac accueille une patinoire naturelle et une école de plongée. On est dimanche, la plupart des gens qui traversent la surface recouverte de glace ne sont pas au fait de l'actualité. L'accident s'est déroulé très tôt et samedi matin, les vacanciers étaient affairés à boucler leurs valises avant de prendre la route du retour ou n'étaient pas encore arrivés.

Un couple et ses enfants passent non loin du "gouffre". Sous le poids du père de famille, la glace cède et son pied s'enfonce. Par-ci, par-là, l'épaisseur plus mince laisse resurgir l'eau. L'homme fait demi-tour et rejoint le tracé piéton que Michel Faugère avait damé fin novembre, donnant le top départ de la fréquentation du lac. Lui non plus ne sait pas, qu'un jour plus tôt, un homme a perdu la vie ici.

Pour les habitants et salariés de la station, le destin de cet homme est tragique. Attristés d'avoir perdu un des leurs, un homme très impliqué dans la vie associative, ils seront nombreux à se rassembler cet après-midi à 14 heures en l'église des Boisses, à Tignes, pour lui rendre un dernier hommage.


28 décembre 2009

Le damage : indispensable pour proposer de belles pistes

Le damage des pistes est un exercice difficile. De la qualité du damage dépendra en effet la qualité du ski pratiqué le lendemain. Les skieurs sont de plus en plus exigeants et attendent aujourd'hui de disposer de boulevards bien dégagés sous leurs spatules.

Le damage du domaine skiable dure toute la nuit. Il commence dès la fermeture des pistes, vers 17 heures, pour se terminer le lendemain à 7 heures. Une équipe travaille sur la première tranche horaire de 17 heures à minuit, l'autre prend la relève jusqu'à l'aube. Le dameur qui travaille de nuit, et parfois dans le brouillard et la tempête de neige, est exposé à de nombreux risques : avalanche, glissade sur une neige dure ou une pente trop raide avec le risque chaque fois de retourner son engin. Sur les pistes très raides la dameuse est tirée par un treuil.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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