20 novembre 2009


Le réalisateur Sébastien Bage a entrepris le tournage du documentaire Du cœur à l’ouvrage,
qui portera sur l’étoile montante du ski de fond Alex Harvey.

Un documentaire racontera son ascension

Alex Harvey fait du cinéma

À l’aube de ce qui s’annonce comme une longue carrière internationale, le phénomène Alex Harvey interpellait déjà le simple amateur jusqu’au fanatique, en passant par le puriste du sport. Voilà maintenant que le cinéma s’accapare cette étoile dans la neige.

Avec la passion pour le ski de fond comme dénominateur commun, six hommes combinent leurs compétences en cinéma, en sciences et en sport pour produire un film documentaire qui illustrera en paroles et en images l’histoire d’un athlète « qui n’est pas seulement le fruit de la génétique », affirme George Visser, à l’origine de cette idée audacieuse.

Un soir de mars
Le projet a débuté le soir du 14 mars lorsque le jeune Harvey, à 20 ans seulement, terminait troisième de l’épreuve de Trondheim, en Norvège, une course de 50 kilomètres qu’il avait menée durant la première heure et pour qui cet effort à lui seul lui aurait valu une forme de consécration. Quand il a appris cette performance du fiston, George Visser a revu en accéléré les images de son père, Pierre, remporter la prestigieuse classique Holmenkollen, en 1988, sous les yeux du roi de Norvège.

« J’ai sauté sur le téléphone et j’ai appelé Sébastien. Je lui ai dit : il faut faire quelque chose avec ça. Il y a quelque chose de gros qui vient de naître », raconte Visser, ingénieur qui habite maintenant Montréal, mais qui a grandi dans ce qu’il décrit comme la « microcellule de ski de fond » à Saint-Ferréol-les-Neiges.

Un pari
Le Sébastien en question s’appelle Bage de son nom, est professeur de cinéma au cégep Édouard-Montpetit, compte plusieurs documentaires à son actif et fut notamment finaliste de la série télévisée Europe-Asie. Le réalisateur a succombé sur-le-champ à l’appel de son pote.

« C’est vrai que c’est un peu tôt dans la carrière d’Alex, mais on fait le pari de commencer maintenant à raconter l’histoire de cet athlète. On voit bien qu’il y a là un potentiel dramatique intéressant. Il commence une carrière à un niveau où son père a terminé la sienne », explique le réalisateur, qui dit vouloir « aller au-delà du reportage, susciter la réflexion ».

Harvey honoré
La direction photo a été confiée à Iljo Kotorencev, qui a travaillé à plusieurs longs métrages, dont J’ai tué ma mère, de Xavier Dolan, et Carcasses, de Denis Côté. La production est aussi l’affaire de trois autres têtes, Sébastien Lamarre, Benoît Gauthier et Nicolas Lemyre. Celui-ci, qui vit à Oslo depuis 1996, où il œuvre comme responsable du département de psychologie de l’Université des sciences et du sport, verra à recueillir des images d’archives et des témoignages relatant les exploits des Harvey dans ce pays berceau du ski de fond.

Une dizaine d’heures en deux séances de tournage ont déjà été stockées, depuis cet été, dans l’environnement du personnage principal à Saint-Ferréol. D’autres suivront, possiblement durant les Jeux olympiques de Vancouver, puis à l’occasion de différents événements en Europe.

« Dès qu’on m’a proposé l’idée, je l’ai trouvée super intéressante. Oui, c’est flatteur, mais je trouve surtout que ce sera bon pour le sport », a commenté Harvey, cette semaine, quand on l’a joint en Suède avant d’attaquer sa saison en Coupe du monde.


Comme le premier but de Mario Lemieux

« Ce premier podium individuel en Coupe du monde, c’est un peu comme Mario Lemieux qui avait marqué un but à sa première présence dans la Ligue nationale. »

Le réalisateur Sébastien Bage ne manque pas d’arguments pour justifier son documentaire sur l’étoile montante du ski de fond. S’inspirant de la médaille de bronze du jeune Harvey, en mars dernier à Trondheim, le cinéaste entend susciter une réflexion sur le dépassement humain à travers la personnalité équilibrée de cet athlète.

« Une intelligence du sport »
Guidé par les objectifs « d’informer et d’inspirer », le film posera la question suivante : Dans ce sport aussi exigeant et complexe qu’hiérarchique, comment un Québécois si jeune a-t-il réussi à s’élever prématurément dans l’élite internationale ?

« Alex a été entouré toute sa vie de gens qui ont une intelligence du sport. Mais au-delà de l’apport héréditaire dont il profite, il maîtrise déjà les préparations physiques, techniques, tactiques et psychologiques relatives à son sport », s’étonne George Visser, ex-fondeur de calibre national et initiateur de ce projet.

« J’en ai fait des courses de 50 kilomètres en ski de fond et je sais comment c’est difficile, poursuit-il. Ça m’impressionne de le voir avec tout son calme, à 20 ans seulement, se présenter à la ligne de départ devant les meilleurs du monde. »

À quand la sortie ?
Le budget modeste de 50 000 dollars dictera la sortie du documentaire, dont le scénario original proposait pourtant de profiter de l’effervescence olympique. « Dès qu’on aura des partenaires financiers, on pourra fixer l’échéancier », se ravise Visser, rappelant que le financement relève pour l’instant de son groupe.

« On ne veut pas faire un sou avec ça, mais on ne veut pas en perdre non plus. On le fait parce qu’on est des « trippeux » et qu’on aime le ski de fond », précise-t-il.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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