2 septembre 2009

« Un comportement erratique », selon un juge

Myriam Bédard a eu «un comportement erratique» lorsqu'elle est partie à Washington avec sa fille de 11 ans pour y dénoncer le «terrorisme bureaucratique canadien», entre octobre et décembre 2006.

Éric Thibault

C'est ce que son avocat s'est fait dire par un juge de la Cour d'appel, mardi, alors qu'il plaidait pour faire annuler la condamnation de l'ex-championne olympique pour l'enlèvement de son enfant en contravention d'une ordonnance de garde du tribunal.

L'ex-biathlète, qui n'était pas au palais de justice de Québec pour l'occasion, conteste le verdict de culpabilité rendu contre elle au terme d'un procès tenu devant jury, à l'automne 2007, et sa sentence, une absolution conditionnelle à une probation de deux ans - qu'elle aura fini de purger le mois prochain - durant laquelle elle ne peut quitter le pays. Elle souhaitait une absolution inconditionnelle qui lui aurait évité un casier judiciaire.

Me John Pepper Jr a notamment taxé le juge Jean-Claude Beaulieu, de la Cour supérieure, d'avoir «bousillé la cause» de la défense durant le procès, en commettant des erreurs de droit qui ont conduit les jurés à rendre « un verdict injuste et déraisonnable ».

L'avocat montréalais a aussi reproché au juge Beaulieu d'avoir mentionné que la double médaillée d'or des Jeux de Lillehammer avait «besoin d'aide» psychologique. C'est alors que le juge André Brossard, qui présidait le banc de trois juges chargé d'entendre l'affaire en appel, a rétorqué : « Vous ne pouvez nier que dans toute cette aventure aux États-Unis, il est difficile de dire qu'elle n'a pas eu un comportement erratique ».

Théorie du complot
Me Pepper a également pris la poursuite pour cible, en l'accusant notamment de s'être servi du père de l'enfant - l'entraîneur de biathlon, Jean Paquet, qui a porté plainte à la police de Québec devant l'impossibilité d'exercer ses droits d'accès à sa fille - comme «marionnette» afin d'obtenir l'extradition de sa cliente.

Le juge Brossard a toutefois noté que les seuls relevés de carte de crédit montraient que Myriam Bédard, sa fille et son conjoint (Nima Mazhari) ont changé d'hôtel 29 fois en 87 jours durant leur périple et que cela « s'apparentait à une tentative de fuite », d'où l'urgence d'agir.

Myriam Bédard avait été arrêtée près de la capitale américaine, le jour de son anniversaire, le 22 décembre 2006 et y fut emprisonnée 14 jours avant d'être ramenée au pays.

La poursuite n'a pas été en reste devant la Cour d'appel. Me Josée Lemieux comptait faire réviser la sentence jugée trop clémente pour une peine de détention à purger dans la collectivité.

Son collègue, Me Sébastien Bergeron-Guyard, a ajouté que les attaques «sans fondement» de la défense s'inscrivaient dans sa thèse de la « conspiration et de la vendetta » de l'État contre Myriam Bédard, en guise de représailles pour son témoignage remarqué à la commission Gomery sur le scandale des commandites. Les juges ont pris la cause en délibéré.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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