11 mars 2009

Le Journal à Vancouver


Le Parc olympique de Whistler, aménagé au coût de 120 millions, fait l’envie des adeptes du biathlon à Valcartier.
photo : Daniel Mallard

Un endroit qui fait des jaloux

WHISTLER — Tout ce blanc dans lequel repose le Parc olympique de Whistler, Bruno St-Onge le confond avec de la ouate quand il rêve à son projet de rénover le centre d’entraînement de biathlon de Valcartier.

« Je regarde ça ici et ça me fait dire que oui, on a un beau centre d’entraînement, mais on est à l’âge de pierre » , affirme le Québécois, responsable du champ de tir durant les épreuves de la Coupe du monde de cette semaine.

2,8 millions
Le Centre Myriam Bédard, désormais connu comme le Centre de biathlon d’excellence de Québec ( CBEQ), fait l’objet d’un projet de 2,8 millions pour en faire un site homologué à la fois par l’Inter national Biathlon Union ( IBU) et la Fédération internationale de ski ( FIS) pour le ski de fond. Nous sommes encore loin des 120 millions qu’à coûté le Parc olympique de Whistler et qui comprend, dans un rayon de 1,5 km, le centre de biathlon, celui de ski de fond et les deux tremplins pour le saut à ski.

Les aspirations plus modestes de St-Onge commandent toutefois le minimum pour permettre au CBEQ d’accueillir éventuellement une épreuve de la Coupe du monde ou des championnats du monde. Il faut débarquer à Whistler pour comprendre le nouveau langage international des équipements requis.

Le projet de Québec consiste à augmenter de 27 à 30 le nombre de cibles du champ de tir et le doter d’un système électronique, concevoir un deuxième espace pour les carabines à air comprimé ( pour le programme des juniors), construire une dalle pour empêcher le plomb des balles d’entrer en contact avec l’eau du sol, élargir de six à neuf mètres les montées des sentiers, installer un système d’éclairage sur 3,5 km de pistes ( il n’y en a aucun actuellement) et faire passer de 2 km à 4,5 km le total de pistes asphaltées pour l’entraînement estival du ski à roulettes.

Si ce projet passe, le CBEQ pourrait revenir sur la mappe du biathlon mondial, ce à quoi il n’appartient plus depuis plusieurs années. « Ce que vous voyez ici, c’est quelque chose de régulier en Europe » , nous dit St-Onge, en balayant du doigt le Parc olympique de Whistler.

Quand ?
À la fois président de l’Association des clubs de biathlon du Québec et du CBEQ, St-Onge pilote ce dossier depuis plusieurs mois déjà. Il a multiplié les démarches auprès des gouvernements fédéral et provincial et entend courtiser la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, lorsque celle-ci assistera au lancement des championnats canadiens de biathlon, prévus du 23 au 30 mars.

« Je n’ai aucun doute que le projet marchera, mais il reste à savoir quand » , émet St-Onge, qui qualifie son projet de raisonnable puisqu’ « on ne construit pas de bâtiment et qu’on fait juste déplacer de la terre » .

« Il y a eu les Jeux olympiques de 1988 ( à Calgary) et il y a ceux de 2010. Maintenant, il y a quatre sites homologués à l’échelle internationale et ils sont tous situés dans l’Ouest » , rappelle le président.


Une Coupe du monde en 2013 ?

Alain Bergeron

« Quand j’amène l’idée d’une Coupe du monde à Valcartier, on me dit chaque fois: « Bruno, tu sais ce que ça prend. »

Bruno St-Onge nourrit toujours l’ambition d’accueillir une Coupe du monde au Centre de biathlon d’excellence de Québec, en 2013. Il affirme avoir déjà déposé une candidature en ce sens par l’entremise de Biathlon Canada, mais sait trop bien que l’attribution d’un tel événement repose sur la réalisation des travaux d’amélioration du centre de Valcartier, qui n’a pas fait l’objet de rénovations depuis 1997.

Un malaise ?
Un tel intérêt émanant de Québec semble toutefois créer une surprise à l’International Biathlon Union. La secrétaire générale de l’IBU, Nicole Resch, nous dit n’avoir jamais entendu parler d’une telle candidature. Depuis septembre dernier, il n’est plus possible de s’inscrire pour le calendrier des épreuves qui sera confectionné jusqu’à 2014 inclusivement. « Valcartier demeure connu dans le monde du biathlon » , nous dit poliment la secrétaire générale.

Une telle candidature semble avoir soulevé un malaise. Le directeur des communications de l’IBU, Peer Lange, qui écoutait notre conversation, a rappelé les pépins survenus lors de la seule Coupe du monde tenue à Valcartier, en 1999. « Il y avait eu un problème incroyable de transport » , rappelle-t-il.

Des moyens de pression des employés de sécurité du gouvernement fédéral avaient effectivement causé des soucis aux entrées de la base militaire. « C’est vrai que ça avait été un problème, mais ça ne relevait pas de nous » , corrobore Jean-Guy Lévesque, qui dirigeait à ce moment le comité organisateur, et qui travaille dans le comité organisateur de la Coupe du monde de Whistler.


page mise en ligne par SVP

Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
vélo ski de fond plongeon
Consultez notre ENCYCLOPÉDIE sportive