12 mars 2009

Le Journal à Vancouver


Le Norvégien Ole Einar Bjorndalen a bonifié de sa présence
la Coupe du monde de biathlon de Whistler.
photo : Daniel Mallard

Le seigneur Ole ! Ole !

WHISTLER — On dirait un chicot avec ses 5 pi 10 po et 145 livres. À la guérite de la base militaire de Valcartier, le gardien lui interdirait probablement l’entrée sans preuve d’identité. Pourtant, Ole Einar Bjorndalen est rien de moins qu’une légende, voire une icône en Europe.

« S’il marche sur un trottoir, n’importe où en Norvège, 90 pour cent des gens vont se retourner sur son passage » , témoigne son compatriote Kjell-Erik Kristiansen, l’une des rares personnes à le connaître intimement, grâce à son rôle de commentateur sur les différents sites de la Coupe du monde.

Ce fils de fermier a fait du biathlon un trône sur lequel il siège depuis une quinzaine d’années. Perfectionniste, méticuleux dans toute préparation physique et mentale, soucieux de son alimentation, il n’a jamais bu une goutte d’alcool de sa vie. Une note de 99,9 pour cent ne correspond pas à la perfection durant ses séances d’entraînement, encore moins en compétition.

Avec quatre victoires en Coupe du monde, cette saison, Bjorndalen en compte maintenant 86 dans sa riche histoire, un total astronomique dans un sport qui détermine les podiums parfois avec des centièmes de seconde. Avec cette 86e victoire en carrière, signée le 17 février lors des 20 kilomètres individuels des championnats du monde, le seigneur égalait la marque de l’ex-skieur alpin suédois, Ingemar Stenmark, pour tous les sports d’hiver confondus.

« Il a une aura, c’est indéniable. Son impact dépasse tous les cadres du sport en Europe » , affirme Stéphane Bouthiaux, entraîneur de l’équipe masculine de biathlon de France.

Fort en ski
Bjorndalen règne sur son sport surtout grâce au jeu de son ski. Fondeur émérite, il a confronté les meilleurs athlètes en ski de fond en s’inscrivant à l’épreuve de 30 kilomètres en style libre aux Jeux olympiques de Salt Lake City, quelques jours après avoir remporté sa quatrième médaille d’or en biathlon. Il finira sixième à ce concours, après avoir enregistré une victoire en Coupe du monde dans les mois précédents.

Bien compté, cet exploit extraordinaire nous amène au total de 87 victoires en Coupe du monde. Ce total lui permet donc de se glisser à jamais devant Stenmark dans l’histoire.

« Si Ole Einar avait une faiblesse, je dirais qu’il n’est pas une excellent sprinter. C’est pour cette raison qu’il s’efforce, durant les épreuves de masse en biathlon, de prendre suffisamment d’avance pour ne pas avoir à décider du résultat au sprint final » , analyse Kristiansen.

Jusqu’en 2014 ?
L’unique de sa génération vient de fêter ses 35 ans, mais il est encore dans le coup, le vieux. Il reviendra assurément dans le Parc olympique de Whistler pour les Jeux de 2010, où il voudra enrichir sa collection de neuf médailles olympiques, dont les quatre d’or en quatre disciplines récoltées à Salt Lake City en 2002. Des rumeurs laissent entendre qu’il pourrait même filer vers les JO de Sotchi, en 2014, une probabilité qu’il ne faut pas écarter compte tenu de sa discipline et de sa rigueur.

« Le premier mot qui me vient à l’esprit, c’est son professionnalisme. Il ne néglige aucun détail dans tous les aspects. Il se concentre sur ce qu’il a à faire 24 heures par jour. Il prend soin de lui et il s’entraîne à la perfection » , dit de lui l’entraîneur de l’équipe masculine de Norvège, Mikael Lofgren.

Carrière sans intrus
Bjorndalen habite maintenant en Autriche, près de la frontière italienne, là où il trouve des conditions d’entraînement idéales. Homme de famille, il affectionne cette région où sa belle-famille tient un hôtel. Le jour de son mariage, le 28 mai 2006, il a offert un cheval à son épouse, l’Italienne Nathalie Santer, une ex-biathlète sur le circuit de la Coupe du monde.

Reconnu pour sa timidité, aucun intrus n’interfère dans sa carrière, ni agent, ni spécialiste des communications, ni conseiller, etc. Personne n’ose aborder sa situation financière, mais on la devine confortable. Avec ses cinq sacres olympiques et ses 13 mondiaux, les commanditaires se bousculent à sa porte, dont Madshus, le fabricant de skis de son pays.

Et puis, le calcul est facile. À elle seule, chaque victoire en Coupe du monde rapporte 25 000 dollars (15 000 euros). Ole ! Ole ! en a 86 en banque...


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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