Québec passe le flambeau au 475e de Gaspé 25 janvier 2009


La présidente d'honneur de la grande Traversée, Julie Payette, et le maire de Québec Régis Labeaume.
photo : Laetitia Deconinck

Québec passe le flambeau au 475e de Gaspé

J'avoue que l'idée de se lever à 5h30 un dimanche matin pour aller skier à -20 sur la promenade Samuel-de-Champlain peut paraître complètement folle. Mais si vous aviez vu le fleuve dans la brume matinale... Québec était à nous! Le temps d'une randonnée aux aurores, les fous de la grande Traversée de la Gaspésie ont pris possession de cette belle endormie, de cette capitale qu'on ne cessera jamais d'admirer.

On nous avait prédit un froid sibérien et nous avions donc sorti l'artillerie lourde pour affronter la bête. Mais le vent s'est caché en nous voyant arriver et nous avons eu droit à une randonnée confortable... si l'on oublie les ampoules aux pieds.

Tout allait bien de mon côté et je suivais la meute jusqu'à ce que je décide de monter sur une motoneige pour me faire gagner quelques minutes sur l'horaire prévu... et m'épargner une (petite) partie de la côte Gilmour. Oui, je sais. Je ne suis pas fière de moi. Mais j'avais les talons en sang et Julie Payette nous attendait pour une entrevue avant son départ. Je devais me dépêcher à gagner le Château Frontenac. Erreur à ne pas répéter.

Hypothermie
Lorsque j'ai remis mes skis après cette courte excursion au grand vent, j'avais perdu toute la chaleur de mon corps. Mes doigts étaient sur le point de tomber, je me sentais mal, j'étais étourdie et en début d'hypothermie. Il faut dire que je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit et que j'étais un peu fatiguée. Dans ma cabine, j'entends les glaces qui se fracassent au passage du navire, j'ai même l'impression qu'elles vont venir se nicher dans mon lit. Une sensation terrifiante, mais charmante à la fois.

Bref, pour faire une histoire courte, un gentil secouriste de la TDLG a bien vu que je n'avais pas bonne mine en haut de la côte et m'a vite fait avaler du thé chaud et un carré aux dattes. De la pure magie... Il m'a prêté ses grosses mitaines quelques instants et le tour était joué. J'ai pu reprendre la route le coeur au chaud et le sourire aux lèvres.

Merci à ce bon Samaritain, car sans lui, j'aurais manqué les meilleurs moments du spectacle. Du haut des fortifications, Québec la magistrale et son fleuve prisonnier des glaces coupaient littéralement le souffle par leur beauté. Les moins frileux d'entre nous se sont perdus dans ce paysage pendant de longues minutes. « C'est beau Québec ! », ai-je lancé à l'un de ces skieurs à l'épreuve du froid. « C'est la plus belle ville du monde ! », a-t-il lancé, les yeux fixés sur ce tableau hypnotisant. Un pur moment d'éternité.

Pas de nostalgie
Au Château Frontenac, le maire Régis Labeaume nous attendait pour la passation des pouvoirs entre le 400e de Québec et le 475e de l'arrivée de Jacques Cartier dans la baie de Gaspé. On croyait bien qu'il chausserait ses skis de fond, ne serait-ce que pour quelques mètres, mais le maire a admis que ses talents à ce chapitre étaient pour le moins limités. « Ça ne marche pas avec ma personnalité », a-t-il lancé en riant.

M. Labeaume s'est dit heureux de passer le flambeau au 475e de Gaspé après une année faste à Québec et n'avait donc pas le coeur à la nostalgie. « J'invite tout le monde à participer aux Fêtes de Gaspé. Québec donnera aussi un coup de pouce à Trois-Rivières et aux autres villes qui célébreront leur anniversaire dans les prochaines années. C'est normal parce que nous avons beaucoup reçu. De mon côté, je prépare le 401e… », a-t-il soutenu.

Les skieurs ont dandiné pour oublier le froid pendant toute la cérémonie sur la terrasse Dufferin. Difficile de rester en place au grand vent lorsqu'on est détrempés... Mais les petits bobos ont vite été oubliés lorsque nous nous sommes retrouvés à nouveau sur le bateau, en début d'après-midi, et que nous avons repris la route vers la Gaspésie.

Québec, Lévis, les chutes Montmorency... Et les glaces qui nous cédaient le passage, qui nous montraient le chemin vers de nouveaux paysages. Rares sont les chanceux qui peuvent voguer sur le fleuve en hiver. Un privilège que j'entends bien savourer jusqu'à la toute dernière heure de cette aventure avec ma bande de fous.

Julie Payette
La TDLG crée la dépendance, soutient Julie Payette, qui a fait la traversée cinq fois dans sa vie. Une expérience qui ne se compare pas à un vol dans l'espace, mais qui procure autant de belles sensations, soutient-elle.

L'astronaute et présidente d'honneur de la TDLG ne peut pas aller jusqu'au bout du parcours et est retournée au Texas dimanche parce qu'elle doit s'entraîner pour son prochain voyage, en juin. Mais elle a fait un aller-retour de trois jours par amour pour cet événement et par amitié pour l'organisatrice, Claudine Roy.

Julie Payette quitte la TDLG avec regrets, car elle garde d'excellents souvenirs de ses expériences précédentes. « C'est magique, c'est une expérience hors du commun qui marie le sport, la culture, la joie de vivre, la beauté des paysages gaspésiens d'hiver, le sens de la communauté. Tout ça, c'est du beau positif ! Quand on a la chance de vivre l'expérience une fois, on la refait », dit-elle.

L'astronaute affirme que les participants apprennent beaucoup pendant cette semaine intensive de ski de fond. Les parcours sont parfois difficiles, les conditions ne sont pas souvent parfaites. « Ça nous force à aller plus loin qu'on pense. À la fin, beaucoup de gens disent qu'ils ne pensaient pas la réussir. »

Même si la Terre vue de l'espace est un spectacle unique en soi, Julie Payette soutient que les paysages du Québec en hiver qu'offre la TDLG valent tout autant la peine d'être vus. D'ailleurs, ses collègues astronautes sont jaloux de sa chance et aimeraient bien participer à un tel événement, relate-t-elle en riant. « Ils ne connaissent rien du ski de fond au Texas ! Quant je leur parle de ce que l'on fait, ils voudraient bien se joindre à nous ! »


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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