29 mars 2009


Alex et Pierre Harvey étaient bien heureux de se retrouver,
au cours des derniers jours, à la suite d’une longue séparation de trois mois.

Alex Harvey en avance dans sa progression

Alex Harvey a connu une saison totalement au-delà de toutes ses espérances.

Le fondeur de 20 ans, qui avait pour objectif de terminer parmi les 30 premiers, aux épreuves de Coupe du Monde, s’est retrouvé sur le podium à deux reprises.

La première fois, à Whistler, en Colombie-Britannique, avec la troisième place au relais-sprint, et une médaille de bronze, à Trondheim en Norvège, à l’issue d’une épreuve de 50 km.

« C’est quelque chose que j’envisageais plus vers l’âge de 25 ou 26 ans. Mon but premier, lorsque j’ai entrepris la saison, était de prendre de l’expérience et continuer à progresser. Je ne pensais jamais être en mesure de réaliser ce genre de performances » , a-t-il laissé tomber, hier, au cours d’un entretien.

Alex Harvey a connu une progression que plusieurs intervenants qualifient de phénoménale. Sa troisième position en Norvège a été le fait d’armes de sa saison. Une performance qui a même surpris l’entourage du jeune skieur de Saint-Ferréol-les-Neiges, qui, sur le coup, croyait à une erreur informatique.

Le paternel, lui, a été estomaqué par les résultats de fiston. « Je me disais que ça ne se pouvait pas. Il était dans les 35 et 40es, l’an dernier, et il se retrouve, tout à coup, un an plus tard, dans les 10 premiers. Je ne comprenais pas » , a lancé Pierre Harvey.

Le vrai Alex
L’explication est ensuite apparue en toute logique. Alex Harvey était affecté, l’an dernier, par un problème de circulation sanguine à la jambe gauche. Cette situation l’empêchait d’y aller à fond en fin d’épreuve et elle a été corrigée à la suite d’une intervention chirurgicale.

« L’Alex de l’an passé n’était pas le vrai Alex. La progression qu’il aurait normalement dû faire, l’an dernier, et qui l’aurait fait passer des 40es places aux 20es, ne s’est pas faite en raison de cette problématique » , a-t-il mentionné.

Papa Pierre est fier de son fils. Et il sait de quoi il parle.

« J’ai passé par là et je sais ce qu’il vit. C’est loin d’être évident de quitter la maison et ses amis à 20 ans. Moi, lorsque j’ai vécu ça, j’en avais 25. Il a quitté la maison le 28 décembre et il est revenu il y a quelques jours. C’est difficile et j’ai beaucoup d’admiration à le voir réussir et manoeuvrer dans ces conditions. J’étais loin de penser, lorsqu’il a commencé à l’âge de cinq ans, qu’il réaliserait tout ça. Il m’impressionne », a-t-il ajouté, avec fierté et admiration.

La machine
Le jeune athlète prendra un peu de repos, en avril, avant de reprendre l’entraînement avec du vélo, du ski à roulettes, de l’entraînement en salle et de la course à pied.

« Il faut que je continue d’améliorer ma forme physique. Il faut des années de travail avant que la machine soit à point et il ne faut jamais relâcher. C’est deux séances d’entraînement par jour, six ou sept fois par semaine », a-t-il précisé.

Alex Harvey participera, aujourd’hui, au Mont-Sainte-Anne, à une course à relais avec son coéquipier Frédéric Touchette, à l’occasion de la finale de la Coupe Québec de ski de fond Eska. Cette course – sa dernière de la saison – il la disputera pour le plaisir. Papa Pierre et Guido Visser seront aussi de la partie. « On va toutefois partir 10 minutes avant eux » , a lancé Pierre Harvey.


Dans les petits pots les meilleurs onguents

Le Centre national d’entraînement Pierre Harvey, qui fonctionne avec un minuscule budget de 200 000 $, attire de plus en plus l’attention. Il y a les performances d’Alex Harvey, qui a choisi de demeurer au Québec et de ne pas s’exiler au centre national d’entraînement de Canmore, en Alberta, mais il y a aussi sept membres de l’équipe nationale, qui ont choisi de s’entraîner au Québec. Il s’agit de Frédéric Touchette, Brent McMurty, Charles Brassard, David Greer, Graham Nishikawa, Julien Nury et Lenny Valjas.

« La copine de Brent McMurty s’entraîne à Canmore et lui a tout de même choisi, malgré cette situation, de venir s’entraîner chez nous » , a indiqué Georges Bertrand, président du conseil d’administration du Centre national d’entraînement Pierre Harvey ( CNEPH), au cours d’un entretien.

Cette situation aurait pu agacer et froisser les dirigeants de Ski de fond Canada, mais ça ne semble pas du tout être le cas. « Les athlètes qui s’entraînent chez nous connaissent du succès et cette situation force tout le monde à pousser encore plus fort. Ceux qui s’entraînent à Canmore veulent battre les gars de Québec et vice et versa. Ils réalisent que nous sommes capables, nous aussi, de livrer la marchandise » , a fait remarquer Bertrand.

Petit budget
Le CNEPH fonctionne avec un budget de 200 000 $, comparativement à 2,5 millions de dollars, pour Canmore. Et, sur cette somme, 80 000 $ proviennent de la poche des athlètes.

« Avec les performances de nos athlètes, on va finir par leur forcer la main et obtenir plus de financement. C’est ce que l’on souhaite. Toutes les pièces du casse-tête sont en place. Il ne manque que de l’argent » , a lancé le président du C. A.

Cette situation de pauvreté, selon Pierre Harvey, a malgré tout un petit côté positif insoupçonné. « Il y a un seul entraîneur, ici, et il n’y a personne qui se bat pour s’occuper des athlètes. Ce qui élimine bien des situations conflictuelles et favorise aussi l’entraide et l’esprit d’équipe » , a-t-il précisé.

Les gens du CNEPH aimeraient bien amener, en 2012, une course de la Coupe du Monde au Centre de ski de fond Mont-Sainte-Anne. Ce qui serait une première dans l’est du Canada.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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