25 janvier 2009


La première étape de la Traversée, près de Montréal, a offert des images magnifiques.
La brume, sur le fleuve Saint-Laurent, a accompagné les skieurs.
photo : Nathalie Mongeau

Braver le froid pour l'amour du ski

Il devait bien faire - 3000 sur le bord du canal Lachine. Le vent soufflait avec rage, nous glaçait les os. La plupart des participants à la grande Traversée de la Gaspésie (TDLG) n'ont même pas attendu le signal officiel du départ pour s'élancer sur les pistes. Trop frigorifiés. Pendant un instant, je me suis demandée dans quelle galère je m'étais embarquée

Mais le simple fait de voir Julie Payette ouvrir la voie avec l'énergie qu'on lui connaît m'a réchauffé le coeur. Cette femme a le don de transmettre sa fougue partout où elle passe. Même sur les pistes de ski. L'astronaute s'envolera bientôt dans l'espace avec l'étendard de la Gaspésie et un chandail de Maurice Richard. En attendant, elle offre une dose de passion à tous les participants de la TDLG.

À mon tour de prendre place dans le cortège... Après quelques minutes de combat avec le froid, la chaleur s'est installée, et j'ai commencé à apprécier le paysage hivernal, à renouer avec cet hiver rigoureux qu'on aime tant détester. J'ai vu des images magnifiques, magiques. Montréal comme vous ne pouvez pas l'imaginer.

Des sourires partout
De la brume qui valse avec les glaces du fleuve Saint-Laurent, des canards qui prennent leur courage à deux ailes et plongent dans l'eau à la queue leu leu, des outardes qui s'envolent dans le faible soleil de l'après-midi, une jolie barque prisonnière de la rive. Et, surtout, des sourires partout, sur tous les visages des participants. Des sourires accompagnés de mots gentils, d'encouragements. Il n'y a pas d'étrangers dans cette aventure. Seulement des humains qui vivent sur la même planète et qui agissent comme s'ils se connaissaient depuis longtemps.

« La Traversée, c'est un tsunami de bonheur », m'a expliqué l'accordéoniste Sylvie, à 6h, pendant le petit-déjeuner. Et j'ai compris quelques heures plus tard le véritable sens de ses paroles en contemplant tous ces skieurs braver le vent glacial pour l'amour du ski et de la Gaspésie. Personne ne se plaint, personne ne rouspète. Ou presque. Il fait froid ? On s'habille et on bouge pour se réchauffer. Et le soir venu, on prendra un verre pour se récompenser.

Cette joie de vivre, ce désir de profiter à plein de l'hiver donne le goût de se joindre au groupe, d'oublier ses petits bobos et de se dépasser. Moi aussi, je suis donc allée jusqu'au bout des 30 kilomètres de ce parcours montréalais, portée par cette procession envoûtante. J'ai mal partout et je n'ose pas penser à la randonnée de demain, mais je suis fière de cette petite réussite, fière d'avoir fait un pied de nez à ce froid qui nous force trop souvent à rester en dedans.

Je sais. Ce n'est qu'un début, et le plus difficile reste à venir. Mais comme le disent les vieux sages du ski de fond : il faut y aller un kilomètre à la fois. Et maintenant que la glace est cassée, le stress est enfin tombé.

«Le Soleil» a été invité par la Traversée de la Gaspésie.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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