13 juin 2009


Alex Harvey peut joindre l´utile à l´agréable en s´entraînant
avec son illustre père. Combien d´athlètes ont ce privilège ?
photo : Daniel Mallard

Géniale génétique

Il y en a pour qui un week-end de pêche ou une ronde de golf s’inscrit comme une classique annuelle et un prétexte à de précieuses retrouvailles père-fils. Chez Pierre et Alex Harvey, ces bonheurs de la vie se trouvent dans ce qu’il y a de plus commun pour eux : s’arracher le cœur ensemble à ski ou à vélo.

Pour au moins dix ans encore, on évoquera souvent la beauté de la génétique quand on suivra la carrière d’Alex, joyau de haute valeur du ski de fond canadien. On rappellera le formidable athlète qu’a été son père — ce qu’il est encore à 52 ans ! — et le jeu des comparaisons est déjà amorcé maintenant que fiston compte deux médailles de bronze en Coupe du monde gagnées à 20 ans seulement.

Cette force de l’hérédité concède au jeune fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges des moments privilégiés. Pour toute commode soigneusement ordonnée que possède chaque athlète de calibre international, Alex Harvey a dans la sienne un tiroir unique dans lequel il peut parfois piger pour en ressortir un supplément que d’autres n’ont pas. Avaler des kilomètres d’entraînement avec son père, de surcroît à un train réservé à une infime partie de sportifs, combien d’athlètes dans le monde peuvent-ils s’en prévaloir ?

« C’est agréable, c’est certain, reconnaît le fiston. On peut parler de choses courantes et, en plus, ça compte en même temps comme un entraînement. »

Horaires différents
Le calibre de compétition qu’a atteint Alex amplifie l’écart d’âge qui le sépare de son père. Quand son programme commande une sortie d’endurance de 150 kilomètres, c’est seul sur son vélo qu’il se tapera le tour de l’île d’Orléans à partir de depuis chez lui. À 30 kilomètres à l’heure de moyenne, papa aurait déjà mené le rythme — sans doute encore aujourd’hui —, mais les priorités ont changé. L’emploi du temps surtout.

« De temps en temps, je l’appelle et je lui demande ce qu’il a de prévu comme entraînement durant la fin de semaine. Si ça convient, j’y vais avec lui. On en profite pour parler de toutes sortes de sujets. Durant la dernière année, il a été parti de la maison 40 semaines sur 52, alors il ne nous reste plus beaucoup de temps pour nous voir », dit le père, dont l’entraînement quotidien se limite surtout à un jogging à 6 h du matin.

« Alex peut se lever plus tard pour s’entraîner, ce qui va de soi. Forcément, il se couche donc plus tard le soir, mais il est raisonnable pour un gars de son âge. Parfois, je lui demande même : pourquoi tu ne sors pas avec tes chums, ce soir ? Je ne souhaite quand même pas le voir devenir un moine ! »

Le ski, plutôt rare
Avec ses sorties de deux à trois heures, le vélo de montagne se prête davantage à une activité père-fils. Curieusement, rouler le leur permet plus que le sport qui occupe maintenant toute la vie d’Alex. « Je ne skie pratiquement plus avec mon père. Juste dans la dernière année, j’ai skié seulement cinq jours au Mont-Sainte-Anne. En tout, durant l’hiver, j’ai compté les jours et j’en ai passé seulement sept à la maison », affirme-t-il.

« C’est surtout à ski ou à vélo sur route qu’on peut davantage jaser, dit le père. C’est le moment idéal pour prendre des nouvelles de lui. Je lui demande comment il se sent, quels endroits les plus beaux où il a skié durant l’année, comment se passe la vie dans l’équipe nationale, etc. Parfois, je me dis qu’il doit commencer à en avoir assez quand il est parti depuis trois mois, mais au contraire. Alex ne semble pas avoir le mal du pays. »

Compétition amicale
Le jeune prodige ne cache pas qu’il peut détaler dans la neige loin devant son père quand il ouvre la machine. Cela dit, avec tout le respect. « Si j’y vais à fond, il ne me suit pas », dit-il humblement.

Le passé du papa ne peut plus rivaliser avec le présent du gamin, certes, mais l’esprit de compétition épice encore les sorties, surtout celles à vélo de montagne avec toutes ces souches à contourner qu’elles comportent.

« Je me souviens des sentiers très techniques où je passais avec Alex. On jouait à celui qui posait le moins de fois un pied par terre. Je me rappelle comment il était content la première fois qu’il m’avait battu. Il avait 13 ans ! »


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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