18 novembre 2009

Renner pourrait surprendre

Sara Renner est encore dotée de la force d’accélération qui lui a permis de décrocher une médaille d’argent au sprint par équipe aux Jeux de Turin.

Michael Tutton

Mais les prochains Jeux de Vancouver pourraient se transformer en épreuve d’endurance pour l’athlète de 33 ans de Canmore.

Renner, une vétérante de l’équipe féminine du Canada, mère d’une petite fille de deux ans, souligne que ses meilleurs résultats pourraient ne pas venir des épreuves de sprint en 2010.

À l’issue d’une récente session d’entraînement au Centre nordique de Canmore, Renner s’est dite très excitée face à ses chances dans l’épreuve du 30 km classique. Elle pourra d’ailleurs entreprendre sa préparation en vue de cette longue course lorsque sera donné le coup d’envoi de la Coupe du monde le 29 novembre à Kuusamo, en Finlande.

Questionnée sur sa stratégie lors de cette épreuve exténuante, Renner y va d’une réponse succincte.

« Ça se résume à partir en flèche, à tenir le coup, puis à y aller à fond de train à l’arrivée. »

Avant les Jeux de Turin en 2006, Renner avait enregistré une série de bons résultats dans les épreuves de Coupe du monde de sprint. Elle s’était donc amenée en Italie avec de forts espoirs quant à ses chances dans les courses de courte et de moyenne distance.

L’Albertaine a connu du succès dans l’épreuve de sprint par équipe, mettant la main sur la médaille d’argent en compagnie de sa partenaire Beckie Scott.

Toutefois, la course qui l’a rendue célèbre n’est plus disputée en style classique — la force de Renner —, mais bien en style libre. De plus, il n’est pas clair qui sera sa partenaire maintenant que Scott a pris sa retraite et que sa coéquipière Chandra Crawford tente un retour à la compétition après une vilaine blessure à la jambe.

Une inspiration
Debout devant les sommets majestueux des montagnes Rocheuses, Renner explique combien la skieuse tchèque Katerina Neumannova est une source d’inspiration pour elle.

En gagnant le 30 km style libre à Turin, Neumannova est devenue la skieuse la plus âgée à s’imposer dans cette épreuve. Sa victoire fut également l’un des moments les plus touchants de ces Jeux, lorsque sa fillette est venue accueillir sa mère exténuée au fil d’arrivée.

Voilà le genre de scène que Renner adorerait répéter sur le parcours de Callaghan Valley près de Whistler, en Colombie-Britannique. Après tout, la photo de Neumannova et de sa fille, qui occupe l’écran de son ordinateur, lui sert d’inspiration.

Pendant les Jeux de Vancouver, Renner va vivre à l’extérieur du village des athlètes. Elle pourra voir sa famille, dont son mari Thomas Grandi, un skieur alpin canadien à la retraite, et sa petite fille Aria.

À son avis, le fait d’avoir Aria près d’elle va lui permettre de demeurer terre-à-terre et détendue.

« Les enfants ont cette façon de vous rappeler de vivre au présent, et cela a vraiment été bénéfique dans ma façon de voir le sport. »

Dur entraînement
De l’avis de David Wood, un entraîneur de l’équipe canadienne, l’entraînement de type aérobie auquel Renner se soumet depuis une décennie lui rapportera des dividendes, tout comme il l’a fait pour Scott, son modèle.

« Ces longues épreuves constituent des guerres d’usure », explique Wood.

« Le rythme est élevé et il faut s’accrocher. En vieillissant, les athlètes comptent davantage d’heures d’entraînement derrière eux et ils ont la capacité de mesurer leurs efforts. Avec le temps, leur physiologie s’adapte. »

Renner s’astreint à un régime d’environ 20 à 25 heures d’entraînement par semaine, environ quatre heures par jour.

« Je fais beaucoup de course à pied, de ski à roulettes et de poids et haltères. C’est tout un entraînement. Deux sessions par jour, tous les jours. Je participe à des camps en altitude. En tant que fondeurs nous nous entraînons énormément. Il faut aimer cela. »

Reste que Renner aura comme adversaires des athlètes européennes qui sont tout aussi expérimentées et dont les succès récents en Coupe du monde sont plus nombreux.

Parmi ces Européennes figurent la Polonaise Justyna Kowalchuk, dominante la saison dernière, la puissante Finlandaise Aino-Kaisa Saarinen et Virpi Kuitunen, une vétérante étoile admirée dans son pays adepte du ski de fond.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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