6 octobre 2009


La maladie et une rencontre déterminante avec Pierre Harvey
ont mené l´entraîneur Louis Bouchard sur le chemin de son fils Alex.
photo : Daniel Mallard
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« Le ski de fond m’a sauvé la vie »

Ramsau, Autriche - Il n’existe pas de mesure précise pour évaluer l’influence exercée par Pierre Harvey et son fils Alex sur la jeunesse sportive du Québec. On en a pourtant trouvé une dans les Alpes d’Autriche.

Il suffisait de côtoyer les skieurs et le personnel d’encadrement du Centre national d’entraînement Pierre Harvey, venus y tenir leur camp annuel d’entraînement, pour happer au passage une phrase échappée par Louis Bouchard. « Le ski de fond m’a sauvé la vie », laisse tomber tout bonnement l’entraîneur.

La révélation nous mène alors vers le récit d’un homme devenu l’un des entraîneurs les plus qualifiés au Canada et pour qui un cancer, duquel il s’est défait non sans misère, a lancé une passion pour l’entraînement enrichie au contact des deux générations de Harvey.

L’appel de Pierre...
Cette carrière naîtra sur le bord d’une piste au Saguenay, en 1988, où l’illustre Pierre Harvey participe à une Coupe Canada. Un jeune à la tête dégarnie tient un chronomètre et s’affaire à prendre les temps de passage. L’athlète olympique, qui ne manque jamais une occasion de propager le bien, devine que ce gamin curieux revient d’une épreuve qui n’a sûrement rien à voir avec le sport. Il l’accoste après la course : « C’est de passionnés comme toi que notre sport a besoin », lui dit-il doucement.

« Peux-tu imaginer ? C’est celui qui avait toujours été mon idole qui me disait ça », se remémore Bouchard, qui sortait tout juste d’une année de traitement violent de chimiothérapie.

...après la maladie
En 1987, cet adolescent avait 16 ans et donnait dans le haut niveau de ski de fond avec le club de Saint-Jean-Chrysostome. La neige était toujours belle, alors on peut imaginer la vie pour un jeune homme en santé avec plein d’amis autour. Un simple détail l’ennuyait toutefois : une masse de la grosseur d’une balle de tennis lui causait une douleur dans la cuisse droite, encore plus vivement à l’effort. Heureusement, une chirurgie après sa saison allait régler le problème.

Pas tout à fait. Une semaine après l’opération, il répond à un appel à la maison : « Il faudrait que tu viennes nous voir avec tes parents », lui demande le médecin. Le ton cachait une surprise : la tumeur analysée se révélait cancéreuse. L’annonce déclencha ensuite la plus difficile course contre-la-montre pour le jeune athlète infatigable qu’il avait toujours été.

« J’ai eu des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie à toutes les deux semaines durant une année complète. Les traitements devaient être puissants parce que le corps à l’adolescence est en pleine croissance. Je n’étais pas capable de garder la nourriture en moi. J’en étais rendu à en avoir tellement assez d’être malade que je ne mangeais plus », se remémore-t-il.

Le plus beau métier
Une importante partie du muscle de la jambe droite a dû lui être retirée. « Par chance que j’étais en forme, sinon je marcherais avec une canne aujourd’hui », dit-il.

C’en était fait de ses aspirations comme athlète. « La maladie m’a donné un bel espoir », en retire-t-il, maintenant qu’il s’est abandonné à sa carrière d’entraîneur.

« Je suis privilégié parce que je fais le plus beau métier du monde. On vit les victoires et les défaites avec les athlètes, on ressent la même adrénaline. C’est ma vie... »


6 octobre 2009

Un secret touchant

En six années de travail étroit avec Alex Harvey, Louis Bouchard ne lui avait jamais confié cette rencontre déterminante de sa vie avec son père Pierre et qui allait lancer sa carrière d’entraîneur.

« C’est touchant de l’entendre », avoue Alex en se raclant la gorge quand on lui révèle l’épisode. À cet instant, on devine le jeune skieur se féliciter de porter ses verres fumés sous le soleil éclatant de l’après-midi...

Relation unique
Quand on a 21 ans, le devoir de se contenir s’impose. On sent par contre le respect que voue Harvey à Louis Bouchard et au personnel d’encadrement du Centre national d’entraînement, une relation bonifiée par la complicité avec tous les autres athlètes du « club ».

« On a tous confiance dans le programme de Louis. Il a la faculté de le rendre personnalisé à chacun et il sait nous mettre en confiance. Tous les ingrédients sont réunis et ça marche », rapporte l’étoile montante du ski de fond au Canada.

Bouchard, lui, baisse la garde quand il emprunte le pont entre Pierre Harvey et le rejeton Alex. « Je ne cacherai pas que ça fait quelque chose de savoir que tout a commencé avec ma rencontre avec Pierre et que je travaille aujourd’hui avec Alex, 20 ans plus tard. »


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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