30 mars 2009

Le dur labeur porte fruit

La fin des championnats canadiens de biathlon tenus jusqu’à hier au Centre Myriam-Bédard de Valcartier a du même coup mis un terme à une saison remplie de promesses pour les athlètes québécois.

Avec une récolte frôlant encore 30 % du nombre de médailles octroyées depuis le début des compétitions, jeudi, les biathlètes de la province ont de nouveau prouvé qu’ils sont sur la bonne voie. C’est donc un bilan fort satisfaisant qui est dressé, autant sur le plan des championnats que sur celui de la saison dans son ensemble.

« Depuis 2003, nous sommes toujours sur une montée, on a sorti la tête de l’eau » , spécifie Sandrine Charron, entraîneuse de l’équipe provinciale et directrice haute performance pour l’Association des clubs de biathlon du Québec.

« Quand le programme militaire de biathlon est tombé, au début des années 2000, ça nous a fait souffrir parce que ça nous amenait beaucoup de bons athlètes seniors bien préparés, dont c’était le travail d’être athlète. On a alors perdu une masse critique au sommet qui pouvait tirer les plus jeunes vers le haut. Disons que, depuis sept ans, on travaille particulièrement fort pour remonter la pente » , explique la dame.

Si, au cours des dernières années, les résultats étaient probants, ils ont été plus spectaculaires cette saison, notamment avec quelques podiums aux championnats du monde junior et benjamin, de même qu’avec les étonnantes performances de Jean-Philippe Le Guellec sur le circuit de la Coupe du monde. La démarche de Marc-André Bédard en compétitions IBU et son impressionnante entrée en scène à la Coupe du monde de Norvège laissent aussi poindre l’espoir.

« Les résultats, ça fait quelques années qu’ils sont quand même très bons parce que nos athlètes étaient souvent surclassés ou jeunes dans leurs catégories. Cette année, tout le monde a maturé et se retrouve à sa place. Le fruit de plusieurs années d’efforts tombe en place. Il ne faut jamais oublier que développer un grand athlète en biathlon, ça prend environ 10 ans », souligne Sandrine Charron.

« Sur la scène internationale, tout le mérite revient à Jean Paquet, qui suit nos athlètes partout. Ici, c’est la première fois cette année que les athlètes peuvent compter sur Pierre Pépin comme entraîneur en permanence à Québec. Ça leur a certainement apporté beaucoup de confiance et de stabilité », estime-t-elle.

Cap sur la relève
S’il demeure toutefois un aspect que les grands manitous du biathlon québécois aimeraient voir prendre du lustre, c’est le développement de la relève à long terme.

« On ne peut pas dire que la partie est jouée; il nous reste de gros défis. Il faut arriver à nous structurer pour apporter plus de support à la base, dans les clubs où les athlètes se développent avant de joindre l’équipe du Québec. Il faudrait que leur niveau soit plus élevé quand ils tombent entre nos mains pour accélérer leur évolution » , note Sandrine Charron.


Transition difficile pour Maxime Leboeuf

À sa première année senior, Maxime Leboeuf a frappé un mur, mais il se dit très encouragé et motivé à poursuivre sur la lancée qu’il avait amorcée dans les rangs juniors.

L’athlète de Val-Bélair a entamé la saison en trombe avec une étonnante 25e position lors d’une Coupe d’Europe disputée en Italie, avant la période des Fêtes. Par la suite, bien malgré lui, tout s’est écroulé, et les résultats pourtant si prometteurs ne sont jamais venus.

« Après ma course en Italie, je ne sais pas encore vraiment ce qui a bien pu se passer », a résumé le biathlonien de 22 ans, qui s’est contenté de la 14e place en sprint samedi et de la quatrième position au relais mixte, hier. « J’ai ressenti un gros coup de fatigue comme je n’avais jamais vécu auparavant. Avec du recul, je pense que j’étais au bord d’être surentraîné. J’ai encore passé des prises de sang dernièrement pour être sûr que tout va bien. Ça m’a stressé de me sentir comme ça, cette saison. »

Au sommet de sa forme cet automne, Leboeuf a tiré la langue ensuite. Loin de se laisser abattre par une saison qui n’a pas répondu à ses attentes, il fonce tout droit vers l’an prochain.

Vers l’avant
« Ça a été difficile, car les attentes étaient élevées et j’ai vécu une grosse déception. Par contre, je regarde en avant. C’était ma première année senior et c’était toute une transition. Il faut que je me donne une vraie chance. J’ai appris et il faut maintenant que je trouve le juste milieu dans mon entraînement », a-t-il souligné.

Tout de même, Maxime Leboeuf se dit fort encouragé par la 16e place qu’il a obtenue à l’épreuve individuelle des Universiades de Chine, en février. « Ça m’a montré ce que je peux faire. Jean-Philippe (Le Guellec) et Marc-André (Bédard) ont fait de gros bonds cette saison, et je sais que je peux y arriver aussi », a promis le jeune homme.

Le Québec finit en beauté
Le trio for mé de MarcAndré Bédard, Robin Clegg et Claude Godbout a mis la main sur l’or en classe senior, à l’épreuve de relais mixte qui clôturait les championnats canadiens de biathlon, hier, au Centre Myriam-Bédard de Valcartier.

Ça a été la meilleure performance des Québécois, qui ont devancé les représentants de l’Alberta et de la Saskatchewan, se faufilant vers la plus haute marche du podium. Un autre trio québécois, celui des frères Maxime et François Leboeuf, jumelés à Isabelle Abran, a pris la quatrième position.

Chez les juniors, la Colombie-Britannique, avec Matt Neumann, Aaron Neumann et Megan Tandy, a remporté le relais. Guillaume Carrier, Angela Salvi et Édouard Côté ont procuré une médaille d’argent au Québec, tandis que les Albertains fermaient la marche.

Enfin, la classe benjamine a été l’affaire des Albertains Kurtis Wenzel, Tana Chesham et Scott Gow. Le Québec a toutefois enlevé l’argent et le bronze grâce aux équipes formées de David Grégoire, Yolaine Oddou et Vincent Blais, ainsi que Marc Brosseau, Audrey Vaillancourt Paul Morencie.


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