11 mai 2009
Julien Castelli
Si un jour en vous promenant, vous croisez de drôles de bonhommes sur des skis à roulettes, ne contactez pas les services de psychiatrie. Profitez-en pour prendre quelques renseignements : les joies du ski de fond sans neige et dans le bocage avesnois sont à portée de bâtons : ça s'appelle le skike et ils ne sont que deux - à notre connaissance - à le pratiquer en Sambre-Avesnois.
À son froncement de sourcils, on voit qu'il ne comprend pas bien, ce cycliste, ce que fait Philippe Ysmal dans cet accoutrement : « T'as des drôles d'engins, lui lance-t-il. C'est la première fois que je vois ça par ici ! » C'est Patrick Pomeyrols, ostéopathe à Bavay, qui a importé en Sambre-Avesnois cette discipline venue d'Autriche : « Je souhaitais me préparer pour du "nordic walking" (*) en haute montagne. Je rêvais de faire du ski de fond, mais on est dans le Nord ! » Et pas dans le Grand Nord...
Bon pour le coeur
C'est en cherchant sur Internet qu'il découvre un jour le skike. Il en parle à Philippe Ysmal, professeur d'escalade au Rail-Atac de Louvroil. Les deux amis sont séduits par ses bienfaits cardiaques : « Ça fait travailler tout le corps de manière harmonieuse et non brutale, souligne l'ostéopathe. Et d'un point de vue mécanique, l'adjonction des bâtons permet de soulager les articulations. » Le skike se pratique en général les beaux jours et sur des sentiers en terre, de manière à faciliter la glisse des roulettes tout en profitant d'un bon « grip ». Mais Philippe Ysmal insiste sur le côté tout-terrain : « On peut en faire sur le bitume, même si ça accroche moins.
» Il s'est promené avec ses skikes dans la Drôme, le long des vignes : « C'était dur car ça grimpait pas mal ! » Le Louvroilien avait déjà pratiqué le roller et le ski de fond alors « j'avais déjà un peu la technique ». À raison de quatre ou cinq séances d'une heure et demie, il avoue avoir été « beaucoup plus à l'aise » par la suite. Bien dans son corps et dans ses skikes !
11 mai 2009
Cette discipline a été inventée par un Autrichien en 1998. Il s'agit d'un dérivé de la marche nordique (marcher avec des bâtons). Le mot « skike » vient de la contraction de « skate » (patin) et de « bike » (vélo). S'il n'a rien de ce dernier, le skike combine à la fois les sensations du roller et du ski de fond.
( Note du webmestre : Loin de nous l'idée de contredire nos amis français, mais il y a lieu de faire remarquer que le ski à roulettes a été inventé bien avant 1998.
Entres autres, l'olympien Pierre Harvey, gagnait un championnat provincial au Québec en... 1982 !)
Comment le pratiquer ?
Ce sport de glisse semble plus spécifique à la randonnée, mais il est possible de le pratiquer de manière extrême, en témoignent certaines vidéos que l'on peut trouver sur internet.
Combien ça coûte ?
L'investissement est conséquent : 300 E environ, tel est le prix d'achat du skike et des bâtons. Comme les distributeurs de ce type de produit ne sont pas légions, les achats s'opèrent essentiellement via des sites spécialisés sur internet.
Qui contacter ?
S'il n'existe pas encore de fédération française de skike, il est possible de se rapprocher de Philippe Ysmal au Rail-Atac de Louvroil, au 03 27 65 85 80. Si aucune initiation au skike n'est pour le moment à l'ordre du jour, M. Ysmal se rend disponible pour tout renseignement complémentaire.
11 mai 2009
Le temps d'une courte expérience sur le sentier Émeraude, nous avons chaussé les skikes et brandi les bâtons. Impressions.
Julien Castelli
Première phase, assis sur un banc. On serre fort les sangles qui maintiennent les pieds et les chevilles. On enfile des mitaines ajourées qui, grâce à des dragonnes, s'enclenchent directement sur les bâtons. Ainsi, pas de risque de les perdre dans des mouvements désarticulés. Enfin équipé, je me lève du banc d'un mouvement hésitant, pensant à coup sûr me retrouver en déséquilibre. Et bien j'ai tout faux. Comme la base des deux skikes est très rapprochée du sol, tout paraît très stable à l'arrêt. Avant de décrire la suite, je dois préciser que je n'ai jamais pratiqué le ski de fond ni le roller à un haut niveau de compétition. Et c'est un euphémisme.
Je m'élance donc, mais les bras et les jambes ont beaucoup de mal à fonctionner ensemble. Je décide de me concentrer sur le bas : je pousse sur mes chevilles à la manière d'un skieur de fond. « Le planter du bâton ! », semble me conseiller Philippe Ysmal. Je fixe mes deux tiges le plus en avant possible, de manière à gagner de la vitesse. Je passe dans une zone ombragée. Les récentes pluies ont rendu la terre meuble, ce qui facilite la perte d'adhérence. Je manque de tomber, mais je maîtrise, sans trop penser à une quelconque utilité des freins (qui s'actionnent en s'affaissant en arrière). Au bout de vingt minutes, je tire la langue : mal aux chevilles et plus trop de force aux bras. Mais la technique s'acquiert. On arbore le sourire de la fatigue qui fait plaisir. C'est décidé, demain je reprends le sport.
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