5 octobre 2009


photo : Daniel Mallard
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« J’aime cette vie » — Alex Harvey

Ramsau, Autriche - On a vite flairé l’ironie quand Alex Harvey nous a parlé de son « bureau de travail » des deux dernières semaines. Quand le téléphérique nous a déposés dans cette carte postale sur un toit d’Autriche, on s’est dit qu’il est bien vrai, finalement, qu’il n’y a pas de sot métier.

À 3000 mètres d’altitude, le glacier de Daschtein exprime le gigantisme dans son duel gagné d’avance contre la petitesse de l’homme. C’est ici, en ce dimanche matin, qu’Alex Harvey s’époumonne avec les 15 autres athlètes du Centre national Pierre Harvey. Sur les deux lacets de 15 et sept kilomètres tracés dans ce massif unique, l’élite du ski de fond d’Estonie, de Finlande, de Russie et d’autres nations a choisi ce site d’entraînement reconnu pour enfin trouver de la neige avant la saison en Coupe du monde.

Parmi ces centaines et centaines de fourmis affairées chacune à sa tâche, l’une d’elles souffre à l’effort. Mais le soleil est bon et la journée belle.

« J’aime cette vie », dit simplement la vedette montante du ski au Canada. « Oui, c’est difficile de vivre séparé de ma famille et de sacrifier l’école, mais j’ai de bons amis avec moi, autant du centre national que de l’équipe nationale. Je ne peux pas m’ennuyer. Vraiment, je ne m’emmerde jamais », ajoute Harvey, attablé à une terrasse ensoleillée dans le village typique de Ramsau.

Comparaisons incomplètes
Riche héritier de la génétique, le fiston de Pierre assoit de plus en plus son prénom. S’il a retenu de son père la rigueur de l’entraînement et le souci des détails inhérents à son sport, il en a aussi gardé la personnalité agréable à côtoyer. Le jeu des comparaisons se détraque toutefois quand on évoque l’éclosion sur la scène internationale.

« Quand Alex est né, je me rappelle qu’on se disait : si ce petit gars-là peut avoir le talent de son père, Pierre, et la détermination de sa mère, Mireille, on pourrait avoir tout un champion ! Ben, c’est en plein ça qui arrive ! », raconte Yves Bilodeau, aujourd’hui farteur de l’équipe nationale après avoir longtemps couru dans l’ombre de Pierre durant ses belles années.

Un jeu
Le poids de son nom n’embête plus l’athlète de 21 ans. L’a-t-il vraiment embêté, au fait ?

« Je suis rendu tellement habitué, répète-t-il pour la nième fois. Ceux qui ne connaissent pas le ski de fond vont toujours se référer à la carrière qu’a eue mon père, mais ceux qui connaissent le ski savent qu’Alex peut faire ses propres affaires », affirme-t-il. « L’un des plus gros atouts d’Alex, c’est de savoir gérer de façon incroyable le stress qu’il peut y avoir autour de lui. Il gère ça mieux que n’importe qui dans l’équipe nationale. Si, une journée, il n’est pas au sommet de sa forme, il va quand même élever son niveau en gardant la tête froide, en trouvant le positif pour l’appliquer en course. S’il devait sentir quelconque pression par les médias ou la population à cause de son nom, il va plutôt transformer la situation en un jeu. Il va s’amuser », le décortique l’entraîneur Louis Bouchard, qui travaille avec lui depuis cinq ans.

Des chances
Harvey rembourse la vie par la délicatesse d’apprécier les séjours privilégiés comme celui-ci dans la montagne autrichienne. À quatre mois des Jeux olympiques de Vancouver, il faut quand même se présenter au « bureau », après tout. « L’accent est mis sur Vancouver, cette année. Je sais que j’ai des chances de faire un podium, mais ça ne reste que des chances... »


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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