27 janvier 2009

Le Journal de Montréal pris dans la glace

Des articles de Martin Smith

CHANDLER, Gaspésie - L'embâcle qui a retenu le navire de croisière CTMA Vacancier prisonnier des glaces pendant un peu plus de 24 heures, à un jet de boule de neige de la jetée du quai de Matane, aura coûté deux journées de ski de fond aux fondeurs de la Grande Traversée de la Gaspésie, mais n'aura nullement entamé leur enthousiasme.

Personne n'illustrait mieux leur belle humeur que Claudine Roy, fondatrice, coordonnatrice et dynamo inépuisable de cette formidable aventure, déjà prête à rebaptiser sa « TDLG » en « TDLGI » pour y inclure dorénavant sa dimension « I »nternationale.

Des stations de télévision du Chili et de l'Allemagne ont requis des images et des entrevues, les ambassades de Norvège et d'Autriche ont appelé pour savoir si de leurs ressortissants se trouvaient à bord, le réseau américain ABC a diffusé des images du navire pris dans les glaces, le Toronto Star a assigné un journaliste pour embarquer sur le navire à Chandler, alors que de très nombreux médias canadiens et québécois en ont parlé en long et en large. Tous ? Bien sûr que non; Le Journal de Montréal, privé de ses employés syndiqués en lock-out depuis les petites heures de samedi dernier, est passé complètement à côté de la nouvelle.

Heureusement, RueFrontenac.com est toujours sur place et tiendra ses lecteurs au courant des développements les plus chauds de la septième édition de la TDLG.

Pas de Matane, pas de Chic-Chocs, pas de Carleton
Bien sûr, ils étaient nombreux les fondeurs à vouloir savourer de nouveau ou pour la première fois une virée dans la plus belle chaîne de montagnes du Québec, les magnifiques et incomparables Chic-Chocs, mais le malencontreux détour par Matane - où on devait débarquer 14 véhicules - a tout foutu en l'air. Le départ retardé de 20 heures en direction de la baie des Chaleurs a ensuite forcé l'annulation d'une autre journée de ski de fond. Celle-là devait se dérouler le long de la crête des monts Saint-Joseph, entre Maria et Carleton. Dommage...

N'empêche que la croisière n'ayant jamais cessé de s'amuser a recommencé à le faire avec une énergie renouvelée en sachant que les skis entreposés sur le pont des véhicules du CTMA Vacancier allaient enfin de nouveau glisser vers le pur plaisir sur la belle neige gaspésienne.

Les étapes de Montréal (le samedi 24) et de Québec (le dimanche 25) étaient intéressantes en offrant une rare occasion de glisser dans des environnements urbains avec tous les avantages et désavantages inhérents à ce concept.

Les souffrances endurées lors de la journée initiale à cause du froid ultra-mordant des premiers kilomètres du parcours le long du canal de Lachine ont été compensées de façon tout à fait satisfaisante, dès le lendemain, par la glisse sur la très belle promenade Samuel-de-Champlain et les plaines d'Abraham à Québec. Depuis, les fondeurs ont dû prendre leur mal en patience en se métamorphosant en croisiéristes avec tout ce que ça implique d'agenda dicté par une programmation culturelle et sociale chargée à bord du navire.

Par exemple, conférences hyper-énergétiques de l'entomologiste délirant Georges Brossard, ou Jean Lemire lui-même présentant son «Dernier Continent», ou le lieutenant pompier montréalais Serge Dessureault racontant son ascension de l'Everest par la voie du Tibet. Les shows de musique et les jam sessions ne manquent pas non plus puisqu'on trouve un grand éventail de musiciens, y compris ceux qui composent l'excellent groupe de percussionnistes gaspésiens Kilombo.

Changements climatiques
Personne ne se plaint donc de la vie à bord. Les réfrigérateurs débordent de nourriture et les cuisiniers de Gaspésie Gourmande font preuve d'une imagination sans limites pour offrir des plats plus savoureux les uns que les autres. Les bars sont bien stockés et les conversations, allumées.

La constatation la plus étonnante découlant des premiers jours de cette croisière concerne les changements climatiques dont on remarque régulièrement les conséquences de l'Arctique à l'Antarctique. Par exemple, la première fois que la TDLG avait opté pour l'embarquement des fondeurs à bord du CTMA Vacancier en 2006, il avait plu beaucoup et il avait été impossible de skier aux Îles-de-la-Madeleine, privées de banquise pour la première fois en un demi-siècle, selon des témoignages recueillis sur place.

Trois ans plus tard, les fondeurs ont été pris dans la glace parce qu'on est «revenu à un hiver normal» où des conditions de vent et de froid exceptionnelles ont fait s'accumuler d'énormes blocs de glace dans la région de Matane, selon les explications fournies par le capitaine Bernard Langford.

« Le golfe du Saint-Laurent est déjà couvert de glace à 75 pour cent, une situation qui ne se produit habituellement pas avant la mi-février », poursuit-il avant de sortir des cartes de glace produites à un an d'intervalle (20 janvier 2008 et 2009) pour illustrer ses propos. La comparaison est stupéfiante.

D'un côté, une carte presque vierge; de l'autre, une carte où différentes couleurs remplissent presque tout l'espace maritime pour définir les pourcentages de couverture de glace, allant du vert pour une mer dégagée au brun foncé pour la couverture allant de 90 à 100%. Voilà pour la navigation.

Dans le cas du ski de fond, la couverture de neige est parfaite. Les conditions sont idéales. Les fondeurs ont des fourmis dans les jambes.

Val-d'Espoir, nous voici ! Ouvrez bien grandes les portes de votre église car nous allons faire grand honneur à toutes ces soupes, ces sandwichs et ces desserts que vous avez préparés expressément pour nous. Enfin, nous pourrons assouvir notre passion commune, l'effort physique sur deux planches dans l'air pur et froid de l'hiver québécois.

Et RueFrontenac.com sera sur place pour la suite des aventures de la cuvée de la TDLG I !

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Note du webmestre :
Rue Frontenac est la publication des journalistes mis en lock-out par la direction du Journal de Montréal, qui continuent, malgré tout, à couvrir l'actualité, pour notre plus grand plaisir.


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Guy Maguire, webmestre, info@veloptimum.net
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