30 mars 2009

Alex Harvey : 10 ans d'avance

La scène aurait pu se passer il y a une quinzaine d'années, mais à l'inverse. Hier, le long des pistes du centre de ski de fond Mont-Sainte-Anne, c'était au tour de Pierre Harvey de regarder et d'encourager ses enfants, Alex, Laurence et Sophie, qui participaient au relais de la Coupe du Québec de ski de fond.

Dans le temps, comme on dit, ce sont les enfants qui encourageaient le paternel, toujours en compétition. Hier, Pierre était aussi de la compétition, formant une équipe avec Guido Visser, tandis qu'Alex était jumelé à Frédéric Touchette, un autre king du centre national d'entraînement Pierre-Harvey. « Ça n'arrive pas souvent que l'on participe tous les quatre à la même compétition », mentionne Pierre. Surtout parce que le fils aîné n'est plus souvent à la maison parce qu'il participe à des compétitions internationales.

« C'est toujours plaisant d'être ensemble et nous nous amusons beaucoup. Alex a convaincu quel­ques amis du ski alpin de participer à la course de relais. Il leur a prêté ses skis et tout le monde a eu du plaisir. » C'était plaisant de voir comment chacun encourageait les autres.

Les succès d'Alex n'étonnent pas les familiers du ski de fond. Il faut dire que la génétique a été favorable puisque sa mère, Mireille Belzile, a été une bonne athlète également. Alex profite donc des qualités athlétiques de ses parents. « Ce n'est pas surprenant de voir ses succès », explique Jocelyn Vézina, qui a longtemps couru en compagnie de Pierre Harvey. « Dès l'âge de 17 ans, on voyait qu'Alex était très doué et il n'y avait aucun doute qu'il était pour réussir sur la scène internationale. »

Difficile comparaison
Il est difficile de comparer Pierre et Alex, même quand on recule dans les meilleures années du paternel. « Ce n'est pas compliqué, lance Pierre, car Alex a commencé à skier vers l'âge de quatre ans, tandis que moi, j'ai commencé le ski de fond à 19 ans. Il a gagné sa première médaille en Coupe du monde à 20 ans, et moi, j'en avais 30. Ça fait donc qu'il a une dizaine d'années d'avance sur moi. Les pistes de ski de fond sont comme son terrain de jeu. Il a toujours vécu ici, et l'été, il parcourait ces mêmes pistes en vélo de montagne. Il a participé au programme sport-études. L'entraînement pour lui, c'est comme respirer, c'est tout naturel. »

Ni sa mère ni son père ne l'ont poussé dans un sport ou l'autre, pas plus qu'ils ne l'ont fait pour les deux filles. « Alex a pratiqué le ski de fond et le vélo de montagne pendant quelques années et il a même fait les championnats mondiaux juniors dans les deux disciplines. Puis, il a pris la décision de se consacrer uniquement au ski de fond. Avec les changements de format des compétitions, il y a plus de départs de masse, et comme Alex a fait beaucoup de vélo, il est habitué à ces départs et c'est là que son expérience lui permet de bien gérer ses courses. »

Si on favorise aujourd'hui les départs de masse et les tracés moins longs qui permettent aux spectateurs de voir plus souvent les coureurs, il y a un peu plus de 20 ans, en 1985, le ski de fond connaissait une révolution, avec le pas de patin. « On se battait contre les Norvégiens qui avaient une technique impeccable en style classique, explique Pierre Harvey. Avec la technique du pas de patin, c'est comme si le compteur avait été remis à zéro. Tout le monde partait au même niveau et c'est sûr que ça m'a aidé à obtenir du succès, car je n'aurais jamais pu avoir une technique aussi parfaite en classique que les Norvégiens. »


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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